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Seuls la rigueur, le courage et la compétence permettront aux enfants d’être au rendez-vous de l’excellence et pour qu’ils soient présents et debout dans le concert des nations du monde a dit le chef de l’Etat IBK

Notre pays à l’instar des pays africain a célébré hier la 38e édition de la Journée de l’enfant africain. L’édition 2014 a pour thème : «Une éducation de qualité, gratuite, obligatoire et adaptée pour tous les enfants en Afrique». La journée a été marquée dans notre pays par une cérémonie plénière, placée sous la présidence du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Elle s’est déroulée en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement dont le ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Ba, des chefs de missions diplomatiques et consulaires accrédités au Mali, des enfants, des acteurs intervenant dans le domaine de la protection de l’enfance et de toutes les structures partenaires dont le représentant résidant de l’Unicef dans notre pays Gianfranco Rotigliano.

Le thème de la journée prend un cachet particulier du fait que le soulèvement de Soweto que commémore la journée de l’Enfant africain était justement une protestation en faveur d’une éducation appropriée fondée sur le respect du principe de la non discrimination entre les fils d’un même pays. Cette manifestation fut réprimée dans le sang avec des centaines de pertes en vies humaines et des milliers de blessés.

La célébration de la journée de l’Enfant africain autour d’un thème aussi évocateur et d’actualité est une invitation aux Etats ayant ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, à renforcer les mesures adéquates pour l’accès universel de tous les enfants (garçons et filles) à l’éducation.

Pour la présidente du parlement des enfants, cette journée offre l’opportunité non seulement d’interpeller l’ensemble des acteurs quant au respect de leurs droits fondamentaux mais aussi et surtout de faire le bilan des acquis et de jeter un regard critique sur l’avenir. Le thème de la présente journée est une illustration parfaite de l’engagement des Etats à faire la promotion des droits des enfants une priorité. Le mandat 2013-2015 du parlement des enfants étant placé sous le signe de l’éducation est conforté par le thème de la journée a dit Lala Wangara.

L’occasion était donc bonne pour la présidente du parlement des enfants de demander à l’ensemble des décideurs et des acteurs de coordonner leurs efforts pour créer une synergie d’actions visant à promouvoir les enfants. Elle reste convaincue que cette union dans l’action est la clé de tous les maux qui gangrènent notre système éducatif.

De nos jours la qualité et le niveau d’apprentissage chez les enfants sont approximatifs pour ne pas dire catastrophiques. Elle a attiré l’attention du président de la République et sollicité son engagement à travers la prise des mesures vigoureuses pour améliorer la situation très précaire de certaines catégories d’enfants.

Il s’agit, entre autres, de la formalisation des écoles coraniques, l’organisation des audiences foraines gratuites dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et le cercle de Douentza. A cela s’ajoute le défi de la scolarisation des filles, leur maintien qui se pose avec acuité. Une raison pense-t-elle de lutter contre le mariage précoce, facteur de déscolarisation des filles.

Actualité oblige, la présidente du parlement des enfants a déploré les péripéties qui ont émaillé les examens du DEF et du BAC de cette année. Et pour attirer l’attention des uns et des autres sur la situation de Kidal où depuis deux ans il est impossible d’organiser des examens de fin d’année pour la simple raison que les écoles sont fermées depuis 2012.

A la croisée des chemins.

Comment réussir une éducation de qualité si les acteurs se servent de l’enseignement au lieu de lui servir à travers des pratiques ignobles s’est demandé le président de la Coalition malienne des droits de l’enfant (COMADE) Amadou Bocar Tegueté. Face à cette situation la COMADE propose des pistes de solution dont la moralisation et la dépolitisation de l’éducation, le recrutement du personnel spécialisé pour les enfants en conflit avec la loi. Sans oublier l’élaboration d’une stratégie de scolarisation d’urgence des enfants non scolarisés et déscolarisés.

Amadou Bocar Tegueté reste convaincu que ces facteurs combinés avec l’implication de tous sont des voies susceptibles permettant aux enfants maliens d’accéder une éducation telle que voulue par les responsables des Etats africains en choisissant le thème de la présente journée.

Pour le représentant résidant de l’Unicef dans notre pays, l’éducation des enfants demeure la pierre angulaire du développement dans le monde. Elle reste une priorité de toute vision de politique sociale et économique. Selon Gianfranco Rotigliano, la réduction significative et durable de la pauvreté ne pourrait se faire sans l’accès à tous à l’éducation. Or l’éradication de la pauvreté par l’éducation passe nécessairement par la réalisation d’un certain nombre d’objectifs. Qui sont, entre autres, l’égalité des chances à l’éducation ainsi que la réduction des disparités en termes d’offre et de demande éducative, d’environnement favorable et d’accès à une éducation de qualité.

Il est important pour notre pays de se rappeler que garantir un accès et un maintien effectif des enfants notamment des filles à l’école, c’est mettre en place des dispositifs et mécanismes institutionnels et communautaires qui les protègent de la violence, des abus et de l’exploitation sexuel etc. Autant de facteurs qui concourent de nos jours encore à la déscolarisation de nombreux enfants.

Le ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Ba a expliqué que notre pays a adhéré sans réserve aux objectifs fixés à Jomtien (Thaïlande) en 1990 et renouvelé à Dakar en 200 pour l’atteinte de l’Education pour tous (EPT) en 2015. A cet effet plusieurs actions ont été posées ça et là pour l’atteinte desdits objectifs. Ces actions, s’est félicité le ministre ont fondamentalement amélioré les taux de scolarisation des enfants qui ont pratiquement doublé entre 1962 et 2012. Cependant, force est de constater que l’école malienne est à la croisée des chemins avec des défis énormes à relever pour qu’elle soit performante et adaptée.

Un effort d’introspection.

Au nombre de ces défis l’on peut retenir l’amélioration de l’accès à travers la construction et le rapprochement des infrastructures scolaire des apprenants, la formation continue des enseignants et la valorisation de la fonction enseignante. Il faut aussi noter l’adéquation de la formation scolaire au marché de l’emploi.

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta, s’est dit fortement interpellé à travers les différents discours. Il a fait comprendre aux enfants que nul au monde ne leur fera de cadeau tant qu’ils ne le mériteraient pas. Ibrahim Boubacar Keita a invité les parents, les familles à un effort d’introspection pour une éducation de qualité et d’excellence dans notre pays.

En s’adressant aux parents, il dira que l’achat de diplôme et autre n’est nullement une preuve d’amour. Bien au contraire ! Que peut dire ou faire cet enfant qui sort ainsi de ce cursus scolaire devant les autres enfants de la planète à niveau égal ? Aux enfants il a dit « Halte aux achats et diplôme ».

Seuls la rigueur, le courage et la compétence leur permettront d’être au rendez-vous de l’excellence et pour qu’ils soient présents et debout dans le concert des nations du monde. De ce fait le chef de l’Etat a exhorté les enfants à refuser la facilité. Il a donné l’assurance qu’ils ne laisseront pas les faussaires de l’école malienne triompher. Il a à cet effet interpelé le ministre de l’Education nationale à procéder à un contrôle d’inspection et de lui rendre compte.

Selon lui le thème de la journée à savoir une éducation de qualité est en conformité avec leur souhait et combat. Les enfants ont été exhortés à cet effet à relayer dans leurs familles ce qui a été dit au cours de la cérémonie, afin qu’ils soient éduqués dans la rigueur et l’honnêteté. Qui feront d’eux des enfants compétents prêts à prendre leur place dans le concert de la nation.

La cérémonie a été marquée par des prestations d’artistes et des sketch au cours desquelles des messages en faveur de l’Education pour tous ont été lancés. Espérons qu’ils seront entendus pour le bonheur de nos enfants et de tous les enfants.

M. A. TRAORE

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LE PLAIDOYER DES LES ENFANTS PARLEMENTAIRES

L’édition 2014 de la Journée de l’Enfant africain a pour thème : « Une éducation de qualité, gratuite, obligatoire et adaptée pour tous les enfants en Afrique ». A cet effet, le Parlement des enfants a initié une sérié d’activités pour attirer l’attention des uns et des autres sur la problématique de l’éducation dans notre pays. Il s’agit, entre autres, d’une conférence-débat sur le thème : « Les avantages de la santé en milieu scolaire ». Sont également prévues des émissions radiophoniques et télévisuelles pour sensibiliser le public à la promotion d’une éducation de qualité.

L’activité phare sera sans doute la journée de plaidoyer à l’intention du ministre de l’Education nationale en faveur de l’adoption et la mise en œuvre de la politique en matière de santé scolaire et d’un code de bonne conduite à l’école. C’est dans ce cadre que les enfants parlementaires, avec le soutien de Save the children, se sont retrouvés ce week-end à la direction nationale de la Promotion de l’Enfant et de la Famille, afin d’élaborer leur message de plaidoyer. Les enfants parlementaires entendent contribuer à l’atteinte de l’objectif global de la journée : le renforcement de la mobilisation sociale en faveur de la promotion du droit à l’éducation comme moyen de protection et d’épanouissement de l’enfant.

Ces enfants parlementaires entendent également amener le ministère de l’Education nationale à s’engager à accélérer l’adoption et la mise en œuvre de la politique en matière de santé scolaire et le code de bonne conduite à l’école. L’occasion permet aussi d’informer et de sensibiliser les décideurs, les parents, les enfants et les leaders communautaires sur le rôle de l’éducation dans la protection des enfants. La présidente du parlement des enfants a ainsi jugé que le thème de la présente édition de la journée de l’enfant africain donne l’opportunité à son institution d’attirer l’attention des décideurs sur la santé en milieu scolaire.

Lala Wangara a souligné combien la santé et l’éducation étaient étroitement liées et constituaient ensemble le socle sur lequel s’appuie une dynamique de la réussite. En effet, estime la présidente du parlement des enfants, l’éducation contribue au maintien de la santé et la santé procure les conditions nécessaires aux apprentissages.

D’où l’initiative du parlement de se mobiliser sur la problématique de la santé en milieu scolaire et le code de bonne conduite. Actualité oblige, les enfants parlementaires ont déploré le scandale créé autour de l’organisation du DEF et du BAC de cette année. Ces examens « noirs » posent encore une fois, de leur point de vue, la problématique de l’éducation au Mali. Le parlement a donc appelé les décideurs, parents et élèves à une prise de conscience en faveur d’une éducation de qualité, gage d’excellence.

M. A. T.

Essor du 17 Juin 2014