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Une deuxième cérémonie d’investiture du président IBK le 19 septembre est une grande confusion institutionnelle.

Le jeudi 19 septembre, des dizaines de chefs d’Etats et de représentants de gouvernement d’Afrique, d’Europe sont attendus au « stade du 26 mars« pour « la grande cérémonie marquant le début du mandat du président de la République« , Ibrahim Boubacar Keita. Terme utilisé de façon délibérée ou un déficit de vocabulaire de la part de la Commission d’organisation chargée de l’investiture du président de la République, l’expression « la grande cérémonie marquant le début du mandat président de la République » prête à confusion.

Du point de vue du droit, comment un président de la République peut faire l’objet de deux investitures ?, vu tout le malaise que cela peut occasionner sur le plan de la légalité constitutionnelle. Qui peut être à l’origine d’une telle bourde ?

En tout cas, une date est bien notée dans les agendas de la Cour suprême, c’est bien le 4 septembre 2013. Ce jour, le peuple malien a suivi avec beaucoup de joie et de satisfaction la prestation de serment du président IBK au CICB, même si après certains confrères ont fait mention des couacs à la lecture du serment. Ce jour-là, IBK a été élevé par le grand chancelier des Ordres nationaux à la dignité du Grand-Croix des Ordres nationaux du Mali, la plus grande distinction nationale attribuée au président de la République du Mali dès sa prise de fonction. Le président IBK avait procédé à la passation de service quelques heures plus tôt, au palais de Koulouba avec le président de la transition, Dioncounda Traoré.

Les couacs relevés peuvent être compris comme des erreurs humaines qui n’enlèvent en rien le caractère solennel et constitutionnel de la cérémonie de prestation de serment. Mais de là à organiser une autre cérémonie « marquant le début du mandat du président de la République« , relève de l’inconstitutionnel. Cette fête qu’on pouvait par exemple appeler « fête de la démocratie« ou la ramener aux festivités du 22 septembre pouvait être acceptée et acceptable vis-à-vis de la Constitution. L’appeler une « deuxième investiture« , est une entorse à notre constitution et traduit toutes les prédispositions à l’arbitraire du cercle restreint du chef de l’Etat : une entorse à la Constitution.

L’inquiétude de la grande majorité des Maliens, est que même les invités se rendront compte que nous sommes dans une pagaille institutionnelle et qui ne garantit pas au Mali l’image qu’il mérite à la sortie de la crise.

Amadou Sidibé

17 Septembre 2013