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Le Mali étant un pays agro-sylvo-pastoral, le secteur de l’agriculture reste toujours confronté à d’énormes difficultés. Une situation qui joue sur l’économie et les acteurs mêmes de ce secteur. Issiaka Diarra, PDG de Diarra Agriculture, nous donne plus d’information sur le secteur agricole malien. 

Que représente l’agriculture pour le développement d’un pays comme le Mali ? 

Issiaka Diarra : Naturellement, l’agriculture, c’est la base pour le développement d’un pays comme le Mali. C’est grâce à elle  qu’on peut atteindre l’autosuffisance alimentaire. Tout pays souverain doit commencer par l’autosuffisance alimentaire. Déjà, il faut savoir que les produits agricoles notamment les produits maraichers, les céréales, les légumes et tout ce qui va avec sont nos produits de consommation courante. Le Mali importe la presque totalité de ses produits. 

Le développement d’un pays esten partie basé sur l’économie. Si nous parvenons à être un pays autosuffisant, nous n’allons pas importer beaucoup de ses produits. Cela va stabiliser l’économie, les échanges économiques avec d’autres pays notamment l’importation de l’oignon, de la tomate, des fruits, l’importation des céréales. Nous leur donnons de l’argent. Si nous atteignons l’autosuffisance alimentaire, nous allons produire assez, notre argent va rester sur le territoire, mais aussi, nous allons exporter vers d’autres pays pour contribuer au PIB et au PNB. Je pense que l’agriculture pour un pays comme le Mali, c’est le noyau. Donc, nous devons vraiment nous focaliser sur l’agriculture pour avoir une stabilité dans notre pays. 

Quelle analyse faites-vous du secteur agricole malien ? 

I.D : Le secteur agricole malien est en retard. Le marché est très élastique. Si nous prenons les producteurs au Mali, la quasi-totalité aire des agriculteurs au Mali souffre, parce qu’ils n’ont pas assez de moyens pour produire. Même s’ils produisent, ils ne vendent pas assez. Très souvent, ils vendent même à perte. Ils pratiquent l’agriculture juste pour survivre. Alors que telle ne doit pas être le cas. De nos jours, nous sommes dans un monde, où la technologie a très développé. 

Je pense que le secteur agricole malien a besoin d’innovation, de rénovation surtout. En outre de cela, les agriculteurs ont besoin de formation. C’est le learning by doing qu’on fait. Si la quasi-totalité des agriculteurs n’a pas reçu de formation. Ils apprennent directement avec leurs papas ou grands-pères. Alors que de nos jours, il faut se former pour apprendre les bonnes techniques afin d’accroître sa production et diminuer ses pertes post-récolte. Nous avons besoin aussi de la transformation pour inciter vraiment les producteurs à s’adonner à l’agriculture. Par exemple : nous produisons l’orange, mais nous importons de l’orange de nos pays voisins tels que le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, le Maroc. Mais si nous le produisons ici, nous allons beaucoup réduire les pertes post-récolte. La presque totalité de nos produits reste dans les magasins et ils pourrissent. Certes, nous exportons de la mangue, mais 80 % de nos mangues pourrissent. Alors qu’il faut de la valeur ajoutée. C’est-à-dire, il faut de la transformation. 

Si j’analyse le secteur agricole malien, environ 10 % s’en sortent. Des sociétés comme Diarra Agriculture et d’autres sociétés, qui ont su innover, peuvent s’en sortir avec les nouvelles techniques qui sont sur le marché actuellement, tels que le système goût à goût, qui facilite l’irrigation ; la fertilisation ; la fertirrigation avec des intrants de bonne qualité. Avec ça, ils ont moins de charge et ils ont plus de facilité de produire. Nous devons aller dans ce sens, vers l’innovation, la formation et la rénovation du secteur agricole malien.

Que préconisez-vous pour le développement de ce secteur ? 

I.D : Je ne dis à personne de venir dans l’agriculture, si elle n’est pas intéressée. Mais c’est seul à travers la promotion que les jeunes peuvent s’intéresser à l’agriculture. Un autre point, c’est l’appui du gouvernement. Nous avons beaucoup d’ONG qui appuient surtout les jeunes et les femmes dans ce domaine. Mais je pense que la situation n’est pas bien analysée. Le gouvernement doit inciter surtout les jeunes, parce que c’est le secteur agricole qui peut employer des centaines, des milliers de personnes au Mali. 

J’appelle le gouvernement et les structures qui sont intéressées par ce secteur à faire la promotion de ce secteur comme Diarra Agriculture le fait. Nos résultats sont publiés sur les réseaux sociaux, nous faisons des publications en longueur de journée pour inviter les jeunes à le faire. Nous faisons aussi des formations, tous ceux qui participent à nos formations s’adonnent à l’agriculture et ils font de bons résultats. Je pense quenous devons vraiment appuyer surtout les jeunes à lancer dans l’agriculture. Nous avons des milliers voire des millions de terres arables au Mali pourquoi ne pas en profiter. 

Jacques Coulibaly 

@Afribone