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Depuis dix ans, les sages-femmes du monde entier fêtent, dans une parfaite communion, leur journée internationale décrétée le 29 juin.
La cérémonie était présidée par la première dame, Mme Touré Lobbo Traré, qui souhaite que “les sages-femmes tendent la main aux femmes où qu’elles se trouvent”. La première dame interpelle chacun sur son obligation de présence et d’assistance à toutes les femmes, en particulier, aux femmes enceintes.

Selon elle, la sage-femme du Mali a fait sienne cette thématique, en y ajoutant la santé de la mère et de l’enfant, en vue de magnifier le couple mère-enfant. Mme Touré Lobbo Traoré précise que le rôle primordial de la sage-femme, dans le processus de procréation, n’est plus à démontrer, car il est aujourd’hui de plus en plus reconnu et accepté au Mali. “Ces acquis et l’adhésion croissante des populations et des femmes elles-mêmes, exigent la disponibilité d’un personnel qualifié, sur tout le territoire national. Car, la présence d’une sage-femme permet de satisfaire les besoins en planification familiale, mais aussi d’assurer les consultations prénatales, au cours desquelles une véritable complicité peut et doit s’établir entre la femme enceinte et sa sage-femme”, déclarera t-elle.

Elle assure que les sous thèmes de la présente journée permettront une mise à niveau des connaissances acquises par les sages-femmes au cours de leur formation. “Les sages-femmes du Mali ont pris solennellement des engagements qu’elles honorent avec bonheur et réussite. A leur actif, l’on peut noter, avec satisfaction, des résultats positifs et encourageants, notamment : le redéploiement des sages-femmes, leur implication dans la prévention de la transmission mère enfant du VIH/SIDA et le repositionnement de la planification familiale. Je demeure convaincue qu’elles peuvent et doivent faire plus, afin de préserver la grossesse pour la santé de la mère et du nouveau-né”, ajoute-t-elle.

Et de conclure : “Les succès remportés sont le témoignage éloquent de la conjonction de nos efforts, d’une collaboration étroite et d’un partenariat efficace, dans le sérénité et l’écoute de l’autre. Je vous exhorte à persévérer dans cette voie. Dans l’accomplissement de leur noble mission, les sages femmes sauront toujours compter sur la disponibilité et d’appui des partenaires techniques et financiers du PRODESS que nous saluons ici vivement. Au ministère de la santé et à ses services techniques, j’adresse mes sincères remerciements, pour les efforts consentis en faveur de la mère et de l’enfant. C’est le lieu pour moi, d’exprimer notre profonde reconnaissance au personnel socio sanitaire, pour sa contribution et sa forte mobilisation à nos côtés lors de l’élection présidentielle de 2007”.

S’adressant sages-femmes, la ministre de la santé, Mme Maïga Zeïnab Mint Youba déclare : “Celui qui veut déplacer une montagne commence par enlever les petites pierres”, avant d’ajouter : “vous êtes en train d’enlever les petites pierres pour soulever la montage du fardeau de la mauvaise santé des femmes et des enfants. La santé des femmes n’est jamais mieux défendue que par les femmes elles-mêmes. Mais il existe aussi d’autres grands défenseurs des femmes et de leur santé. Ce sont les hommes qui les entourent: pères, frères, maris, enseignants, médecins, chefs religieux, chefs de gouvernement et chefs d’Etat”.

Toujours selon elle, “ Aucune nation ne peut se développer tant que les femmes sont privées du droit à la santé, et aucune nation ne peut progresser tant que les femmes sont nombreuses à mourir en donnant la vie. La situation de la mortalité maternelle, infantile et néonatale est suffisamment préoccupante dans le monde, particulièrement dans les pays en voie de développement. Ceci nous interpelle tous, décideurs, responsables administratifs et politiques, société civile, personnel socio sanitaire, partenaires au développement. Et nous devons répondre par une planification indispensable qui équilibre volonté et actions. Nous devons fédérer nos efforts pour réussir l’objectif de la maternité avec le minimum de risque possible

Mme la ministre déplore qu’en dépit des efforts déployés dans la mise en oeuvre du PRODESS (Programme de développement socio sanitaire), le Mali, a l’instar des autres pays de la sous région, enregistre encore des taux inacceptables et intolérables, au moment où existent de formidables progrès de la science et de la technologie. Elle partage l’idée de la présidente de l’association des sages-femmes du Mali, Mme Dicko Fatoumata Maïga, sur le fait que cette situation pourrait bien avoir un lien avec la indisponibilité des ressources humaines en général et des sages-femmes en particulier, dont 59% sont à Bamako, contre 2 à 5% dans les zones difficiles enclavées.

Face au rôle de la société civile dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, Mme Maïga Zeinab Mint Youba exhorte à se référer aux recommandations de la vision 2010 des épouses de chefs d’Etat, aux orientations de la vision 2010 des épouses de chefs d’Etat, aux orientations partagées de notre politique de santé, dont le PRODESS II constitue le cadre idéal. Au personnel de santé, singulièrement aux sages-femmes, elle demande encore plus de déterminations et d’engagement.

Hawa SEMEGA

02 juillet 2007.