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L’Association Malienne des Expulsés (AME) fustige la politique xénophobe et raciste de l’Union Européenne.
Le siège de l’AME a abrité, le mardi 3 mai, une conférence de presse sur la commémoration de la journée du 6 mai 2008. L’objectif visé par l’AME est de manifester son attachement aux idéaux des groupes et réseaux européens chargés des questions d’immigration. La conférence de presse était animée par le président de l’AME, Ousmane Diarra.

Il avait à ses côtés Mamadou Kéïta et Allassane Mariko.

Le conférencier, Ousmane Diarra, a expliqué que le 6 juin 2008, des groupes et réseaux européens chargés des questions d’immigration se retrouveront dans la capitale polonaise où siège l’Agence européenne des frontières pour protester, à l’aide de banderoles et les prises de parole, contre le régime des frontières.

De nombreuses organisations comme «no Border» de Pologne, l’Union des syndicalistes de Pologne, le groupe des anarchistes de Prague et de Varsovie, Bordersline Europe, Humain right without boders de posdam, «pole AG» de Berlin, Groupe caravane de Munich, le Centre d’information sur la militarisation en Allemagne, le Réseau Frassani, l’AME du Mali y seront présents.

Ousmane Diarra a, ensuite, déclaré que les acteurs vont lutter contre le Frontex qui, selon lui, est un système créé par l’Union européenne pour empêcher les Africains de pénétrer en Europe. Il a soutenu que «l’ouverture du bureau Sisieme au Mali va dans ce sens. La sensibilisation a commencé à Bamako.

Elle va durer un mois avant l’arrivée de Patrice Stephani prévue pour le 17 juin prochain. L’objectif étant de parachever le processus que la France a programmé contre les Africains. Nous savons que cet accord sera conclu sous conditions, mais nous attirons l’attention de la société civile et les associations à s’imprégner du contenu de l’accord avant ou au cours de la négociation».

Pour sa part, Alassane Mariko, a souligné le danger du Frontex. L’obtention de cet accord va permettre à l’Union Européen d’expulser le maximum d’Africains vers l’Afrique ou dans le reste du monde sans distinction de nationalité.

«Les expulsions entraînent, chaque année, la mort des milliers de personnes à l’extérieur de la forteresse Europe, dans le Sahara. Nous souhaitons donc que les Maliens soient informés de cet accord. Si c’est bénéfique pour nous tant mieux, mais si çà va à l’encontre de nos intérêts, c’est au peuple de décider».

Mamadou Kéïta a cité comme exemple, un cas tangible qui s’est déroulé, il n’y a pas longtemps, à l’aéroport international de Bamako. Selon lui, onze policiers français ont conduit à l’aéroport de Sénou trois Maliens, expulsés dans des conditions les plus inhumaines car ils étaient attachés comme des porcs et ont été copieusement bastonnés.

C’est le lendemain, sur intervention d’Oumar Mariko, en sa qualité de membre du bureau de l’émigration à l’Assemblée nationale, qu’ils ont été libérés.

Le Frontex a pour fonction de relier et de coordonner le travail de contrôle des frontières des polices nationales des Etats membres de l’UE, complétant ainsi les attributions des forces de police, des forces armées et des services secrets. En coopération avec les police nationales de l’air et des frontières.

Pour rendre plus hermétiques les frontières maritimes du sud de l’Europe, ce dispositif s’est élargi aux pays du pourtour méditerranéen comme l’Algérie, la Libye, le Maroc, et la Tunisie. Au sud du Sahara, il y a le Mali, le Sénégal, la Mauritanie.

Son objectif : renforcer la collaboration à la surveillance des frontières et au contrôle de l’immigration.


*Samba TRAORE, stagiaire

10 Juin 2008