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Les neufs sages de la Cour Constitutionnelle sont-ils aussi sages et impartiaux comme ils le prétendent ? De cela les candidats du regroupement “Maliko” de Kati, constitué des partis Pacp-Yelema-Sadi-Sira-Rpdm, et ceux de l’Alliance Rpm-Adema de Baroueli, en doutent fort. Ils mettent à profit toute occasion qui s’y prête pour décrier ce qui, à leurs yeux, fait la honte de cette institution de prestige, que constitue la Cour Constitutionnelle du Mali.

Une cour qui, compte tenu de ses attributs et de son rôle d’arbitre de la constitutionnalité des autres institutions de la République, devrait être au dessus de la mêlée et donner de bons exemples. Mais “hélas”, déplorent les candidats des listes invalidées qui s’estiment aujourd’hui floués par la Cour Constitutionnelle. “L’invalidation de nos listes est arbitraire, et sans fondement légal”, dénonce Niankoro Yeah Samaké du Pacp, l’homme par qui la cour a trouvé un motif pour invalider la liste du regroupement Pacp-Yelema-Sadi-Sira-Rpdm.

En effet, pour les sages de la Cour Constitutionnelle, Niankoro Yeah Samaké a été élu maire de Oulessébougou sur une liste Urd, lors des élections communales passées. Puisque, jusqu’à la preuve du contraire, il n’a pas démissionné officiellement de l’Urd, ni de son poste de maire qu’il occupe sous la bannière de l’Urd, alors il n’est pas normal que celui-ci se présente contre son parti d’appartenance, l’Urd. Et voilà pourquoi nos sages de la Cour ont invalidé la liste Pacp- Yèlèma- Sadi- Sira- Rpdm à Kati.

Les neuf sages de la Cour Constitutionnelle démentent donc à Niankoro Yeah Samaké l’existence officielle de son parti “Pacp” que lui a pourtant reconnu légalement le Ministère de l’Administration Territoriale en lui délivrant un récépissé dont il peut bien se prévaloir si nécessaire.
Le comble dans cette affaire est que le président de la Cour Constitutionnelle et toute son équipe s’auto-flagellent en reniant le quitus qu’ils ont donné à Niankoro Yeah Samaké, président du Pacp et maire de Ouélessébougou, à se présenter à la présidentielle du 28 juillet 2013, à laquelle a également pris part le parrain Soumaïla Cissé de l’Urd. Ou alors devrions-nous comprendre qu’il y a eu deux candidats au nom de l’Urd à la présidentielle du 28 juillet dernier ?

En tout cas de deux choses l’une, soit que les sages de la Cour Constitutionnelle n’avaient pas toute leur lucidité lors de la validation des listes de candidature à la présidentielle du 28 juillet dernier, soit que la droiture et la sagesse leur a fait défaut à l’occasion de la validation des listes aux législatives. Même si, du côté du groupement Maliko de Kati, on reste convaincu qu’il s’agit tout simplement d’une magouille orchestrée au profit de l’Urd, parti avec lequel le président de la Cour Constitutionnelle est soupçonné d’avoir des accointances.
Les mêmes griefs sont formulés contre les sages de la Cour Constitutionnelle à Banamba en ce qui concerne la liste Asma-cf-Adp-Maliba et à Baraouéli pour la liste Adema-Rpm.

Le cas Banamba est même trop flagrant, car pour valider la liste Asma-Cf-Adp Maliba, les sages de la Cour Constitutionnelle ont donné leur quitus à cette alliance au motif que l’Adema n’a pas de candidat à Banamba… Tel n’est pas le cas. La conclusion est toute simple pour les candidts des listes invalidées à Kati et Barouéli : l’Urd, à travers Amadi Tamba, président de la Cour Constitutionnelle (très lié à Soumaïla Cissé) a influencé les décisions de la Cour Constitutionnelle.
Une cour constitutionnelle capable de valider les listes de criminels du Mnla qui ont du sang malien sur leurs mains, et qui ne se gêne nullement de priver des citoyens honnêtes et engagés pour la cause de leur patrie, de leur droit de se porter candidats. “Si prendre des armes est la seule condition pour se faire valoir au Mali, alors nous n’hésiterons pas à prendre des armes à notre tour…”, s’exclame écœuré l’honorable Boureïma Dicko, président de la Commission défense de l’Assemblée, un des candidats de la liste Adema-Rpm invalidée de Barouéli.

Constituées en collectif, les “victimes de la Cour Constitutionnelle”, ils se font appeler ainsi, n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin. Elles veulent dénoncer les magouilles qui ont cours à la Cour Constitutionnelle, une Cour dont les décisions, tout comme ceux qui l’animent, manquent le plus souvent de sagesse. Toute chose qui est de nature à ouvrir la voie à toutes sortes de dérapages et d’injustices.

Assane Sy DOLO

Le Soir de Bamako du 14 Novembre 2013