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Hier 8 mars, les femmes maliennes ont célébré leur journée avec éclat. Le thème national était « l’émergence politique des femmes comme facteur de changement », quant à l’international, lui était intitulé « Mettre fin à l’impunité des violences faites aux femmes.

La cérémonie d’ouverture a eu lieu au Palais de la culture, Amadou Hampaté Ba, sous la présidence du chef de l’état Amadou Toumani Touré.

Etaient également présents, Ousmane Issoufi Maïga, membres du gouvernement, représentants du corps diplomatique accrédité au Mali, ainsi que des milliers de femmes en provenance de tout le District de Bamako, uniformément vêtues de pagnes imprimés aux couleurs de l’événement.

Nombreuses, sont les femmes, qui par faute de place ont dû rester en dehors de la salle.

Leurs sœurs en provenance du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Tchad, du Niger et du Togo en séjour dans notre pays dans le cadre d’une rencontre du Réseau des femmes rurales d’Afrique, étaient également de la fête.

Au programme de la journée : discours, prestation d’artistes et sketches.

Mme Nana Aïcha Cissé, secrétaire administrative de la Coordination des associations et Ong féminines (Cafo), dans son intervention, a rappelé que la célébration du 8 Mars est toujours une occasion aussi bien pour les Maliennes que leurs soeurs du reste du monde, de partager leurs préoccupations et leurs réussites.

Le 8 mars, selon Mme Cissé, est une tribune idéale pour témoigner la solidarité avec les femmes qui souffrent à cause des guerres, de l’injustice ou des maltraitances.

Pour Mme Cissé, au Mali, le combat des femmes s’est imposé au grand jour depuis le 8 mars 1957, à la faveur du référendum d’autodétermination organisé dans les colonies françaises d’Afrique. De cette date à nos jours, les femmes n’ont cessé de se battre pour l’instauration d’un État de droit au Mali. C’est ainsi qu’elles étaient en première ligne lors de la révolution de mars 1991, a rappelé la secrétaire administrative de la Cafo.

Cependant, Mme Cissé de déplorer, que malgré la volonté politique manifeste du gouvernement et les efforts des partenaires au développement et de la société civile, les femmes sont toujours peu représentées dans les instances de prise de décision : Dans le gouvernement, on ne compte que 5 ministres femmes sur 27 membres. A l’Assemblée nationale, elles sont 14 femmes sur 147 députés. Seulement 7 mairies sur un total de 703 sont dirigées par des femmes. Elles sont 418 conseillères municipales sur 10505, un préfet sur 49. Aucun des 9 gouvernorats n’est dirigé par une femme. Aucun secrétariat général de département ministériel n’a à sa tête une femme.

Pour Mme Cissé, cette sous représentation des femmes est due à une insuffisance de formation et à la sous information dont elles souffrent depuis longtemps.

Aussi, appel a été lancé par Mme Cissé à l’endroit des autorités, à s’investir davantage afin que l’émergence politique des femmes soit enfin une réalité dans un environnement paisible.

Notre pays, a rappelé la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille Mme Diallo M’Bodji Sène, est partie prenante dans plusieurs traités et conventions internationales reconnaissant les droits politiques des femmes. Au nombre de ces textes, la Charte africaine des droits de l’homme et son protocole relatif aux droits des femmes, communément appelé le « Protocole de Maputo », la Charte internationale des droits de l’homme, les pactes internationaux relatifs aux droits civiques, politiques, sociaux et culturels.

Pour la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, le choix du thème « l’émergence politique des femmes comme facteur de changement », est le fait de la volonté des autorités de poursuivre et de renforcer la promotion des femmes sur le plan politique, par un plaidoyer auprès des décideurs et des partenaires au développement.

La participation des femmes à la vie publique demeure une préoccupation du gouvernement, a indiqué la ministre Sène.

Souhait a été émis Mme Diallo M’Bodji Sène, que la participation des femmes aux prises de décisions soit une réalité au niveau de la famille, au sein des partis politiques, dans les organisations syndicales et sociales.

Mme Mariko Korotoumou Théra, porte-parole du Cadre de concertation des femmes des partis politiques, a quant à elle, lu une motion au nom de celles-ci demandant aux formations politiques une plus grande représentation des femmes dans les instances de prise de décision.

Par finir, le chef de l’État qui a rendu un hommage appuyé aux femmes du Mali et d’ailleurs. Pour Amadou Toumani Touré, le 8 mars, est une occasion privilégiée de se pencher sur les conditions de la femme, à travers des débats et meetings.

Rappel de quelques actions du gouvernement en faveur des femmes, comme la gratuité des ARV pour les malades du sida et celle de la césarienne, la gratuité imminente du traitement du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, l’opération « Milagro » pour la chirurgie de la cataracte, etc, a été fait par le président Touré.

De même, annonce a été faite par le président de la république de mesures destinées à préserver la femme des abus et des violences de toutes sortes ; de la relecture du code de la famille qui sera bientôt soumis à l’Assemblée nationale, ainsi que la mise d’un accent particulier sur la lutte contre les « mutilations inappropriés et dangereuses » contre la santé de la femme.

Promesse a été faite par le chef de l’État de s’investir entièrement pour la promotion du genre et pour la réparation de certaines injustices.

Dans la foulée, le président a suggéré la possibilité d’imposer des quotas de femmes à tous les cabinets ministériels.

Le président en parlant du rejet par l’Assemblée nationale de la proposition du gouvernement de réserver des quotas pour les femmes sur les listes de candidatures lors de la relecture du code électoral, a jugé que ce n’était qu’une question de temps, « nous y arriverons », a-t-il affirmé.

Par finir, le chef de l’état a souhaité par rapport aux élections présidentielle et législatives que le pays s’apprête à organiser, qu’elles soient transparentes et apaisées avec un taux de participation record.

Appel a été lancé par le chef de l’état à l’endroit des femmes, leur devoir civique et à mobiliser autour d’elles.

Plusieurs femmes ont été décorées par le président Touré : Deux ont été élevées au rang de Chevaliers de l’ordre national du Mali; les autres ont reçu l’étoile d’argent du Mérite national avec effigie abeille.

Prix et diplômes de reconnaissance ont également été décernés à des journalistes pour la qualité de leurs articles sur la promotion des droits des femmes dans notre pays.

09 mars 2007.