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L’histoire se passe à partir de janvier 2012 dans le cercle de Ménaka désorganisé par l’attaque du Mnla. C’est le sauve qui peut. Les familles se terrent, les soldats partent sans demander leurs restes, l’administration prend congé au moment où la population a le plus besoin d’elle. Perspective sombre pour les scolaires dont les maîtres se sont évanouis eux aussi dans la nature.

L’année blanche est garantie sauf une fois de plus à Intadeyni, d’où s’est structurée à partir de 1986, la conscience bellah, une juste quête d’émancipation par l’éducation, le travail, l’autonomie économique. A Intadeyni donc, un directeur d’école du nom de Ahancourou Ag Inazoum refuse la fatalité. Les enfants du site n’iront nulle part et prendront leurs cours sur place. Il s’organise à cet effet et rouvre les portes du primaire, assisté de quelques collègues engagés. Pari tenu, malgré l’adversité.

A la fin de l’année, Ag Inazoum rapplique à Bamako avec les notes d’évaluation de ses élèves. La hiérarchie séduite valide. Savait-elle que le cadre consciencieux n’en était pas à son premier coup d’essai ? Durant la rébellion des années 1990, il avait également gardé les salles de classe ouvertes. C’est pour lui et ses collègues exemplaires que nous soumettons ce Janjo. Personne ne le mérite mieux que lui qui sera sans doute oublié au moment où la République des Copains se décernera les distinctions nationales. Et au moment où l’on s’entredéchire pour les postes à Bamako, puisse son exemple faire tâche d’huile.

Adam Thiam

23 Août 2012