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La plate Forme d’Action et le Plaidoyer Lobbying (PAP) a organisé, hier jeudi 22 mai, au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) une journée d’interpellation sur la pratique de l’excision à l’intention des acteurs et décideurs impliqués dans le combat.

L’excision, aujourd’hui, est une question assez complexe, qui agite la société car elle touche l’intégrité féminine. Ainsi, la pratique est fortement décriée comme étant une violation de l’intégrité physique de la femme et de la petite fille. Elle est combattue par tous les défenseurs des droits humains, mais, hélas, elle continue d’être pratiquée au Mali.

Les motivations des gens sont d’ordre coutumier et religieux afin de réduire la sensibilité sexuelle chez la femme.

A présent, au Mali, les protocoles internationaux relatifs aux droits humains ont été ratifiés, ce qui a amené, les partenaires de la PAP à harmoniser les positions et stratégies, tout en regroupant les acteurs autour d’une table, les amener à réfléchir et trouver les solutions adéquates au problème. La présente rencontre avait pour objectif de renforcer les connaissances en la matière, afin d’éradiquer le mal.

Dans ce débat, il ressort qu’aujourd’hui au Mali, l’excision est officiellement classée comme un problème de santé publique, or, un problème de santé publique est une altération de la santé sur une grande échelle dans une population donnée. Elle est classée comme une pratique néfaste parmi les 16 identifiées et enregistrées auprès des départements de tutelle, la santé et la promotion de la femme.

«Il est temps pour nous d’arrêter une pratique qui peut causer le deuil dans un foyer, au delà des handicaps et autres risques sanitaires qu’elle peut engendrer» dira Ely Simpara, le président de la PAP,

Le gouvernement, en effet, se bat pour l’abandon de cette pratique. D’où la création, en 1992, du Programme National de Lutte contre l’Excision (PNLE) dirigé par Mme Kéïta Joséphine Traoré.

Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Mme Diarra Mariam Fladié Diarra, de saisir l’opportunité pour remercier, au nom du gouvernement, les différents acteurs de la lutte, avant de dire que «la question de l’excision est très importante mais également très sensible et très délicate car elle touche à l’intimité de la femme.

Pratique multiséculaire, son abandon exige comme toute action un changement de comportement, mais c’est un travail de longue haleine».

Par ailleurs, l’ONG internationale Diakonia, qui lutte contre la dégradation de l’environnement, est un partenaire stratégique du Programme National de Lutte contre l’Excision (PNLE) dans la lutte contre cette pratique.

Cet accord de partenariat a été signé par le ministère de l’Administration Territoriale et des collectivités Locales oeuvrant pour la promotion et la protection des droits humains. Le coordinateur de Diakonia, Mamadou Mohamed Touré «Notre attente de cet atelier est que les résolutions puissent nous aider à aller vers une prise de loi contre la pratique de l’excision».


F Mah THIAM DOUMBIA

23 Mai 2008