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D’emblée l’équation fondamentale posée est celle de l’équipe gouvernementale qui sera mise en orbite pour la gestion du second mandat du président Amadou Toumani Touré. En premier lieu, il est surtout question de la problématique du maintien ou du départ de l’actuel Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Il semble qu’il y ait beaucoup de supputations à ce sujet. Mais, en fin de compte, cette décision est à la discrétion du président de la République qui est mieux placé pour savoir s’il doit opérer des changements à la tête du gouvernement.

Prudence et méticulosité

De l’autre côté, il y a les ministres et ceux qui veulent en devenir. A ce niveau également il y a des équations à resoudre. Comment le président de la République va-t-il s’y prendre? La réponse à cette question est essentielle, tant elle permettra de départager les pro et anti Pinochet, mais aussi de rassurer les cadres qui seront nommés membres du gouvernement, en désillusionnant ces ministres qui doivent faire leurs valises et qui, comme des hannetons de l’espérance s’accrochent.

Une chose est sûre, c’est que le président Amadou Toumani Touré est à l’heure du choix, celui d’une équipe de choc qui serait nantie de toutes les qualités nécessaires pour l’accompagner dans la mise en oeuvre de son Programme de Développement Economique et Social (PDES) . En plus de l’expérience qu’il a, le président de la République doit être très prudent et méticuleux en opérant des choix judicieux.

Pour ce faire, il doit même se méfier de certains conseillers qui pourraient bien tenter de l’amener en bâteau, en l’orientant sur des choix qui, plutôt que d’arranger le pays, ses intérêts, le président de la République lui même, pourraient en particulier les arranger personnellement. Le président de la République , pour mieux aborder ce second mandat, doit se munir de toutes les précautions nécessaires car, on ne cessera pas de dire qu’il n’a pas droit à l’erreur.

Les positionnements

Il ne fait aucun doute que les acteurs politiques sont nombreux à s’attendre à des promotions, c’est pourquoi l’investiture du président de la République les préoccupe particulièrement et à juste titre lorsqu’on se réfère à tout ce que nombre d’entre eux ont fait pour soutenir sa réélection. De même, ceux qui sont déjà bien positionnés dans l’appareil de l’Etat mettent tout en oeuvre pour se maintenir, à commencer par le Premier ministre. A la limite le président de la République doit être aujourd’hui dans une sorte de dilemme.

Or, il est à une étape de sa gestion du pouvoir où il n’est plus question de penser à être encore réconduit. Ainsi, le président Amadou Toumani Touré est obligé de faire personnellement l’état des lieux, en extirpant du gouvernement les mauvais ministres, en tout cas ceux qui sont inefficaces. ATT doit mettre fin à certaines considérations qui sont de nature à constituer des entraves à l’efficacité de la gestion des affaires publiques.

En effet, il ne doit pas avoir une oreille attentive pour ceux là qui se disent ses amis d’enfance ou parce qu’ils profitent de toutes les opportunités pour manifester qu’ils sont avec lui. En fait, il doit s’éloigner des opportunistes pour être plus libre, plus à l’aise, afin de mieux se consacrer à l’accomplissement de la lourde et exaltante mission de conduire les destinés du pays.

Quels seront les critères de choix ?

Les critères les plus efficaces qui doivent être de mises sont: la probité morale, la compétence, l’amour pour le travail bien accompli. Tous ceux qui ne répondent pas à ces critères doivent être disqualifiés. C’est à cette seule condition que le président de la République pourra gouverner sans difficultés majeures. Pour ses partenaires politiques, son salut reside dans le fait de mettre à sa disposition une majorité parlementaire. Cela a son sens certes, mais n’est pas suffisant pour assurer la quiétude tant recherchée par les uns et les autres. Après l’investiture d’ATT le 8 juin, il doit travailler dans le sens de l’accélération de tous les processus afin de multiplier l’ampleur des résultats déjà obtenus et qui ont beaucoup contribué à sa réélection le 29 Avril dernier dès le premier tour de la présidentielle.

Ainsi, c’est seulement avec une équipe solide, constituée de cadres compétents et intègres que le président Amadou Toumani Touré relévera les grands défis de la lutte contre la pauvreté, le chômage, pour un développement socio-économique harmonieux et durable. Bref, le président de la République atteindra ainsi son objectif d’amélioration significative des conditions de vie et de travail des millions de Maliennes et de Maliens.

En effet, si le long de sa gestion du pouvoir le président Amadou Toumani Touré a toujours voulu et s’est toujours battu pour que les élections soient une fête, son investiture le sera aussi sans doute; il faudra faire en sorte qu’au moment où il sera le courreur de relai, il soit très à l’aise pour passer le témoin à son successeur en 2012 après les présidentielles.

Moussa SOW

7 juin 07