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Définition de l’Europe

Mais d’abord qu’est-ce que l’Europe?

Beaucoup d’auteurs l’ont définie comme la jonction de l’héritage gréco-romain et du spiritualisme judéo-chrétien.

Alain Poher écrit : <> (Introduction au livre de Jean Wenger « l’Europe, un destin voulu », 1977)

Il existe plusieurs étymologies du mot : 1) en phénicien, le mot « Europe » désignerait « ce qui est clair », par opposition au voisin basané du Sud et de l’Asie ; 2) l’expression sémitique « Oreb » désigne « le pays du couchant » ; le mot grec « eu-ropè » ( bien irrigué) pourrait désigner le prolongement occidental de l’Asie riche en fleuves ; 4) l’expression homérique « euruopê » signifie « au vaste regard. »

Il n’y a pas de race européenne. L’Européen est un métis. Sur ce contient se côtoient trois groupes raciaux : nordique, alpin, méditerranéen ; trois groupes linguistiques : celte, germain, slave ; des langues minoritaires très localisées : finnois magyar, basque, albanais, balte, le tout sur un substrat gréco-latin.

Pierre Dubois, en 1308, imagine des « institutions appropriées pour « prévenir la guerre » et « organiser l’arbitrage international ». C’est un avocat de Coutances, en Normandie. Son « Traité de politique générale » part de l’idée de récupération des Lieux-Saints. Dubois rejette la primauté de Rome aussi bien que celle de l’Empéreur, et appelle les monarques à s’unir au sein d’institutions où des arbitres laïques siégeraient comme en une sorte de « parlement européen ». Au siège apostolique était dévolue la fonction suprême, celle d’arbitrage moral.
Antoine Marin et le Roi de Bohème

Le premier est né à Grenoble au debut du XVe siècle. Chargé de diplomatie secrète par Louis XI, il s’intéresse à l’idée d’une assocition des princes européens. Il a peut-être connu le projet de Pierre Dubois. Il a rencontré à Prague le roi de Bohème Georges Podiebrad, qui partage les mêmes idées : pourquoi ne pas émanciper les peuples et les rois par l’organisation d’une nouvelle Europe, les unir par un traité de non-agression et d’assistance mutuelle? Une fois encore, « le fédérateur » pourrait être le péril musulman (Byzance avait été prise quelques années plus tôt).

Emeric de la Croix dit Crucé

Prêtre prussien né en 1590. Il écrivit : « Le nouveau Cyrée ou discours des occasions et moyens d’établir une paix générale et la liberté de commerce par tout le monde » (1623). « Il n’y a pas métier comparable en utilité à celui de marchand, qui accroît légitimement ses moyens aux dépens de son travail et souvent au péril de sa vie, sans endommager ni offenser personne : en cela, il est plus louable que le soldat, dont l’avancement ne dépend que des dépouilles et ruines d’autrui ».

« Il serait nécessaire, dit-il, de choisir une ville où tous les souverains eussent perpétuellement leurs ambassadeurs, afin que les différends qui pourraient subvenir fussent vidés par le jugement de toute l’assemblée ; que si quelqu’un contrevenait à l’arrêt d’une si notable compagnie, il encourrait la disgrâce de tous les princes, qui auraient beau moyen de le faire revenir à la raison ».

Ce « Congrès » perpétuel » siégerait à Venise, territoire neutre. Il préconisa un développement des échanges économiques tels que la monnaie commune et un système harmonisé des poids et mesures.

L’idée de Crucé fut reprise par Henri IV de façon pragmatique, car son idée était de faire pièce à la Maison d’Autriche en légitimant la coalition. En matière militaire, Sully proposa une armée européenne garantissant la liberté de commerce et courant sus à l’infidèle (musulman).

William Penn (1644-1718), qui a lu ses devanciers, reprend dans son « Essai sur la paix présente et future de l’Europe » (1693) la proposition d’une « Diète européenne » comprenant la Russie et la Turquie. La langue de travail serait le latin, la langue diplomatique le français. Le but principal de cette union serait de supprimer les guerres.

Avant lui, Spinoza, dans son « Traité de l’autorité politique » (1677) faisait l’apologie de la démocratie, « véritable réalité du social » et affirmait que la fin dernière de l’Etat n’est pas la domination mais la liberté. Leibniz, (1646-1716), pour sa part, avait médité « pour le service du genre humain », rêvé d’une langue universelle et d’une académie européenne capable d’unir les savants. Bien que protestant, il proposa de donner au pape la présidence du Sénat européen.

(A suivre)

Rassemblé par Ibrahima KOÏTA

13 mai 2005