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Lorsque les revenants de la Libye fermaient à Iyad Ag Ghaly les portes du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) au début de l’insurrection armée dans le nord, ils étaient loin de se douter d’une volonté hégémonique du leader touareg. Celui-ci se consacra finalement à la création du mouvement islamiste Ansar Eddine.

Cette volonté hégémonique va-t-elle encore se matérialiser dans les futures négociations avec l’Etat malien en vue d’un retour à la paix dans le nord du pays ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, les intermédiaires négociant qui se sont jusqu’ici rendus dans le nord du pays à sa rencontre ne se sont entretenus qu’avec ses lieutenants. Le radical chef islamiste touareg est un fin stratège. «Moi, je ne suis pas quelqu’un. On me suit», aurait-il lancé aux responsables du MNLA lorsque ces derniers l’avaient empêché d’être le chef suprême du mouvement qui revendique l’indépendance du nord du Mali. Cette divergence de vue n’avait pas empêché les deux organisations à cheminer ensemble pour mener la lutte armée contre l’armée malienne.

Pour se mettre à l’abri, le chef d’Ansar Eddine serait prêt à tout. Après la débâcle du MNLA à Gao, il y a toujours des velléités d’escarmouches entre le mouvement indépendantiste et les islamistes du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Les responsables du MNLA ne digèrent point le soutien du leader d’Ansar Eddine, qui est touareg, à l’endroit du MUJAO pour leur combattre. Le MUJAO étant composé d’arabes, de peulhs, de surcroît de nationalités souvent étrangères.

Le MNLA négocie son retour dans le nord !

Le lundi dernier, les leaders communautaires touareg étaient en conclave à Anéfis, localité située dans la région de Kidal. La rencontre avait pour objectif de concilier les positions du MNLA et d’Ansar Eddine dans le cadre du projet d’occupation du nord du Mali. Elle s’est tenue sous le regard du patriarche de l’adrar des Iforas, l’aminocale Intallah.

Si le neveu d’Iyad Ag Ghaly, Bilal Ag Achérif, chef du MNLA s’est fait représenté à la rencontre, le chef d’Ansar Eddine y a personnellement pris part. Mais «avec un impressionnant dispositif sécuritaire, une sorte de démonstration de force», rapporte nos sources. «Il n’y a pas eu d’accord. Les gens se sont quittés sans obtenir d’Iyad un compromis quelconque», a déclaré un leader communautaire joint au téléphone. En fait, de compromis, le MNLA et Ansar Eddine ont des visions extrêmement opposées. Un ralliement de l’une à l’autre camp équivaut à une perte d’identité susceptible de compromettre leurs soutiens réciproques.

Pour comprendre toutes ces tractations, Ahmedou Ag Issa, responsables du Comité des sages d’une association communautaire de Tinabéry (cercle d’Ansongo) nous enseigne… Ecoutez un extrait :

ahmedou1.mp3

Seydou Coulibaly

Le 12 Septembre 2012

© AFRIBONE