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L’endroit attire toujours plus de jeunes amoureux, qui comme des papillons de nuit, parcourent la ville à la recherche de lieux calmes, pour être seuls et mieux savourer leur idylle.

La berge aménagée se prête parfaitement aux rendez-vous romantiques. Des bancs publics en béton sont posés sur une pelouse verdoyante, coupée par des allées en dalles. Quelques arbres ajoutent à la beauté de l’endroit. Ici, l’air rafraîchi au contact des eaux du Djoliba vous berce langoureusement.

Il n’est donc pas étonnant qu’en cette période de chaleur, l’endroit ne désemplisse pas. Presque tous les bancs sont constamment occupés. Le manque de place ne décourage pas pour autant les promeneurs.

Certains s’adossent à la rambarde pour contempler les eaux calmes du fleuve. Ils peuvent profiter du spectacle féerique qu’offre l’éclat des lampadaires se reflétant dans l’eau. « On a l’impression d’être dans un pays côtier« , assure un jeune homme adossé au mur en compagnie d’une jeune fille.

Prompts à sauter sur la moindre opportunité pour faire de bonnes affaires, les vendeurs ambulants font la navette entre les couples pour leur proposer boissons, chewing-gum, mouchoirs jetables, cigarettes, etc… Non loin de là, un snack, jouxtant l’Ensup, a ouvert ses portes pour offrir des casse-croûte aux promeneurs. Lui aussi ne désemplit pas.

La berge aménagée aurait pu être véritablement paradisiaque si les moustiques ne l’avaient, eux aussi, adoptée mais comme terrain de chasse. A cause des piqûres de ces bestioles, de nombreux promeneurs écourtent leur séjour sur la berge. Les amateurs de tranquillité réfléchissent certainement aux moyens de débarrasser l’endroit des « voraces » qui y pullulent.

Le risque fait courir par les moustiques est cependant mineur par rapport aux dommages que pourrait provoquer l’insécurité. Des bandits sont bien capables, en effet, de tirer profit de la semi-pénombre qui règne sur certains secteurs pour s’en prendre à de paisibles promeneurs et s’éclipser facilement. A moins que la proximité de la brigade fluviale ….

Des familiers de l’endroit, interrogés sur le sujet, ont estimé qu’une multiplication des lampadaires le long de la route et à l’intérieur du mini-parc réduirait considérablement les risques d’agression.

La lumière s’avérera cependant inopérante contre un autre péril bien réel et actuel celui-là : les risques d’accident. La soirée à peine avancée, les gros porteurs dévalent déjà la pente de l’échangeur du pont Fahd et filent sur la corniche pour joindre le centre ville.

La relative étroitesse de la chaussée à cet endroit et la vive allure des camions qui passent grossissent le risque d’accident. Certains promeneurs qui sursautent parfois au grondement des moteurs, suggèrent aux autorités du District d’ériger un ralentisseur à l’entrée du pont qui enjambe le collecteur pour contraindre les conducteurs des poids lourds à respecter les normes de vitesse autorisées à l’intérieur des villes.

Avec des aménagements plus importants et, bien entendu, sécurisés, la berge du fleuve pourrait offrir beaucoup plus d’attractions. Des grandes villes de par le monde l’ont compris.

Des corniches sont aménagées pour en faire des espaces de détente, d’oxygénation, de sport, des espaces de récréation pour les tout petits avec des manèges, des balançoires, des kiosques de vente de glaces, de café, de sodas. Les sports nautiques peuvent être développés sur cette portion du fleuve et attirer du monde.

Et générer des recettes.

L’aménagement de la berge peut constituer l’amorce d’opérations plus ambitieuses. Et les amoureux, amateurs de quiétude, pourraient se retrouver avec des gêneurs moins piquants mais plus bruyants et aussi nombreux que des moustiques.


A. O. DIALLO

04 Juin 2008