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Emirate Investment prête à investir massivement à l’Office du Niger, dans l’éducation, les mines, l’énergie, les télécommunications.


A l’invitation du président de la République, Amadou Toumani Touré, une importante délégation de Emirates Investment, la société émiratie d’investissement, conduite par son PDG, Buti el Ghandi, a séjourné du 11 au 13 juillet au Mali.


Au cours de son séjour dans notre pays, cette délégation a eu, samedi 12 juillet, une séance de travail avec une dizaine de ministres du gouvernement malien. Une séance de travail qui s’est déroulée à la Primature sous la présidence de Ibrahima N’Diaye, ministre en charge de l’emploi et de la formation professionnelle qui assurait l’intérim du Premier ministre, Modibo Sidibé.

La délégation émiratie a, ensuite, été reçue, le même jour, à Koulouba par le chef de l’Etat. A l’issue de la séance de travail avec les ministres, le PDG Buti el Ghandi a confié que sa société s’apprête à investir dans notre pays, notamment dans l’agriculture à l’Office du Niger, dans les mines, les télécommunications et l’éducation. A ce sujet, il a annoncé que trois bourses sont déjà disponibles pour permettre à des jeunes Maliens d’aller étudier dans des instituts de pointe des Emirats Arabes unis.

Au cours de la séance de travail, le PDG de la Société des investissements émiratie, créée en 1996 et présente dans 30 pays et 50 développements industriels à travers le monde, a déclaré que c’est la première fois que sa société entreprend une visite de prospection dans cette partie de l’Afrique de l’ouest. Parlant de la philosophie qui sous-tend les interventions de sa société, il a laissé entendre que celle-ci a beaucoup investi dans le domaine de l’éducation, notamment dans l’enseignement supérieur.

A le croire, Emirates Investment va au-delà de la seule notion d’investissement pour intégrer celle du développement. Forte de ces principes, sa société a décidé d’entreprendre un processus d’investissement massif en Afrique de l’ouest. Dans cette dynamique, elle décidé de faire du Mali sa porte d’entrée dans cette partie du continent.

Après cette introduction, le ministre Iba N’Diaye, en sa qualité de président de séance, a donné la parole au ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Amadou Abdoulaye Diallo, qui a proposé un aperçu sur l’économie malienne d’où il ressort que, de 2002 à 2006, cette économie a enregistré une croissance de 5%.

Des résultats jugés plutôt bons avec un tableau caractérisé par une stabilité macroéconomique, l’assainissement du climat des affaires, un code de l’investissement relu, un régime qui accorde des avantages importants aux investisseurs étrangers. Il a également fait cas de l’existence d’un guichet unique permettant de créer une société dans la sérénité dans un laps de temps court et avec moins de paperasserie.

Il n’a pas oublié de mentionner la parité fixe du FCFA par rapport à l’euro, une situation qui met cette monnaie à l’abri de toute détérioration. Sans oublier l’existence d’une liberté totale en matière de transfert de fonds.

A côté des immenses ressources naturelles et de la volonté politique de les valoriser, il existe, cependant, a laissé entendre le ministre Diallo, des contraintes à la mise en œuvre de la stratégie de croissance accélérée au niveau des ressources humaines à améliorer, des canaux d’irrigation à l’Office du Niger à réhabiliter, les contraintes énergétiques, celles liées au transport, à la surface financière.

Avec la levée de ces différentes contraintes, il est possible pour le Mali d’atteindre un taux de croissance de 7%, a soutenu le ministre de l’Economie.

D’autant que notre pays dispose de potentialités importantes dans le domaine de l’agriculture et des mines (engrais, cimenterie et autres matériaux de construction) dans le secteur des services (artisanat et tourisme). Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a mis à la disposition des illustres hôtes de la documentation, en l’occurrence le code des investissements amélioré, le guide des filières porteuses et des fiches concernant la cimenterie et les phosphates.

Ce fut au tour du ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales, Kafougouna Koné, de faire une présentation géographique du Mali et faire part de ses préoccupations. Il s’agit d’investir dans les secteurs sociaux et dans le développement des régions du nord défavorisées par la nature.

Le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, dans sa présentation, a soutenu que son secteur d’activité est en plein épanouissement. De 2002 à 2007, le nombre de touristes ayant visité le Mai a quasiment triplé, passant de 94 000 à 250 000. Le nombre d’établissements hôteliers est passé de 260 à plus de 400.

Le secteur a ainsi généré des recettes s’élevant à 110 milliards de FCFA. Le montant cumulé des investissements dépasse les 80 milliards de FCFA. Il s’agit maintenant de renforcer les acquis. Au nombre de ses projets, le département ambitionne de faire de Tombouctou le Dubaï de l’Afrique, la construction à Bamako d’un hôtel cinq étoiles et d’une cité balnéaire à Sélingué au bord d’un très grand lac.

L’agriculture est le secteur-phare du PDES (Projet de Développement Economique et Social) qui ambitionne de faire du Mali une puissance agricole en développant la culture céréalière, particulièrement la culture du riz et du blé à travers la maîtrise de l’eau.

Une ambition sous-tendue par les fabuleuses potentialités de l’Office du Niger où il est possible d’aménager un million d’hectares sur lesquels 90 000 ha le sont effectivement, soit moins de 10%.

Le blé est une culture d’avenir qui peut-être valorisée sur 200 000 hectares à Diré dans la région de Tombouctou. Autres produits d’avenir pour le Mali, ce sont le karité, le sésame, la mangue.

Prenant la parole, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Hamed Sow, a rappelé devant ses hôtes que le Mali est le 3e producteur d’or en Afrique avec une production moyenne de 50 tonnes de métal jaune par an.

Les perspectives de développement du secteur aurifère sont plutôt très bonnes. Le département a entrepris de diversifier la recherche minière à travers un vaste programme de recherche pétrolière. C’est ainsi que l’ensemble des cinq bassins sédimentaires a été éclaté en 25 blocs sur lesquels 22 sont déjà attribués à des sociétés de recherche et d’exploitation. Trois blocs restent encore disponibles.

Par ailleurs, un indice probant d’uranium a été découvert au sud du pays avec 5 000 tonnes. Au nord, deux bassins de 200 et 400 km2 ont été également détectés. Il y a également beaucoup de fer et de bauxite dont les gisements sont évalués respectivement à 3 milliards de tonnes et 1,2 milliard de tonne.


(A suivre).

Yaya SIDIBE

14 Juillet 2008