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L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l’Institut d’études de sécurité (ISS) ont mené des recherches sur les causes réelles de radicalisation des jeunes au Mali. Il ressort des entretiens menés sur toute l’étendue du territoire malien, qu’en plus des motivations économiques et religieuses attendues, les circonstances ont été plus déterminantes.

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Chômeurs, désœuvrés et fanatisés. C’est ainsi que sont présentés les jeunes membres des groupes armés djihadistes au Mali. Rares sont cependant les données empiriques en mesure d’étayer cette affirmation.

Raisons pour laquelle l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l’Institut d’études de sécurité (ISS) ont mené une étude qui a interrogé plus d’une soixantaine de jeunes ex-engagés dans les groupes extrémistes.

« En plus des facteurs économiques et religieux attendus, il en existe de multiples autres », déclare Lori-Anne Théroux-Bénoni, Directrice du bureau de l’ISS-Dakar et qui a par ailleurs, dirigée l’équipe de recherche.

Les résultats de cette étude, qui seront rendues publiques demain dans un hôtel de Bamako, remettent en cause certaines idées reçues sur cette problématique centrale pour la stabilité du Mali et la sécurité des pays voisins. Elle montre également que les approches proactives qui privilégient le développement et la construction de sociétés inclusives et résilientes doivent faire partie de la solution.

« Les notions actuellement à la mode de radicalisation, et d’extrémisme violent doivent être utilisées avec beaucoup plus de prudence, car elles risquent d’engendrer des réponses qui passent à côté du problème », indique Ibrahim Maïga, chercheur à l’ISS-Dakar.

Sory I. Konaté

18 Octobre 2016

©AFRIBONE