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Ainsi, Robert Oliver, le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM), a relevé que la faim dans le monde est aujourd’hui imputable, entre autres, aux sécheresses et aux inondations cycliques qui réduisent la production alimentaire. C’est pourquoi depuis plus de deux décennies, le PAM appuie le gouvernement dans la lutte contre les effets néfastes du changement climatique à travers les actions du programme « Vivres contre travail ou vivres contre formation« . L’objectif global, a ajouté Robert Oliver, est de permettre aux ménages pauvres, en insécurité alimentaire, de faire face aux sécheresses et autres calamités naturelles.

Il faut noter que le nouveau programme de coopération Mali/PAM, qui couvrira la période 2008-2011, prévoit de distribuer 7.550 tonnes de céréales à environ 200.000 personnes, soit 44% des ressources de ce programme.

Selon les calculs de la FAO, les cours internationaux de toutes les principales denrées alimentaires ont atteint, au cours du premier trimestre 2008, leur niveau le plus élevé sur près de 30 ans. Or, a déploré la représentante de la FAO au Mali, Mme Mariam Mahamat Nour, « l’aide extérieure à l’agriculture et au développement rural diminue depuis des décennies« .


2% des émissions de gaz à effet serre

En effet, l’aide évoquée par la représentante de la FAO est passée d’un total de plus de 9 milliards de dollars par an au début des années 80, à moins de 5 milliards de dollars à la fin des années 90. La part de l’aide publique au développement, elle, est passée de 17% en 1980 à 3% en 2006.

« La FAO est convaincue que seuls les investissements dans le secteur agricole permettront d’inverser la tendance. Il faut créer les cadres incitatifs pour un accroissement massif des investissements directs étrangers en faveur des pays à revenus bas et à déficit vivrier », a préconisé Mme Mariam Mahamat Nour tout en reconnaissant au passage « qu’accroître les investissements dans l’agriculture en Afrique reste un défi face au changement climatique et à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie« .

La représentante de la FAO a, toutefois, salué les efforts de notre pays qui a largement dépassé l’objectif de la réunion de Maputo en 2003 au cours de laquelle les chefs d’État se sont engagés à allouer, dans un délai de 5 ans, 10% de leur budget national au développement agricole et rural.

Mme Mariam Mahamat Nour a, par ailleurs, exhorté les partenaires techniques à aider le Mali dans ses efforts de résoudre les problèmes de l’exode rural et de lutte contre la dégradation de l’environnement matérialisée par l’avancée du désert.

Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Aghatam Ag Alhassane, a relevé qu’« on ne peut pas envisager de sécurité alimentaire en l’absence d’une gestion durable des écosystèmes« . Les prévisions relatives à l’impact du changement climatique en Afrique sont particulièrement alarmantes, a-t-il constaté à ce propos. D’ici la fin du siècle, a-t-il prévenu, notre continent pourrait perdre 40% de ses habitants naturels, la montée du niveau de la mer pourrait détruire près de 30% des infrastructures côtières africaines, les sécheresses et les inondations se multiplieront, entraînant une pénurie d’eau.

Aghatam Ag Alhassane a attiré l’attention sur un autre phénomène : aujourd’hui, notre continent est celui qui produit le moins de gaz à effet de serre. L’Afrique subsaharienne, quant à elle, produit moins de 2% des émissions de ces gaz. Un Africain de l’ouest est responsable de l’émission de 300 kg de gaz carbonique par an alors qu’un Européen en rejette 8 tonnes et un citoyen américain 20 tonnes. Et pourtant, a-t-il regretté, « nos pays ne bénéficient d’aucun avantage économique lié aux émissions de gaz à effet de serre, alors que les effets négatifs nous touchent de plein fouet et que cela va en s’aggravant« .

Conscient de cela, le Mali a élaboré et adopté des mesures pour renforcer les opportunités en bioénergie. Au département de l’environnement, a annoncé le ministre Aghatam Ag Alhassane, l’heure est aussi à la diffusion de pratiques adaptées au changement climatique afin de sauvegarder le capital sol, les ressources en eau, la diversité biologique, etc.

Tout en partageant les préoccupations de son collègue de l’environnement, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba, a annoncé que son département travaillait actuellement sur les chantiers des aménagements pastoraux, de la promotion de la culture fourragère, de la production du lait cru local, de l’industrialisation de la production de la viande, etc.

Pour sa part, le ministre de l’Agriculture en a appelé à « une réaction plus engagée de la communauté internationale qui demeure l’espace le mieux indiqué pour fédérer toutes les initiatives« .

La célébration a pris fin par une conférence-débat, au cours de laquelle les participants ont débattu de l’assistance météo au monde rural, de la lutte contre la dégradation des terres, de la souveraineté alimentaire, des productions animales et halieutiques face aux changements climatiques.

P. Mben

17 Octobre 2008