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Le mardi 26 novembre 2013 peut être considéré comme un nouveau point de départ de la lutte contre la corruption et la délinquance financière au Mali. Du moins, en rapport avec le mandat de l’actuel président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. En effet, c’est ce jour que lui ont été remis les bulletins 2011 et 2012 de la Cellule d’appui aux structures de contrôle de l’administration (Casca), et le rapport 2012 du Bureau du Vérificateur général du Mali. Nous avons eu une interview en bamanakan avec IBK, qui se prononce sur la justice et la lutte contre la corruption. Nous avons tenté de rendre ses propos en français.

Après avoir reçu ces rapports et bulletins, que comptez-vous en faire ?

IBK : J’ai juré devant les Maliens, que je ne viendrai pas au pouvoir pour me remplir les poches. Je ne l’ai pas fait en tant que Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, et je ne le ferai sûrement pas aujourd’hui. La confiance que le peuple malien a placée en moi, me suffit amplement aujourd’hui. Je suis là pour protéger les biens du pays. Un franc du contribuable malien ne sera mis dans autre chose que pour le bien-être du peuple malien. Ceux qui sont passés maîtres dans l’art de détourner les biens de l’Etat ou l’argent public, qui gagnent des millions et des milliards sur le dos du pauvre peuple malien, qu’ils sachent que les choses ont changé. Tous ceux qui seront pris la main dans le sac, vont rendre compte. J’y serai attentif. Je l’ai promis. Je ne puis donc tolérer le détournement ou la mauvaise gestion des ressources publiques. Tous ceux qui vont prendre ce qui ne leur appartient pas, vont le vomir. Je prends l’engagement que personne n’entravera le cours normal de la justice. Aucune innocence ne sera non plus entachée. Il n’y aura guère de chasse aux sorcières ! Mais, il ne saurait y avoir, non plus, de passe-droit ou sauf-conduit. L’argent du peuple sera restitué, s’il doit l’être, et ce, sans préjudice des réparations et poursuites requises.

Est-ce que vous allez laisser la justice faire son travail, sur tous les plans ?

Les Maliens ne me savent pas menteur. Ils savent que tout ce que je dis, je le fais, et je le ferai. Les Maliens m’ont confié le pouvoir pour que le pays soit stable, que la justice soit équitable pour tous. J’agirai suivant cette volonté clairement exprimée. Tout individu qui pense qu’il peut violer allègrement les lois ou les décisions de la justice au Mali, se trompe lourdement. Même-moi, que les Maliens ont élu de façon massive, si la justice a besoin de moi, j’irai répondre ! Il n’y a aucun doute là-dessus. Alors, celui qui pense qu’il peut échapper ou s’amuse avec la justice, ne peut être qu’un fou. Il faut que les gens respectent la justice, qu’ils se respectent en respectant les textes de notre pays. Et tout ira bien. Personne ne sera au-dessus de la loi, tant je serai le président du Mali. Je l’ai promis, et je vais le faire.

Vous avez un mot de la fin ?

Je ne peux pas comprendre, accepter ou tolérer, a fortiori, être complaisant à l’égard de cette immonde corruption qui gangrène la gestion de l’Etat. C’est pourquoi, loin d’une rengaine, je le dis avec force conviction, je suis déterminé à organiser implacablement la lutte contre la corruption sur la base d’un principe intangible : «Tolérance Zéro», sans aucune exception ! Le Mali a trop longtemps saigné ; il est temps d’arrêter l’hémorragie. Pour ma part, je vous le redis ici : nul ne sera au-dessus de la loi. Nul ne s’enrichira impunément sur le dos du Mali. Nul ne se soustraira à l’obligation de rendre compte. C’est la loi d’airain des pays de progrès. C’est ce pays que j’ai promis. C’est ce pays qu’il m’incombe de délivrer. Je vous remercie.

Kassim TRAORE

Le Reporter du 5 Décembre 2013