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Lundi, un atelier de restitution de l’étude d’inventaire forestier réalisée dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao a eu lieu à l’hôtel Plaza.

Ont pris part à cette rencontre, une trentaine de participants composés de responsables des services centraux du département de l’Environnement et de l’Assainissement et représentants de l’Union européenne.

Il ressort de cette étude que la forêt de la partie septentrionale de notre pays se dégrade progressivement.

Durant les travaux, les participants ont planché sur deux documents comprenant la synthèse entre la connaissance pratique du forestier sur le terrain et une nouvelle méthode informatique de télédétection satellitaire sur une surface de 400 000 km2.

Dénommé Système d’informations forestières (Sifor), cet inventaire va aider les gestionnaires à prendre des décisions de politique des ressources ligneuses dans les trois régions.
Réalisée en 9 mois par le Groupement des bureaux d’études Sodiplan-Agefore, en concertation avec des structures techniques du département de tutelle, cette étude s’inscrit dans le cadre du programme « Stratégique énergie domestique (SED) », une composante du Programme environnemental d’appui à la lutte contre la désertification dans une perspective de développement.

Dans le premier document, sont mentionnées les méthodologies mises en œuvre dans le cadre des opérations de terrain, et les procédures de traitement d’images et de développement des données.

Dans le second document, sont décrits les résultats des observations et calculs réalisés sur le terrain combinés avec les données issues des traitements des images satellitaires.

En annexe figurent des cartes imprimées sur papier des formations végétales ainsi que l’occupation des terres.

L’inventaire forestier est un besoin fondamental. Le bois est non seulement la principale source d’énergie, mais aussi et surtout une source de revenus pour nombre de nos concitoyens.

Présenté par le groupe de consultants, le document établit que les doumeraies (hyphaene thebaica) de la famille des arénacées et l’acacia Sénégal (acacia laeta) de la famille des minosacées constituent les peuplements naturels les plus répandus dans les trois régions, ainsi que l’acacia raddiana (acacia tortilis) de la même famille que l’acacia Sénégal et le ceptadenia pyrotechnica de la famille des asclepiadacées.

Pour les plantations, il est conseillé dans le document, de « se référer au relevé officiel des plantations reprenant les positions exactes par commune et les superficies ». Les plantations mentionne le rapport, sont établis sur une superficie de 1 370 ha dans la région de Tombouctou contre 186 ha à Gao

Concernant les peuplements naturels, le rapport indique que les doumeraies se rencontrent surtout dans la région de Tombouctou, également dans les régions de Gao et de Mopti, mais sont souvent très dégradées car fortement exploitées et utilisées pour la confection de nattes, éventails, comme bois de service pour les toitures ».

Dans le Gourma, il existe trois peuplements protégés qui ont été réalisés dans les cercles de Niafunké et Diré. La dégradation de cette espèce est en partie due à l’action anthropique et à la sécheresse. Cette calamité naturelle tue les souches même des doumeraies.

L’acacia Sénégal, utilisé comme bois de service, bois de feu et pour la gomme arabique, vit dans la steppe dunaire sur un sol sableux ou rocheux. Il est présent dans les trois régions sous forme de peuplements purs ou mélangés, et affiche des signes évidents de bon développement lorsqu’il est situé près des oueds, indique le rapport.

L’acacia raddiana se trouve dans l’ensemble des régions concernées par l’étude.

Le ceptadenia pyrotechnica quzny, surtout utilisé pour la fixation des dunes et les brise-vent, est une espèce qui se présente sous forme d’arbuste et présente un port ramifié dès la base. Sa hauteur est généralement comprise entre 1 à 3 m. C’est grâce à sa forte capacité de régénération par rejets après la coupe que cette plante continue à survivre.

Avec une crédibilité de 80 %, les résultats des expertises indiquent que la région de Mopti possède 3,5 milliards d’arbres vivants, Tombouctou 3,3 milliards et Gao 3 milliards.

Cependant, le volume total de bois mort dans ces localités est estimé à 106 millions de m3, volume nettement insuffisant compte tenu de l’étendue de la zone et des besoins des populations, selon le rapport.

Vu la précarité écologique de la zone d’intervention du programme, recommandation a été faite par Alassane Boncana Maïga, conseiller technique au ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, d’étendre cet éventaire au reste du pays.

08 février 2007.