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Les Aigles basketteuses ont dit adieu aux 7è Jeux de la francophonie mercredi soir à Nice. En effet Nassira Traoré et ses coéquipières ont été éliminées en quarts de finale par la sélection de la Fédération de Wallonie Bruxelles, suite à leur défaite 62-70. Les Aigles ont démarré cette rencontre de la plus mauvaise manière en accumulant les pertes de balles et les fautes, permettant ainsi à leurs adversaires de s’installer aux commandes et de remporter le premier quart temps (11-25).

Au deuxième quart temps les nôtres se réveillent et marquent plus de paniers que leurs adversaires (17-13) mais l’écart du quart temps initial était énorme pour combler le retard. Finalement ce sont les Wallonnes qui iront à la pause avec l’avantage au score (28-38). Au retour des vestiaires, les joueuses de José Ruiz vont retrouver leur rythme habituel, elles font jeu égal avec les Wallonnes. Les Aigles vont non seulement refaire leur retard mais elles vont aussi prendre l’avantage pour la première fois depuis le début de la rencontre (55-54).

Malheureusement, après un superbe 3è quart temps bouclé (55-54), Nagnouma Coulibaly et ses coéquipières relâchent et se font piéger au quatrième et dernier quart temps. Score final : 70-62 pour les Wallonnes. Dans le dernier quart temps, les joueuses de la Fédération de Wallonie ont fait preuve d’une réussite écœurante dans le tri-pointage et sur les lancers-francs (95% de réussite). Tout le contraire des protégées de José Ruiz qui ont brillé par leur maladresse au cours de la même période. Ainsi, les Aigles n’ont réussi aucun tir à trois points dans ce money time. La faute, au faible rendement de Nagnouma Coulibaly et Nassira Traoré toujours diminuées par les séquelles de récentes blessures.

Arrivée la veille, Djéné Diawara n’a pu récupérer de son voyage mais les trois ténors ont eu le mérite d’accompagner leurs jeunes coéquipières jusqu’au bout. On peut aussi regretter l’absence de la jeune et talentueuse Awa Diallo qui est restée scotchée au banc durant toute la rencontre, alors qu’elle avait été la grande satisfaction dans la rencontre perdue contre le Cameroun (39-41) lundi dernier. Cette nouvelle perle du basket féminin malien avait entièrement disputé les deux derniers quarts temps de ce match en faisant montre d’une efficacité sidérante pour une jeune joueuse qui honorait sa première sélection. On ne comprend donc pas pourquoi Awa Diallo est restée sur le banc contre la Fédération de Wallonie. Mais le vin est déjà tiré, il faut le boire.

Le coach José Ruiz devra surtout s’atteler à tirer les enseignements utiles dans la perspective de l’Afrobasket féminin prévu dans quelques jours à Maputo, au Mozambique. Contacté par la rédaction de l’Essor, un membre de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB) s’est dit malgré tout satisfait de la prestation de l’équipe nationale. «Il faut que les gens comprennent que la participation des Aigles à cette compétition visait uniquement à préparer l’Afrobasket féminin qui commencera le 20 septembre prochain à Maputo au Mozambique, dira notre interlocuteur. On va tirer tous les enseignements pour être dans les bonnes conditions avant le jour J.

On apprend toujours des échecs. Lors de l’Afrobasket, l’équipe sera renforcée par quelques ténors qui n’ont pas pu prendre part aux Jeux de la Francophonie en raison de leur âge». L’aventure est également terminée pour deux autres porte-drapeaux du Mali à Nice : le sprinteur Moussa Camara et le champion du Mali du saut en longueur, Mamadou Chérif Dia. Nos espoirs de médaille reposent désormais sur Rahamatou Dramé (100m haies) et le judoka, Seydou Traoré (73kg). Les deux athlètes devaient faire leur entrée en lice hier.

D. COULIBALY


26 athlètes disparaissent dans la nature

Vingt-six sportifs et athlètes africains ont disparu à Nice à l’occasion de la 7è édition des Jeux de la Francophonie. Treize sportifs congolais, sept artistes djiboutiens et six Ivoiriens et Ivoiriennes sont dans la nature. Les jours se suivent et se ressemblent à Nice où l’on compte plus les athlètes africains disparus que les médailles aux 7e Jeux de la Francophonie. Après la RDC, c’est au tour de la Côte d’Ivoire de tristement se signaler avec la disparation de six membres de la délégation. Après la fuite d’un danseur de hip-hop, vendredi, de deux lutteurs Kouadio Brou Arnaud (-74kg) et Aladji Abass (-64kg) lundi soir après leur pesée, ce sont trois basketteuses ivoiriennes qui ont disparu mercredi matin. « Cela a été très difficile de constater au réveil qu’il nous manquait trois joueuses importantes dans notre équipe, trois « sœurs ». Elles nous ont lâchés, a déploré la jeune Salimata Berté (24 ans) au micro de France 24. Ce n’est vraiment pas facile.

On était dans la déprime. » D’autant plus que parmi les trois joueuses disparues figurait la capitaine Assetou Kolga, championne de Côte d’Ivoire avec le Club Sportif Abidjanais, qui préparait également le prochain AfroBasket organisé à Madagascar. « Je ne comprends pas, sincèrement je ne comprends pas… », a continué Salimata Berté. Une incompréhension partagée par la meilleure marqueuse ivoirienne Kani Kouyaté, coéquipière d’Assetou Kolga à Abidjan. « Le ministre des Sports a clairement indiqué que nous étions venus ensemble et qu’il fallait revenir ensemble. C’est vraiment dommage. Ça m’attriste, mais c’est leur choix. »

Ces 7e Jeux de la Francophonie avaient déjà commencé par la disparition massive d’athlètes congolais. Treize d’entre-eux ont disparu dans la nature : les footballeurs Enoch Ekangamene, Vivien Mayele, Bukasa Bakangila, les cyclistes Salomon Kongolo Mpunga et Enoch Manzambi Kalunga, la sprinteuse Julie Kasongo Pitali et enfin toute l’équipe féminine de basket-ball. « On a tendu un piège à nos athlètes, a assuré sur RFI Barthélémy Okito, chef de la délégation de la RDC. On leur a fait miroiter des histoires, des bobards. » « Personne ne peut te donner des idées de fuite, a nuancé de son côté la basketteusse Salimata Berté. Elles ont dû planifier ça dès le départ. » L’entraîneur de l’équipe de football, Baudouin Lofombo, a fait part de son incompréhension : « En restant en France, qu’est-ce qu’ils [les sportifs en fuite, NDLR] vont faire ?

Ils vont être sans-papiers, ils vont devenir des poubelliers. Moi, je préfère qu’ils rentrent au pays avec nous. Ils ont l’avenir devant eux. Donc, pourquoi rester ici ? » « Il y a un côté mirage avec ce qu’il pense trouver ici » Bernard Maccario, directeur général du Comité national des Jeux de la Francophonie, s’est montré fataliste au micro de FRANCE 24, avouant de la « tristesse et de l’incompréhension. » « On assiste à un phénomène de banalisation.

On a connu ce même type de problème en 2001 à Ottawa lors de précédents Jeux de la Francophonie. Une centaine d’athlètes avait demandé à rester. À chaque grand événement sportif, c’est la même chose. »

Des mesures ont toutefois été prises par l’organisation, comme le « contrôle des accès aux lieux d’hébergements des délégations » pour éviter que des individus mal intentionnés viennent tenter certains athlètes. « Je pense que certains athlètes et artistes ne se représentent pas l’honneur qu’ils ont de venir défendre les couleurs de leur pays à l’occasion de ces Jeux, souligne Bernard Maccario. Mais il y a un côté mirage avec ce qu’il pense trouver ici. »

Essor du 13 Septembre 2013