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La défaite est généralement orpheline. Mais pas celle des Aiglonnes samedi à la finale du championnat africain des moins de 18 ans face à la vieille terre de basket qu’est le Sénégal. Nous avons vibré avec les Maliennes, championnes 2007. Nous avons marqué les paniers ensemble. Et ensemble subi le rouleau compresseur sénégalais ensemble. Pourtant le Mali du samedi est celui dont notre peuple est digne. Les Aiglonnes méritent que nous les fêtions d’une manière exceptionnelle, grandiose, car elles auront été majestueuses.

Alors qu’elles se sont battues comme des lions et qu’elles n’ont perdu que parce qu’il fallait un vainqueur, elles ont pleuré pour le Mali que beaucoup de ses enfants ont choisi, eux, de faire pleurer, d’humilier, d’en faire une terre légère, que le ridicule rend tous les jours plus tragiques. Ces larmes pour la patrie doivent être le générique du journal télé Ortm car rien n’est plus éloquent en ce moment que ces filets de larmes sur les joues de nos enfants.

Janjo pour les Aiglonnes, héroïnes infortunées mais combien méritoires. Janjo au passage et encore à tous ceux qui continuent de tirer vers le haut ce pays chancelant : Salif Kéita au Moffou, Oumou Sangaré au Wassoulou, Balla Tounkara au Kora, Habib Koité, Nahawa Doumbia et d’autres qui grâce à l’Institut Français, viennent nous rappeler que cette terre est grande et que ne sont maudits que ceux lui préfèrent leurs ventres, leurs poches et leur libido.

A Thiam

01 Octobre 2012