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Notre pays, patiemment mais sûrement, construit « un Mali digne de ses enfants« , a déclaré la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diallo M’Bodji Sène, lors de la journée de l’Enfant africain célébrée le 16 juin 2006.

Ce jour, au Centre international de conférence de Bamako, une cérémonie a regroupé l’ensemble des acteurs évoluant pour la protection et la promotion des enfants. L’événement d’une haute facture se déroulait en présence du Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga et sous la présidence du chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, « ami des enfants« .

Au cours de cette cérémonie, différents intervenants ont évoqué la signification profonde de la célébration du 16 juin qui trouve son origine dans la violence perpétrée contre les enfants de Soweto par le régime raciste sud africain de l’époque.

En effet le 16 juin 1976 (il y a exactement 30 ans) des milliers d’enfants sont tombés sous les balles du régime de l’apartheid. Leur seul crime était de se mobiliser à l’image de l’ensemble de la nation noire sud africaine pour revendiquer leurs droits à une éducation digne, leurs droits ainsi que ceux de leurs parents à une vie plus décente et à vivre dans un état libre et démocratique.

De ces événements inhumains est partie une prise de conscience collective.

C’est ainsi qu’en juillet 1990, lors de la 26è conférence de l’OUA tenue à Addis-Abeba, les chefs d’États et de gouvernements ont décidé de proclamer le 16 juin de chaque année journée de l’Enfant africain.
Cette date est restée un symbole pour l’Afrique entière. Il ne peut en être autrement pour le Mali : « notre pays et ses autorités se sont engagés résolument pour la protection et la promotion des droits de l’Enfant en ratifiant la convention relative aux droits de l’Enfant, la Charte africaine des droits et du bien être de l’Enfant, ainsi que les protocoles additionnels y afférent« , a déclaré la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diallo M’Bodji Sène. Selon elle, « l’enfant africain reste victime d’un environnement social, culturel et économique dont certains aspects sont préjudiciables à son plein épanouissement : il s’agit des différentes formes de violences qu’il subit intentionnellement ou non« .

Raison pour laquelle le Comité d’Experts africains des droits et du bien être de l’Enfant de l’Union africaine dont notre compatriote Moussa Sissoko est membre, a placé l’édition 2006 de la journée sous le thème :
«  Droit à la protection : halte à la violence faite aux enfants « .
Différents acteurs engagés dans la lutte pour un environnement protecteur des enfants se sont succédé pour apporter leur plaidoyer.

Il s’agit notamment :
– du Dr Moussa Sissoko de la coalition des Ong africaines en faveur des Enfants (Conafe) ;
– du président du Comité malien des droits de l’Enfant (Comade), Mamadou Lamine Cissé ;
– de l’administrateur national du programme international pour l’abolition du travail des Enfants, Moulaye Hassan Tall ;
– le directeur du Plan Mali ;
– le président du parlement des enfants, Mlle Fatimata Sangaré ;
– le chargé de bureau Unicef-Mali, Cyrille Niaméogo.

« Mes chers enfants, c’est à cause de vous que je me suis engagé dans cette histoire et c’est à cause de vous que je ferai tout pour la réussir« , a déclaré ATT en s’adressant aux enfants venus par centaines dans la salle des mille places du Centre international de conférence.
Selon ATT quand il a été informé que certains ont usé des armes à Kidal, son souci majeur a été de savoir comment vont se tenir les examens de fin d’année dans cette localité avec un tel climat ?

Mais les enfants de Kidal ont donné une leçon aux adultes en faisant tous les examens (Cep, Def et Bac) comme pour dire « laissez-nous travailler », a expliqué le Président de la République. Ainsi au Cep sur 338 inscrits, 204 ont fait l’examen avec un taux de réussite de 86%. Au Def sur 242 inscrits, 210 se sont présentés le jour de l’examen. Quand au Bac tous les 185 inscrits ont effectivement participé à l’examen. Les résultats du Def et du Bac sont attendus. Selon le Président ATT, cette participation des enfants signifie que l’espoir est permis.
Boukary Daou

20 juin 2006