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Selon des enquêtes, il ressort que pour rendre la croissance dans notre pays encore plus forte et plus durable, il faut passer par un développement et une diversification des activités économiques du secteur privé. Pour ce faire, les investisseurs et les entrepreneurs doivent être rassurés quant aux perspectives économiques et à la capacité à mettre en place un cadre plus favorable au secteur privé.

DIFFICILE ACCES AU FINANCEMENT

Le financement des entreprises maliennes se pose avec beaucoup d’accuité. Dans un contexte socio-économique en évolution, eu égard à l’intégration africaine et à la mondialisation des économies, la nécessité de créer des entreprises, de les moderniser, met en évidence le besoin d’accéder à des capitaux de plus en plus importants, mais également l’obligation de fournir des garanties aux prêteurs.

Selon le constat, les entreprises maliennes rencontrent nombre de difficultés en la matière. Parmi les contraintes, le financement occupe une place prépondérante car se situant en amont et en aval de la création de la société.

L’autofinancement, le système bancaire, le marché financier régional dont la Bourse des Valeurs Mobilières sont les principales sources du financement. Dans notre pays, il ressort que ce sont les entreprises de façon générale qui assurent la totalité de leurs besoins en capitaux.

UNE CROISSANCE EN DESSOUS DE L’OBJECTIF INITIALEMENT PREVU

Concernant le système bancaire, sa contribution reste limitée, malgré les arguments mis en face (respect de règles législatives et réglementaires, absence de ressources longues, taux de perdition élevé du crédit). Il est important de rappeler que l’intervention du système bancaire est basée sur le négoce.

Aujourd’hui, il ressort que le Mali est en phase de croissance économique, celle-ci demeure en dessous de l’objectif initialement défini. Il s’agit maintenant de rendre la croissance encore plus forte et plus durable. Cela passe par un développement et une diversification des activités économiques du secteur privé.

Pour ce faire, il faut que les investisseurs et les entrepreneurs soient rassurés quant aux perspectives économiques du Mali et à sa capacité à mettre en place un cadre plus favorable au secteur privé.

LES CONTRAINTES

De véritables contraintes pèsent sur nos entreprises.
La corruption : elle est citée par environ 49% des firmes manufacturières comme un problème majeur. Notre pays n’est pas bien placé à ce niveau. Environ 3,4% de la valeur du chiffre d’affaires annuel sont affectés à des paiements informels, les firmes perdent envrion 5,9% de la valeur des contrats avec l’administration en paiements informels. En conclusion, il faut dire que la corruption est perçue comme un problème critique très important dans le secteur manufacturier.

LE POIDS DES PROCEDURES ADMINISTRATIVES

Aussi, un autre problème dans l’investissement est l’accès très difficile à la terre, 38 à 45% des firmes citent cet item comme une contrainte forte selon les secteurs. Le problème est largement lié au coût des procédures administratives (en moyenne 20,6% de la valeur du terrain en 2004.

On évoque aussi le cadre réglementaire, il présente des insuffisances, où les chefs d’entreprises passent près de 9% de leur temps à régler des formalités administratives diverses. Le climat des investissements au Mali souffre de multiples déficiences qui sont : une corruption non négligeable, de faibles infrastructures, des difficultés au niveau des marchés fonciers et du travail, un cadre réglementaire lourd.

Ces problèmes sérieux font que le Mali ne peut tirer réellement profit de certains points favorables qui existent tels des salaires nominaux relativement faibles et une productivité correcte au niveau du continent africain.

Pour améliorer l’environnement des affaires au Mali, il faut intensifier les efforts de promotion pour améliorer la réputation du Mali comme lieu d’activité économique, lutter contre la corruption et poursuivre l’amélioration du cadre réglementaire pour réduire les coûts d’opération des firmes…

Mamadi TOUNKARA

25 août 2006.