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A l’instar des autres organisations pour la défense des droits de l’homme Amnesty International-Mali a célébré, le vendredi 10 Octobre 2008, la 5ème Journée mondiale contre la peine de mort, à travers l’organisation d’une conférence-débat à l’hôtel Salam, en présence des responsables d’Amnesty-International-Mali -dont son Directeur Exécutif, M. Saloum D. Traoré et son coordinateur “Peine de mort”, M. El Béchir Sangaré- du représentant de l’Eglise Catholique…

Pour de nombreuses organisations abolitionnistes, la Journée mondiale contre la peine de mort est l’occasion de dénoncer la persistance d’un châtiment pratiqué dans de nombreuses régions du monde et qui, de l’avis d’Amnesty International, est illégitime et ne respecte pas les droits fondamentaux, dont le droit à la vie.


Historique de la mobilisation universelle

Parti d’un mouvement citoyen et militant, le 1er congrès mondial contre la peine de mort a réuni, les 21, 22 et 23 Juin 2001 à Strasbourg, plus d’un millier de personnes, afin de définir un plan de lutte contre la peine capitale. Un an plus tard, c’est à Rome que les signataires ont fondé la coalition, sous l’autorité légale d’une Charte de fonctionnement.

Regroupant des ONG (dont Amnesty International, Ligue des droits de l’homme, etc), des syndicats, des juristes, des enseignants, des chercheurs et des associations religieuses ou laïques, la coalition tente de faire pression sur les Etats et les institutions mondiales (ONU, Parlement européen, etc.) contre les gouvernements rétentionnistes.

En 2003, la première Journée mondiale contre la peine de mort a été organisée, avec le soutien de nombreux pay et institutions : tels que la France, le Canada, l’Italie, la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples, et l’Union Européenne (UE). Depuis lors, les initiatives se succèdent et les actions semblent de plus en plus effectives. Ainsi, le dernier congrès en date a eu lieu en Février, à Paris.

Cette année, en plus des manifestations, conférences, débats, colloques, lobbying, information, etc, il s’agit d’inciter l’Assemblée générale de l’ONU à adopter un moratoire mondial sur la peine de mort, et cela, grâce à une pétition (qui a déjà enregistré cinq millions de signatures), fera savoir le Directeur Exécutif d’Amnesty International-Mali. Ainsi, de Rabat à Porto Rico, en passant par Kinshara, de nombreuses rencontres sont prévues.

Comme tous les ans, cette Journée est aussi l’occasion, pour les abolitionnistes, de faire des constats, d’évaluer la progression ou la régression du nombre de condamnations, de réfléchir sur les causes de la persistance de la peine de mort et de dénoncer l’atrocité des méthodes d’application.

Il est évident que le constat reste accablant, et qu’il oblige à persévérer. Si 133 pays ont aboli la peine de mort, légalement ou en fait, il reste 64 pays qui la maintiennent, avec 1 591 exécutions et 3 861 condamnations, pour l’année 2006. La réalité serait malheureusement plus dramatique, puisque supérieure aux chiffres officiels. En 2007, la décapitation, l’électocution, la lapidation, l’injection létale, le fusil ou la pendaison… sont encore pratiqués”, s’est indigné le Directeur Exécutif d’Amnesty International-Mali, M. Saloum D. Traoré.

Dans son exposé, le coordinateur “Peine de mort” Amnesty International-Mali, M. El Béchir Sangaré, a battu en brèche, et point par point, l’argumentaire généralement développé par les anti-abolitionnistes. En effet, pour ces derniers, la peine de mort est un outil précieux de lutte contre la criminalité, en ce sens qu’elle a un caractère dissuasif, et qu’elle est nécessaire pour mettre un terme au terrorisme et aux autres formes de violences à caractère politique…

Or selon M. El Béchir, ces arguments sont sans fondement, car l’application de la peine de mort dans certains pays n’a nullement réduit la criminalité, encore moins eu un caractère dissuasif sur les criminels de ces pays.

Par contre, le taux de criminalité n’a fait qu’augmenter, a-t-il fait savoir. Il a également évoqué le risque de l’erreur judiciaire qu’on peut commettre en exécutant une personne.

Moussa TOURE

13 Octobre 2008