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Bien décidé à ne pas rester passif face à la débâcle de l’Équipe nationale lors de la dernière CAN au Ghana; le Comité exécutif de la Fédération malienne de football avait initié jeudi dernier une rencontre avec les présidents des ligues, les présidents d’honneur et les responsables des clubs de première division.

Cette rencontre qui devait servir d’une première évaluation de la campagne ghanéenne de notre sélection nationale, a abouti entre autres au limogeage du sélectionneur national et directeur technique, le Français Jean-François Jodar. Les responsables fédéraux et leurs partenaires ont aussi fait des recommandations concernant la remobilisation et la remotivation des joueurs, la diligence du contrat avec la société de téléphonie Orange, la tenue d’un forum sur la reforme du football, l’élaboration de concert avec le département des Sports d’un cahier de charges pour clarifier les rôles de chaque partie impliquée dans la gestion de notre sport roi et la nomination des entraîneurs des équipes de catégorie d’âge.

Visiblement embarrassé par la rupture unilatérale de son contact par la FMF, Jean François Jodar a tenu hier à clarifier plusieurs zones d’ombre. « Je voudrai qu’on me fixe sur mon sort. Jusqu’à présent aucune notification ne m’a été faite concernant mon maintien ou non à la tête de l’équipe nationale. je veux qu’on me dise ce qui en est afin que je puisse savoir à quoi m’en tenir« , a réagi hier, le technicien français. Jean François Jodar ne comprend pas le silence du bureau fédéral qui n’a rien notifié au technicien français.

« Je suis là pour travailler. Mais qu’on me dise concrètement ce qui se passe. Aussitôt après l’élimination de l’équipe, j’ai demandé au président Salif et au secrétaire général Yacouba Traoré, de me fixer sur mon sort. Je voudrai savoir, si je devais aller jusqu’au bout de mon contrat ou non. C’était très clair qu’au terme de mon engagement, je n’allais pas poursuivre. Je vous dis sincèrement qu’il faut que j’ouvre la télévision ou bien que je lise les journaux pour savoir quelque chose me concernant. Tout le monde me fuit au niveau de la fédération, même les gens avec qui j’avais d’excellents rapports. Je suis embarrassé par ce silence. Cette situation m’importune beaucoup. Puisse qu’officiellement rien n’a été fait, je ne peux que poursuivre mes engagements. Quand j’appelle un joueur, la première question est de savoir si je dois poursuivre ou non. Il ne faut pas qu’on me lâche comme ça alors que je peux négocier avec une autre équipe africaine. J’ai besoin de remotiver les joueurs« , insiste le technicien Français.

Loin de plaider coupable, Jean François Jodar, pense que le conseil fédéral aurait au moins pu l’inviter et écouter sa version des faits. « Il y a beaucoup de contre vérités dans ce qui a été dit ça et là. Jodar n’est certes pas un bon entraîneur, je le concède, mais dire que Jodar n’a pas voulu instaurer une collaboration franche avec la fédération, c’est archi faux. Finalement j’ai compris que je suis victime de la situation tendue entre la fédération et Malamine Koné. Je ne suis pas allé au débat télévisé parce que certaines personnes qui me sont proches, m’ont conseillé qu’en Afrique, le silence a des vertus et j’ai eu peur que mes propos francs et directs ne heurtent certaines sensibilités et que je sois incompris. Sinon j’ai suivi le débat de bout en bout. C’est là d’ailleurs que j’ai compris qu’on a décidé de mon départ. Je m’inquiète d’ailleurs pour ma propre sécurité c’est pourquoi je ne vais pas voir les matches de championnat« , déclare t-il.

Si Jean-François Jodar reconnaît avoir fait preuve d’autorité dans le cadre du bon déroulement de sa mission, il dément formellement le terme « arrogance » qu’on lui prête. « J’ai toujours soumis mes projets aux responsables de la fédération. C’est en parfait accord avec eux que j’ai exécuté mon travail« , précise Jean François Jodar.
En définitive, on retiendra que le « tribunal » du conseil fédéral du jeudi 21 février dernier, a « jugé et condamné » le technicien sans avoir entendu sa version des faits. Quel que soit le sort qui lui aurait été réservé, les éclairages de Jean François Jodar allaient apporter une plus value à la réflexion.

Il faut que tout le monde se mobilise pour dire maintenant, on va ensemble changer les choses. Le football malien va devoir engager une course contre la montre afin de mobiliser toutes les compétences pour aborder les échéances 2010 de la CAN et du mondial. Quatre rencontres des éliminatoires sont inscrites sur les tablettes pour le seul mois de juin.

Alors que les juniors entreront en lice dans un mois aucune sélection n’est encore été bâtie et aucun technicien désigné pour les sélections nationales.
Dans une lettre dont copie a été déposée dans notre rédaction, notre compatriote Malamine Koné vient de décider de démissionner de ses charges de conseil exclusif de Malifoot. Le patron d’Airness, l’équipementier des Aigles du Mali, demeure cependant au service du sport national.

M. N. TRAORÉ

Nos expatriés K&K, nos deux mousquetaires de Reading

Depuis janvier, Kébé et Kalifa Cissé sont devenus les deux porte-drapeaux du football malien en Premier league.

Quand on parle de championnat d’Angleterre, la plupart de nos compatriotes pensent systématiquement à trois joueurs : Mohamed Lamine Sissoko « Momo« , Djimi Traoré (tous deux anciens sociétaires de Liverpool) et Mamadi Sidibé qui évolue à Stoke City (D2) depuis plusieurs années. Peu de gens vous parleront de Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé qui ont traversé la Manche cette année pour poser leur valise à Reading, une équipe qui évolue pourtant en Premier league, tout comme Manchester United, Arsenal, Chelsea, Liverpool, Tottenham etc…The Royals, comme on appelle les joueurs de Reading en Angleterre occupent actuellement la 18è place du championnat avec 22 points contre 64 pour le leader, Arsenal.

Fondé depuis 1871, Reading a dû attendre plus d’un siècle (135 ans pour être précis) avant de devenir champion d’Angleterre de D2 en 2006 et décrocher son billet pour la Premier league.

Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé qui sont aujourd’hui les seuls Maliens à jouer dans l’élite anglaise après les départs de Momo Sissoko et Djimi Traoré, respectivement à la Juventus et à Rennes, ont en commun d’avoir porté chacun le maillot des sélections de catégorie d’âge du Mali. Le premier a participé à la coupe du monde junior en 2003 aux Émirats arabes unis avec les Aiglons, tandis que le second a été quart de finaliste des J.O. d’Athènes avec les Aigles « B ».
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Joueur polyvalent, Kalifa Cissé, 27 ans (il est né le 1er septembre 1981 à Dreux en Fance), a commencé sa carrière à Toulouse en 2003 avant de passer du côté du Portugal où il évoluera successivement avec Estoril (D1, 2004-2005) et Boavista (D1, 2005-2007). Contacté l’année dernière par Reading, le Franco-Malien quitte alors le Portugal et signe un contrat de trois ans avec les Royals où évolue au poste de milieu de terrain.

La veille de la publication de la liste des 23 joueurs retenus pour la CAN 2008, nombre de nos confrères avaient plaidé pour Kalifa Cissé à l’époque très en vue avec Reading. Peine perdue car le sélectionneur national, Jean-François Jodar avait déjà décidé de ne pas intégrer de nouveaux éléments notamment les joueurs qui n’avaient pas participé aux éliminatoires et aux rencontres de préparation.

Le coéquipier de Kalifa Cissé, Jimmy Boubou Kébé sera également victime de la politique « d’exclusion » ou jimmy-2.jpgplutôt du manque de confiance du technicien français à l’égard de la jeune génération. Le cas de Jimmy Boubou Kébé est d’autant plus regrettable que le milieu de terrain international avait été l’une des grandes révélations des J.O. 2004 et qu’il était en grande forme au moment de son transfert en janvier dernier à Reading. En atteste ce bras de fer avec les dirigeants de Châteauroux qui ont tout fait pour l’empêcher de quitter la France, mais en vain.

À l’instar de Kalifa Cissé, Jimmy Boubou Kébé est né en France, précisément à Vitry-Sur-Seine un 19 janvier 1984. Kébé, comme l’appellent familièrement les supporters fréquentera le centre de formation de la Gaillette (France) avant de signer son premier contrat avec Lens en 2006. La même année, le milieu de terrain offensif sera prêté à Châteauroux puis à l’US Boulogne où il inscrira 5 buts en 16 matches. Comme il fallait s’y attendre, les clubs huppés n’ont pas tardé à se manifester, à commencer par Reading qui fera des propositions à Châteauroux lors du mercato d’hiver.

Le club français tentera de s’opposer au départ de Jimmy Boubou Kébé, mais après quelques semaines de bras de fer, notre compatriote traverse la Manche et rejoint Kalifa Cissé chez les Royals. Le transfert du milieu de terrain des Aigles « B » coïncidera avec le départ de Mohamed Lamine Sissoko à la Juventus et le retour en France de son ancien coéquipier de Liverpool, Djimi Traoré qui s’engagera avec Rennes après un bref passage à Portsmouth.

Depuis janvier donc, Kalifa Cissé et Jimmy Boubou Kébé sont devenus les deux porte-drapeaux du football malien en Premier league, un championnat qui fait rêver tous les grands noms de la planète foot avec ses stades ultra-modernes, la bonne santé financière des clubs et un public qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

S. B. TOUNKARA -L’Essor

28 Février 2008.