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Conformément à la constitution, le président de l’Assemblée nationale a été installé à la fonction de président de la République du Mali, ce jeudi 12 avril 2012. C’est à travers une cérémonie solennelle que la cour suprême a «accepté le serment» du nouveau chef de l’Etat intérimaire.

En présence d’un millier de personnes réunies au Centre International de Conférences de Bamako, et devant les membres de la cour suprême, Dioncounda Traoré a juré «Devant Dieu et le peuple malien, de préserver en toute humilité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi, de remplir (ses) fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national». Presque toute la classe politique et la société civile du pays ont pris part à cette cérémonie d’investiture. Les émissaires de la CEDEAO dans la crise malienne, le ministre burkinabé des affaires étrangères, Djibril Bassolet et le ministre ivoirien de l’intégration, Adama Biktogo, y ont également assisté ; avec à leur côté le président du Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE), le capitaine Amadou Haya Sanogo.

jpg_dioncounda-investi.jpgLe président de la République Amadou Toumani Touré ayant démissionné, le 8 avril, le président de l’Assemblée nationale et le premier ministre ont, par requête conjointe datée du 9 avril, saisi la cour constitutionnelle aux fins de constatation de la vacance du pouvoir, a souligné la greffière en chef de la cour suprême. Ce constat a été fait par la cour constitutionnelle, le 10 avril, donnant droit à Dioncounda Traoré de diriger le Mali. Le greffe de la cour suprême a rappelé les dispositions de l’article 36 de la Constitution, selon lesquelles, le président de l’Assemblée nationale est censé assurer un intérim (de 21 à 40 jours) à la tête de l’Etat aux fins d’organiser une nouvelle élection présidentielle.

Pour le procureur général de la cour suprême, les événements qui ont engendré cette parenthèse dans le processus démocratique du pays laissent à méditer. «L’accord cadre de mise en œuvre de l’engagement du 1er avril 2012 est une œuvre salvatrice pour tous les maliens qui espèrent des lendemains meilleurs», a-t-il constaté. A cet effet, ajoute-t-il, le retour à la légalité constitutionnelle passe par la mise en œuvre d’une gestion intérimaire de l’Etat mais aussi d’une transition, qui n’est pas définie dans la constitution. C’est en ce sens que le magistrat juge «réaliste» l’accord-cadre signé, le 6 avril entre la CEDEAO et la junte militaire qui a renversé le président ATT le 22 mars, pour ensuite rétablir les institutions de la République le 1er avril.

«L’adhésion totale des maliens (à l’accord-cadre) et l’investiture de monsieur Dioncounda Traoré, précédemment président de l’Assemblée nationale, en qualité de président de la République par intérim conformément à la constitution sont gages de succès pour nos futurs combats», a souligné le procureur général.

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Seydou Coulibaly

Le 12 Avril 1012

© AFRIBONE