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Malgré les instructions du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement d’ouvrir les tanneries fermées le 4 novembre dernier en Commune II, le directeur adjoint de l’Agence d’épuration des eaux usées (Angesem) et le directeur adjoint de la direction nationale de l’assainissement et du contrôle et des pollutions des nuisances (DNACPN) traînent les pieds.

Le directeur adjoint de l’Angesem et celui de la DNACPN semblent que faire de l’ordre à eux intimé la semaine dernière par le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement de rouvrir les tanneries West Africa, Imat, Tamat et Nouvelle tannerie du Mali, fermées le 4 novembre dernier pour dit-on, non respect des normes de rejet des eaux usées des unités industrielles.

A en croire nos sources, en l’absence du directeur de l’Agence d’épuration des eaux usées (Angesem) et du directeur national de l’assainissement et du contrôle et des pollutions des nuisances (DNACPN), le dossier est géré par leurs adjoints qui, apparemment ne voient aucune urgence d’appliquer la décision du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement de procéder à la reconnexion des tanneries à la station d’épuration de Sotuba.

Personne ne sait pourquoi les deux directeurs adjoints (Angesem et DNACPN) contrarient allègrement la volonté du ministre de l’Environnement de rouvrir les tanneries West Africa, Imat, Tamat et Nouvelle tannerie du Mali. Par leur faute ou leur négligence, le secteur des cuirs et peaux qui contribue à 30 milliards de F CFA chaque année à l’économie malienne, est entrain de mourir à petit feu.

Des millions de stocks de peaux sont à ce jour en passe de se détruire dans des magasins et des centaines de chefs de famille jetés dans la rue. Face à la résistance des directeurs adjoints de l’Angesem et de la DNACPN, un responsable du secteur cuirs et peaux voit qu’ils n’attendent dans leur démarche que des dessous de table pour ensuite rouvrir.

« Le 4 novembre 2013, ils n’ont pas attendu une semaine pour fermer nos tanneries. Entre l’arrivée de la correspondance et la décision de fermeture, seulement deux heures se sont écoulées. Pourquoi depuis mardi 12 novembre 2013, le ministre de l’Environnement ordonne la réouverture des tanneries, ce n’est jusque-là pas fait ?« , s’insurge le président de l’association des professionnels des peaux et cuirs, Hamidou Traoré.

Aux dernières nouvelles, c’est seulement le lundi dernier que le directeur adjoint de la DNACPN a, au cours d’une réunion au siège de l’Angesem à Korofina, demandé à l’Agence la réouverture des tanneries. Mais cela une semaine après les ordres de son supérieur hiérarchique. Du côté des tanneries fermées, l’attente n’a que trop duré et hier encore, l’on parlait d’une réouverture probable des tanneries par les services techniquement concernés.

Mohamed Daou

Les Echos du 20 Novembre 2013