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Le Mali, à l’instar, d’autres pays membres des Nations Unies a célébré le 16 octobre 2007 la 27ème journée mondiale de l’alimentation. La célébration de cette journée cette année coincide avec le 62ème anniversaire de la FAO créée le 16 octobre 1945 au Québec au Canada. Le thème retenu cette année est : le droit à l’alimentation : un défi pour les droits de l’homme aux XXIème siècle. L’événement a occasionné une série d’activités au Centre International de Conférence de Bamako (CICB).

Elles étaient présidées par Tiémoko Sangaré, ministre de l’Agriculture. Elles ont enregistré la présence du ministre de l’Elevage et de la Pêche, son homologue de l’Environnement et de l’Assainissement ; le Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, des représentants résidents de la FAO et du PAM au Mali ainsi que Bakary Togola de l’APCAM.

LE MALI ET LA PROMOTION DU DROIT A L’ALIMENTATION

La production agricole au Mali reste tributaire des aléas du climat. S’il pleut abondamment, les paysans produisent bien, mais s’il y a déficit de pluviométrie, c’est l’insécurité alimentaire qui s’installe. Pour se libérer de ce cycle vicieux, le Mali s’est engagé à partir de 2000 dans la recherche de solutions pérennes en vue d’atteindre une souvéraineté alimentaire.

L’adoption d’une Loi d’Orientation Agricole (LOA) par les députés le 5 septembre 2006 a couronné tous ces efforts, puisque la LOA ambitionne une révolution verte au Mali en passant d’une agriculture de subsistance à une agriculture moderne mécanique. Le Mali a fait une grande avancée dans la promotion du droit à l’alimentation lorsqu’il a adopté la Loi n°06-045 du 05 septembre 2006 portant Loi d’Orientation Agricole.

Par ce texte, le Mali a décidé d’opter pour une souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit pour un Etat de définir et de mettre en oeuvre une politique agricole et alimentaire autonome garantissant une agriculture durable basée sur les productions locales et la responsabilisation des producteurs qui disposent, à cet effet, de moyens appropriés, notamment la terre, l’eau, le crédit, le marché.

Cette loi stipule que la souveraineté alimentaire constitue la ligne directrice de toute la politique de développement agricole du Mali. La sécurité alimentaire reste une dimension de cette souveraineté alimentaire.

LA DECLARATION DE SELINGUE

Du 23 au 27 février 2007, Sélingué au Mali a abrité le 1er Forum Mondial sur la Souveraineté Alimentaire dénommée “NYELENI 2007”. Ce forum organisé par la société civile internationale, notamment Via Campesina et la CNOP Mali a élaboré une déclaration finale dont le droit à l’alimentation pour tous les peuples a été réaffirmé en ces termes : “La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. Elle place les producteurs, distributeurs et consommateurs des aliments au coeur des systèmes et politiques alimentaires en lieu et place des exigences des marchés et des transnationales. Elle défend les intérêts et l’intégration de la prochaine génération. Elle représente une stratégie de résistance et de démantèlement du commerce entrepreneurial et du régime alimentaire actuel. Elle donne des orientations pour que les systèmes alimentaires, agricoles, halieutiques et d’élevage soient définis par les producteurs locaux. La souveraineté alimentaire donne la priorité aux économies et aux marchés locaux et nationaux et fait primer une agriculture paysanne et familiale, distribution et consommation alimentaires basées sur la durabilité environnementale, sociale et économique. La souveraineté alimentaire promet un commerce transparent qui garantisse un revenu juste à tous les peuples et les droits des consommateurs à contrôler leurs aliments et leur alimentation. Elle garantit que les droits d’utiliser et de gérer nos terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité soient aux mains de ceux et celles qui produisent les aliments. La souveraineté alimentaire implique de nouvelles relations sociales, sans oppression et inégalités entre les hommes et les femmes, les peuples, les groupes sociaux, les classes sociales et les générations”.

DE LA VOLONTE POLITIQUE DE LUTTER CONTRE L’INSECURITE ALIMENTAIRE

La faim est aujourd’hui considérée comme un problème de droits humains au monde. Plus de 850 millions d’individus souffrent de faim et de malnutrition. Pour lutter efficacement contre ces phénomènes, il faut de la volonté politique qui détermine les politiques mises en oeuvre. La déclaration des Etats de l’Union Africaine en 2000 à Maputo dans la capitale Mozambicaine stipule que les dirigeants africains doivent au moins consacrer 10% de leur budget au secteur de l’agriculture.

Le Mali a largement dépassé ce cap, puisque la part du budget alloué au secteur agricole dépasse les 15%. Selon l’esprit de la Loi d’Orientation Agricole, la part du budget allouée à l’agriculture atteindra les 20% d’ici 2012. La création de deux départements ministériels, à savoir le ministère de l’Agriculture et celui de l’Elevage et de la Pêche découle de cette volonté politique de faire de l’agriculture le moteur de la croissance au Mali.

En marge de la célébration de la 27ème journée mondiale de l’alimentation cette année, la coordination nationale des organisations paysannes CNOP a animé des conférences-débats à Bamako ainsi que dans certaines capitales régionales et même dans des cercles.

Daba Balla KEITA

17 octobre 2007.