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Suite aux récentes journées de réflexion organisées par la plate-forme des jeunes du Mali “Anw Tè Son“ et tenues au Centre International de Conférence de Bamako (Cicb), les jeunes leaders de l’opposition, de la majorité et de la société civile viennent de formuler des recommandations pertinentes.

Au cours de ces journées, ces jeunes ont surtout décortiqué : les questions politiques et Institutionnelles, principes et engagements généraux ; les questions de défense et de sécurité et la période intérimaire; le développement socio-économique et culturel des régions du Nord, l’évaluation et le suivi ; la réconciliation, la justice et les questions humanitaires.
Aussi ont-ils formulé quelques idées essentielles sur divers points. Les jeunes estiment que, au niveau national, il n’est pas opportun de créer une 2ème chambre au parlement, car cela implique des coûts exorbitants. Ils estiment que le rôle de distribution de la justice doit être réservé uniquement à l’État.
La plate-forme de jeunes leaders affirme qu’une représentation équitable des ressortissants du nord dans les institutions viole les principes fondamentaux, notamment l’article 2 de la Constitution du 25 février 1992 et les principes généraux du droit.
Au titre des questions de sécurité et de défense, les jeunes estiment que la réintégration dans l’armée ne doit concerner que les combattants qui ne sont pas impliqués dans les massacres de militaires maliens et étrangers et des populations civiles. Et qu’il faut exclure d’office les combattants armés qui font l’objet de poursuite judiciaire pour crime de guerre ou crime contre l’humanité.

“Le cantonnement des groupes armés doit être amorcé dans un délai de 3 mois après la signature de l’Accord de paix. Cela facilitera le contrôle et la surveillance des groupes terroristes et permettra aussi de faire facilement le distinguo entre les groupes armés parties-prenantes de l’accord de paix et les mouvements terroristes, trafiquants et les groupements de crimes organisés installés dans le Sahel. Le redéploiement des forces de défense et de sécurité maliennes ne doit pas prendre plus de 3 mois après la signature de l’accord de paix et doit s’effectuer concomitamment avec le cantonnent et le désarmement des éléments des groupes armés. L’armée malienne doit reprendre toutes ses positions d’avant le 23 mai 2014 dans le même délai. Par rapport au point concernant les forces à redéployer dans le Nord, on ne doit pas favoriser une communauté par rapport à une autre. La composition de ces forces doit être faite équitablement entre toutes les communautés du Mali. L’armée doit rester républicaine et égalitaire pour tous”, précisent-ils.
La plate-forme des jeunes du Mali “Anw Tè Son“ appelle la communauté internationale à continuer à renforcer l’armée malienne en matière de formation et d’équipements appropriés. Elle estime qu’en matière de sécurité et de défense, le siège du Mécanisme Opérationnel de coordination doit être basé à Kidal.
Dans son analyse, la plate-forme indique que le document des négociations omet de préciser que les rébellions récurrentes et injustifiées constituent la principale entrave au développement de la partie nord du Mali. Elle se dit favorable à la solidarité et à la mobilisation nationale en faveur des régions du nord.

En ce qui concerne la réconciliation et la Justice, la plate-forme “Anw Tè Son“ demande: la création de pôles judiciaires spécialisés pour le nord, afin d’identifier, poursuivre et réprimer les personnes impliquées dans les actions relevant de la criminalité ; le dédommagement des personnes victimes des exactions de la crise, spécifiquement les femmes et les jeunes ; l’organisation de rencontres intra et inter communautaires pour restaurer les liens de vivre ensemble à tous les niveaux ; d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des populations ; d’exiger de rendre la justice et de bannir l’impunité ; l’Interdiction de toute discrimination à l’emploi et à la promotion, etc…
Quant aux questions humanitaires, la plate-forme “Anw Tè Son“ sollicite: l’accélération du chronogramme de retour des réfugiés ; la réhabilitation des infrastructures ; le retour de l’administration ; la mise en place d’une commission de suivi-évaluation des actions humanitaires ; la bonne orientation de l’action humanitaire par l’État, etc.

S’agissant des recommandations pertinentes formulées par la plate-forme “Anw Tè Son“, ses animateurs demandent que: le document fasse référence à notre loi fondamentale, en occurrence la Constitution du 25 février 1992 ; les questions relatives à la souveraineté nationale, notamment la révision de la Constitution, doivent être discutées à l’interne avec la participation de l’ensemble des populations du Mali ; l’État du Mali et la communauté internationale doivent se munir de tous les moyens et précautions pour s’assurer de l’application effective des dispositions de la charte adoptée de commun accord avec les mouvements armés ; dans le cadre de la déconcentration de la fonction publique territoriale, l’État doit prendre des mesures efficaces en vue d’assurer la moralité du recrutement ; la notion de l’Azawad et des régions du nord doit être enlevée et remplacée par la notion de régions de Kidal, de Tombouctou et de Gao ; les questions institutionnelles doivent être traitées en tenant uniquement compte des dispositions des textes législatifs et réglementaires à la décentralisation ; dans le cadre des réformes à venir, les disparités économiques sociales et culturelles doivent être traitées à la faveur de l’ensemble des régions en tenant compte de leur spécificité ; le Gouvernement et la communauté internationale, avant l’adoption de tout accord engageant la souveraineté de notre pays, doivent consulter les populations, en particulier les jeunes.

Rassemblés par Tougouna A. TRAORÉ

Nouvel Horizon du 26 Novembre 2014