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L’installation du premier président noir des Etats-Unis d’Amérique enregistrera ce mardi à Washington la présence d’illustres personnalités internationales et de citoyens d’un peu partout du monde. Une foule multicolore estimée à deux millions, un record jamais atteint pour l’investiture d’un président aux USA.

La capitale des Etats-Unis a certes accueilli de nombreux événements solennels par le passé dont plusieurs investitures présidentielles, mais l’installation de Barack Obama à la Maison Blanche ce mardi 20 janvier 2009 suscite un engouement sans précédent. Washington, qui a déjà enregistré l’arrivée de certains invités et autres observateurs du défilé d’investiture, sera pleine à craquer.

Les autorités locales, avec à leur tête le maire Adrian Fenty, prévoient une affluence record de 2 millions d’“envahisseurs” dans une ville de 600 000 âmes. Selon des statistiques, le plus grand rassemblement avait été atteint en 1965 à l’occasion de l’investiture de Lyndon Baines Johnson, c’est-à-dire 1,2 million de personnes.

Parmi l’impressionnante masse présente en ce mardi mémorable figureront 240 000 invités à la prestation de serment. Inutile de dire que beaucoup de leaders internationaux seront les témoins oculaires de l’événement. Ces derniers n’ont cessé de réitérer leur admiration pour le 44e président des USA et leur confiance en ses capacités de restaurer le leadership et l’image habituelle du pays de l’Oncle Sam dans le monde.

Le futur vice-président Joe Biden, qui les a côtoyés quand il dirigeait la commission des relations extérieures du Sénat américain et beaucoup plus maintenant depuis l’élection d’Obama, n’a pas laissé planer le doute sur le fait que Washington sera le lieu de convergence de dirigeants mondiaux en cette occasion tant attendue.

Comme la présence de figures emblématiques mondiales à Washington, l’arrivée massive d’étrangers d’un peu partout pour assister au défilé d’investiture brillera de mille feux. L’on sait que le président élu jouit d’une notoriété internationale immense et que de grands curieux sont prêts à tout pour voir leur idole sur le chemin de la Maison Blanche.

Déjà, les responsables touristiques de la capitale américaine annoncent que les hôtels affichent complet, en dépit du fait que les hôteliers ont profité de cette occasion inédite pour imposer des tarifs et des conditions tous particuliers aux clients : il faudrait venir dans l’établissement au moins 24 h, voire deux jours avant l’investiture et le quitter au minimum le mercredi suivant.

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Ce ne sont ni ces exigences ni les tarifs prohibitifs qui ont pu dissuader les clients, dont la plupart viendraient de l’extérieur.

Les nombreux étrangers installés dans la ville et un peu partout aux Etats-Unis donneront une saveur supplémentaire à leur séjour. Sur le plan local, il n’est vraiment pas facile d’être un résident de Washington ces derniers jours, à en croire des témoignages, tant les demandes d’hébergement sont légions.

De nombreuses personnes prennent la direction de Washington et espèrent simplement se faire loger chez l’habitant. L’intérêt d’une multitude de gens, surtout de jeunes étudiants, pour l’intronisation d’Obama s’explique, selon eux, par le fait que “je n’ai pas eu la chance d’assister personnellement aux interventions et autres actions de Martin Luther King, mais même si cela a lieu durant une autre période, Obama m’offre l’occasion de voir le premier président noir des USA accéder à la magistrature suprême. Ce sera encore dans l’histoire dont j’aurai été témoin oculaire”.

Le nom de Martin Luther King dont l’un des rêves s’est réalisé à travers l’élection d’Obama n’est pas fortuit dans cette investiture. Le 15 janvier, comme à leur habitude, des Américains ont rendu hommage à l’auteur de “I Have a dream”, à l’occasion du 80e anniversaire de sa naissance. Et d’autres souhaitent simplement le coupler avec l’investiture d’Obama en faisant le déplacement sur Washington.

Cette prise de fonction donne du souci aux responsables de la capitale, qui ont sollicité et obtenu le soutien matériel et logistique du gouvernement fédéral et des institutions républicaines, avec une attention particulière à la sécurité.

7500 soldats et 4000 gardes nationaux ainsi que 4000 policiers de Washington et autant de leurs collègues des quatre coins du pays seront mobilisés. Une façon de dire qu’il n’est pas question que Barack Obama qui commence son mandat essuie comme George Bush un lancé de paire de chaussures.

Ogopémo Ouologuem

(USA)

16 Janvier 2009