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Le président de la République par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré, a présidé le 16 juin les cérémonies de la Journée africaine de l’enfant. Ce 37e anniversaire du massacre des enfants en Afrique du Sud avait pour thème «crise sécuritaire et violences faites aux enfants.»

Après avoir attiré l’attention des uns et des autres sur la situation de Kidal où de nombreux enfants sont les victimes innocentes d’une guerre injustifiée, le président de la République par intérim a fait le rapprochement entre le massacre de Soweto en 1976 et ceux commis dans notre pays en janvier 2012 avec ses conséquences graves sur les femmes et les enfants.

Pour lui, il s’agit à travers la célébration de cette journée de renforcer la mobilisation sociale en faveur de la protection des enfants contre toutes les formes de violences

Mme Alwata Ichata Sahi, ministre de la Famille, de la Promotion de la femme et de l’Enfant, a plaidé une fédération des énergies pour apporter une réponse adaptée à la prise en charge intégrale des femmes et des enfants victimes des atrocités des bandits armés. « La transversalité du domaine de la protection exige une synergie dans les stratégies de réponse pour une réhabilitation de ces victimes« .

En écho, la représentante de l’Unicef au Mali a réitéré l’engagement de sa structure à accompagner les efforts du gouvernement dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants. Mme Françoise Ackermans a rappelé qu’avant la crise sécuritaire, l’engagement du Mali en faveur des droits des enfants se traduisait par des avancées non négligeables dans les domaines de la justice juvénile, de la lutte contre la traite des enfants, de l’abandon de l’excision, de l’enregistrement des enfants à la naissance.

Mais, a-t-elle poursuivi, les défis sont encore énormes pour éradiquer les pratiques sociales et culturelles néfastes aux enfants. « Des défis comme les châtiments corporels, le mariage précoce ou forcé persistent encore« .

La présidente du Parlement des enfants, Kadiatou Sy, a exhorté les parlementaires à soutenir les mesures tendant à rehausser le niveau de financement des questions de l’enfance. Elle a attiré l’attention des uns et des autres sur la situation de Kidal où ses camarades enfants sont des victimes innocentes d’une guerre injustifiée.

En réponse à cette extrême situation de vulnérabilité des enfants, a expliqué Mme Alwata Ichata Sahi, le gouvernement entend dans un élan de solidarité, jeter les bases de la promotion intégrale des enfants maliens.

Pour mémoire, plus de 15 millions d’enfants, âgés de 5 à 17 ans, travaillent dans le monde comme domestiques chez des particuliers. Ils sont particulièrement vulnérables, car ils peuvent être soumis à des abus. Ils font le ménage, la cuisine, s’occupent de la lessive et du repassage.

Les 15,5 millions d’enfants employés comme domestiques représentent 5 % du total des enfants employés, soit 305 millions de jeunes de 5 à 17 ans. Parmi eux, 73 % sont des filles. Ils sont 7,4 millions à faire un travail domestique entre 5 et 14 ans.

Un rapport du BIT, publié ce mardi, précise que des familles rurales au Pakistan et au Népal sont contraintes d’envoyer leurs enfants comme domestiques pour rembourser des dettes. En Haïti, des centaines de milliers d’enfants rescapés sont exploités dans des conditions qui relèvent du travail forcé.

Chaque année, des milliers de filles sont transférées d’Ethiopie pour travailler comme domestiques au Moyen-Orient.

La cérémonie a enregistré la présence des membres du gouvernement, la représentante de l’Unicef dans notre pays, le président de la Coalition malienne des droits de l’enfant (Comade), les présidents des institutions, les ambassadeurs et chefs de missions consulaires accrédités dans notre pays.

Idrissa Sako

Les Échos du 18 Juin 2013