Partager

« Le Guide aime le Mali et les Maliens. C’est pourquoi, il nous donne sans cesse des instructions pour qu’on investisse au Mali sans réserve » : ce sont là les propos tenus par Bachir Salah Bachir, Directeur de cabinet de Mohammar Kaddafi et président directeur général de la LAB, lors d’un entretien qu’il nous a accordé le 23 décembre 2006 à Tripoli.

Ces propos de Salah Bachir traduisent tout l’intérêt que la Libye et ses autorités portent au Mali.

Cet intérêt se traduit en terme d’investissements par une présence sans commune mesure de la Libya Africa Portofolio for investissements dans notre pays. En effet, cette société libyenne, initiée par le Guide de la Révolution libyenne et chargée d’investir en Afrique, a déjà décaissé en direction du Mali un pactole de plus de 500 millions de dollars, soit plus de 250 milliards de F Cfa. Aujourd’hui, la LAB intervient au Mali dans plusieurs domaines : hôtellerie, agriculture, tourisme…

D’autres sociétés libyennes partenaires de la LAB, sont présentes dans notre pays. Il s’agit de LAïCO, LAFICO, Afriquiya (dans le domaine du transport aérien), Tamoil et la Banque de développement de la CEN-SAD.

En fait, la Libya Africa Portofolio for investissements englobe l’ensemble de ces sociétés libyennes et dispose d’une manne financière de plus de 8 milliards de dollars US (plus de 300 milliards de F Cfa).

Selon Bachir Salah Bachir « le Mali occupe une place de choix dans les activités » de sa société. Ce qui se justifie par l’ampleur et la diversité des activités de cette société dans notre pays.

Paquet de projets

Pour preuve, la LAB a déjà réalisé de nombreux projets au Mali, contribuant ainsi au raffermissement de la coopération entre la Grande Jamahiriya et le Mali, ainsi qu’au développement économique de notre pays.
Dans ce cadre, la Société libyenne s’est portée acquéreur de trois hôtels du pays. Il s’agit d’abord de l’emblématique hôtel de l’Amitié. Cet établissement qui a été complètement rénové se classe aujourd’hui parmi les hôtels les plus modernes de la sous-région.

Ensuite, il y a trois mois, la LAB a racheté l’hôtel Marietou Palace de Foutanké Babani Sissoko. Cet établissement en chantier depuis des années, avait enregistré un blocage dans la finition de ses travaux.
Aujourd’hui, avec son rachat par la LAB, de grands travaux sont prévus afin d’offrir à Bamako un hôtel de haut standing. En plus, de gros investissements sont prévus sur les berges du fleuve Niger, en vue d’aménager cet espace. Diverses activités nautiques y seront implantées. A la fin, ces aménagements offriront à notre capitale un visage moderne et digne d’une capitale moderne.

En matière d’hôtellerie, les libyens ne se limitent pas à Bamako seulement. En effet, la LAB a racheté l’hôtel Azalaï de Tombouctou. Là également, une enveloppe de plusieurs milliards de nos francs a été approuvée pour la reconstruction de cet hôtel. Tombouctou, la Mystérieuse, aura un grand établissement qui contribuera sans doute à l’essor de cette cité très visitée par les touristes.
Les Libyens, au-delà de l’hôtellerie, marquent leur présence au Mali dans le domaine de l’agriculture, au moment où le Président Amadou Toumani Touré a initié une loi d’orientation agricole.

Ainsi, des discussions sont en cours entre la société libyenne d’investissements et les autorités maliennes au sujet de la construction du barrage de Kégné, ainsi que la réalisation de vastes aménagements agricoles autour de l’ouvrage.

Aussi, la LAB projette la construction de deux grandes infrastructures industrielles : une cimenterie et une usine d’exploitation de phosphate.
C’est dire toute l’ampleur de la coopération entre le Mali et la Grande Jamahiriya, et « conformément à l’estime réciproque qui existe entre le Président Touré et le Guide de la Révolution », selon Bachir Salah Bachir.
Cependant force est d’admettre certaines difficultés qui risquent d’entraver cette coopération et la dynamique d’investissements libyens au Mali.

Le laxisme de l’administration malienne

La grande difficulté, qui n’est pas spécifique à l’axe Bamako-Tripoli, est la lourdeur qui caractérise l’administration malienne. En effet, depuis des mois, les documents indispensables au démarrage de certains projets libyens au Mali, dorment dans les tiroirs au niveau de certains départements ministériels. Ainsi, pour le démarrage des travaux de l’hôtel Marietou Palace, la LAB a bénéficié d’exonération sur l’importation de certains matériaux. Contre toute attente, les documents relatifs à cette exonération ont longtemps traîné au département des Finances, malgré l’implication de hautes autorités, et même du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré.

Cet exemple parmi d’autres, montre à suffisance le laxisme qui caractérise notre administration. Tout est fait pour décourager les éventuels investisseurs qui ne souhaitent qu’une chose : venir investir chez nous.

Mais le constat est amer : c’est au Mali que les investisseurs étrangers (pas seulement libyens) sont obligés d’attendre des mois pour obtenir une simple signature d’un responsable, alors qu’ailleurs ils obtiennent la même signature en quelques minutes. Voilà un problème qui interpelle nos autorités. Et s’il n’est pas solutionné, le pays risque de perdre d’importants projets qui alors vont sans doute prendre d’autres destinations.

C.H Sylla

10 janv 07