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Inquiètes devant le spectre de l’année blanche qui se profile à l’horizon, et surtout désireuses de sauver l’école malienne de la détresse où elle se trouve depuis deux décennies, les femmes maliennes ont décidé de monter au créneau et de prendre le dossier en main. A cet égard, elles ont initié un forum sur l’école malienne qui a débuté hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB).

Invité de marque, le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le professeur Amadou Touré, a saisi l’opportunité pour donner des apaisements : l’Etat fera tout ce qui est en son pouvoir pour revaloriser la condition de vie des enseignants, qui est à l’épicentre de la crise actuelle.

Etaient présents à la cérémonie d’ouverture des travaux de réflexion, les ministres de la Justice, Garde des Sceaux, de l’Artisanat et du tourisme, du Développement social, de la solidarité et des personnes Agées, celle chargée des Relations avec les institutions, porte-parole du gouvernement, celle en charge du Logement, des affaires foncières et de l’urbanisme. A ceux-ci est venue se joindre Mme Sidibé Astou Thiam, l’épouse du Premier ministre, chef de gouvernement.

La question de l’école, aujourd’hui, est très préoccupante. Celle-ci traverse, depuis quelques vingt ans, une crise se manifestant de façon épisodique qui a fini par revêtir des proportions inquiétantes. Aujourd’hui, l’enseignement secondaire vit des difficultés consécutives à des grèves de syndicats d’enseignants, d’élèves, de grèves émaillées par des scènes de violence à l’origine desquelles se trouvent les élèves du secondaire.

Ces comportements, qui ont dépassé l’entendement des décideurs, risquent de compromettre l’année scolaire si des solutions justes et durables ne sont pas rapidement trouvées à l’amiable. « Une telle situation ne saurait laisser indifférentes les femmes, les mères que nous sommes » a laissé entendre Mme Maïga Sina Damba, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, initiatrice des deux jours de travail.

L’engagement des femmes dans la quête de solution pour l’école découle de la célébration de la journée internationale des femmes, le 8 mars, quand le président de la République, Amadou Toumani Touré, a sollicité l’implication des mères et sœurs dans la résolution de la crise scolaire dont l’impact négatif touche, en priorité, les enfants et les mamans.

Par la suite, les femmes ont organisé une marche pacifique pour apporter leur soutien au Gouvernement et au chef de l’Etat pour les initiatives en cours en vue de sauvegarder la quiétude au niveau de l’école et la paix sociale, gage de tout processus de développement.

Les femmes, qu’elles soient dans les rouages de l’administration ou agissant au sein d’associations et d’ONG féminines, sont déterminées à faire de l’école malienne une référence dans la sous région, au sortir de cette crise.

Le Secrétaire général du ministère de l’Education de base et de l’alphabétisation, Abdoulaye Alpha, après avoir déploré l’impact négatif des perturbations sur les cours, a martelé que les enfants, qui sont très chers à la nation, doivent étudier dans les bonnes conditions afin d’assurer l’avenir du Mali. Il a également fait part du soutien de son département à « la bonne cause ».

Le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Amadou Touré, quant à lui, a surtout parlé des chantiers ouverts pour la recherche de solutions. Il s’agit d’abord de la revalorisation de la condition enseignante.

Il s’agit aussi de créer, vaille que vaille, des conditions les plus saines à même de redresser l’état de l’école au Mali.

Il s’agit, par ailleurs, de procéder à la relecture des textes apparaissant actuellement comme inefficaces ou inadaptés. Avant d’entamer avec les acteurs de l’école, dans le respect du Code de travail, l’étude des lois qui régissent la chose scolaire.

Dans cette optique un Conseil Supérieur de l’Education et des Collectivités régionales sera bientôt mis en place.

La Secrétaire exécutive de la Cafo, Oumou Touré, a, de son côté, rassuré le gouvernement, à travers les deux ministres en charge de la promotion féminine et de l’enseignement secondaire, de l’engagement sans faille de sa structure pour sortir définitivement l’école de la crise.

Pour terminer, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a lancé « un vibrant appel à toutes les associations, ONG ainsi que la société civile et les partenaires techniques et financiers dans le domaine de l’éducation présents à faire de cette rencontre le point de départ pour d’autres luttes autour d’enjeux stratégiques communs».


F Mah THIAM DOUMBIA

09 Mai 2008