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La lutte contre la traite des enfants” est le thème de la
journée de l’enfant africain célébrée par notre pays le samedi dernier. La
cérémonie était présidée par le Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. “La
traite des enfants nous interpellent tous, aussi bien moi le président de la
République que les parents
”, a dit ATT.

La cérémonie s’est déroulée au Centre International de
Conférences de Bamako en présence des membres du gouvernement, des
présidents des institutions de la République et des représentants du corps
diplomatique.

LA TRADITION RESPECTEE

16 juin 1976, 16 juin 2007, plus de 30 ans et l’humanité toute
entière garde encore et gardera toujours en mémoire le triste bilan du
massacre d’enfants sud-africains tombés à Soweto (Afrique du Sud) sous les
balles du régime de l’Apartheid. C’est pourquoi, notre pays, depuis
plusieurs années, commémore cette journée à travers des thèmes variables, a
dit Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la
Famille.

Mme Diallo Bodji Sène a affirmé que les causes du phénomène de
la traite des enfants sont multiples. Elles vont de la pauvreté des ménages
au manque d’éducation des enfants en passant par le mariage précoce et/ou
forcé, la recherche d’emplois rémunérés, l’ignorance des parents, le désir
de migrer, la mendicité des enfants, etc.

La traite des enfants, considérée au Mali, selon l’article 244
du Code Pénal comme un crime, a été définie par le même code et le code de
protection de l’enfant comme étant le processus par lequel un enfant est
déplacé, à l’intérieur ou à l’extérieur d’un pays dans des conditions qui le
transforment en valeur marchande pour l’une au moins des personnes en
présence et quelle que soit la finalité du déplacement.

UN PROBLEME A CARACTERE TRANSFRONTALIER

L’élimination complète du fléau de la traite a constitué et
constitue toujours une priorité pour le gouvernement malien. “L’engagement
de mon département en la matière s’est concrétisé, entre autres, par la
signature d’accords bi et multilatéraux entre notre pays et ceux de la
sous-région, vu le caractère transfrontalier du phénomène : de nombreuses
interceptions à nos frontières par les forces de sécurité et des activités
de rapatriements d’enfants dans leurs pays d’origine
”, a dit Mme le
ministre.

Les conséquences de la traite sont nombreuses, graves et
concernent aussi bien les enfants, les familles que la communauté et tout le
pays.

Chez l’enfant, la traite provoque des traumatismes, l’expose à la
délinquance, à la toxicomanie, aux mauvais traitements, au viol, à la
maladie et nuit à son éducation et à son développement physique et
intellectuel.

UNE SITUATION DRAMATIQUE CHEZ LES FILLES

La situation est particulièrement dramatique chez les petites
filles qui sont en outre exposées à toutes formes de violences hypothéquant
sérieusement leur avenir d’épouses, de mères et de productrices.

Au niveau de la famille, elle entraîne la perte des bras valides
et engendre la baisse de la productivité ; bref, elle est source de pauvreté
des familles.

C’est pourquoi l’un des axes prioritaires de la lutte contre la
traite des enfants mis en place par mon département et ses partenaires a été
la création d’un mécanisme visant à développer la synergie entre les
différents acteurs de la lutte
”, a-t-elle ajouté.

Ainsi, depuis
l’élaboration du plan d’action national d’urgence de lutte contre le trafic
transfrontalier des enfants et pour sa mise en oeuvre, un comité national et
des comités régionaux et locaux ont été créés, chargés de la coordination et
du suivi des actions.

LES MESURES DE PREVENTION

Le ministre propose d’intervenir davantage en amont de la
traite, en renforçant le contrôle des départs d’enfants des villages et des
communautés d’origine qui devrait, a priori, faciliter la prévention de ces
départs et donc de la traite. La mise en place de mécanismes communautaires
de surveillance contre les violations des droits des enfants en général et
les situations de traite en particulier, constitue un axe stratégique
essentiel de prévention de la traite.

C’est ainsi que des structures de surveillance communautaires
ont été mises en place au niveau de toutes les localités, particulièrement
dans les régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou, Mopti qui enregistrent les
plus forts taux de déplacement des enfants.

L’une des priorités de mon département dans la lutte contre la
traite des enfants demeure la mise en place et le fonctionnement correct
d’un système de prévention des situations de risques et de vulnérabilités
des enfants, basé sur les mécanismes communautaires de surveillance et le
renforcement des contrôles aux différents postes de police et de gendarmerie
au niveau des frontières, a dit Mme Diallo Bodji Sène.

La traite des enfants n’est pas simplement transnationale. Il
existe une traite interne plus complexe, plus sensible car, devenue un
problème socioculturel qu’il faut davantage connaitre en vue de proposer
des solutions idoines. “C’est le sens du programme que mon département et
certains partenaires, s’apprêtent à mettre en oeuvre : il s’agit de la
migration des enfants talibés ou “garibou”, phénomène qui, aujourd’hui a
atteint des proportions alarmantes, selon les dernières études sur la
question
”, a-t-elle précisé.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a, dans son
intervention promis la construction des centres pour femmes et d’enfants
dans toutes les capitales régionales du Mali, à Bamako sur les rives droite
et gauche. Il a interpelé les autorités et tous les parents d’élèves à agir
de manière à mettre fin au travail des enfants.

Plusieurs interventions ont été enregistrées lors de la
cérémonie.

Mamadi TOUNKARA

18 juin 2007.