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Lors de vos concerts, vous parlez beaucoup des élections américaines…

Tracy Chapman:
Oui, parce que ce qui se passe est très révélateur. J’ai grandi à Cleveland, dans l’Ohio. C’était un fief républicain, conservateur, même s’il abrite beaucoup de classes populaires. Il y avait de gros problèmes de racisme, j’ai même écrit l’une de mes premières chansons, « Across the Lines », sur ce sujet. Cette fois, l’Ohio a voté en masse pour Obama. Comme si les gens avaient réalisé que huit ans d’administration Bush n’avaient pas fait évoluer leur quotidien. Ils n’ont pas eu plus de travail, pas de meilleur réseau éducatif, pas d’amélioration de leur système de santé. En votant Obama, ils n’ont pas eu peur du changement.
Mais le fait de voir un président comme lui, c’est symboliquement fort pour vous ? Je ne pensais pas voir cela un jour. Parce que le racisme est profond chez nous. Il y a encore cinquante ans, les Noirs n’avaient pas le droit de vote. Le racisme était institutionnalisé à ce moment-là. Et c’est encore une énorme force négative dans la culture américaine. Le Parisien