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Moussa Mara, président du parti Yelema est probablement candidat à la prochaine présidentielle. Dans ce entretien, il livre à votre journal Le Prétoire quelques grandes lignes de son projet de société. Lisez !

Le Prétoire : Redresser et renforcer l’Etat est une proposition de votre projet de société. Parlez-nous exactement des grandes lignes ?

Moussa Mara : L’Etat malien est en grande difficulté, nous le disions depuis quelques années au point de faire deux livres sur le thème. Aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix que d’essayer de le remettre debout. D’abord, en gérant la question sécuritaire, la réconciliation et la sortie de crise. Ensuite, en engageant les réformes nécessaires pour renforcer les structures, armée et sécurité, justice, organisation institutionnelle, gestion de l’espace, fonctionnement de l’administration. Enfin, mettre en œuvre les actions de développement sur des bases de politiques précises inscrites dans une vision stratégique.

Croyez-vous que c’est encore possible de restaurer l’autorité de l’Etat à un moment où nous savons tous qu’il y a eu des défaillances sur tous les plans ?

Il est tout à fait possible de restaurer l’autorité de l’Etat car celle-ci a bien existé dans le passé. Ce sont plusieurs années de gabegies, d’incompétences, de prévarications qui l’ont entamée. Nous devons nous y prendre de plusieurs manières mais avec une seule constante, placer le Malien au cœur de nos actions politiques. L’Etat doit être mû par la satisfaction du Malien. Son autorité sera restaurée quand il sera efficace et quand il convaincra le citoyen. Ce dernier le respectera non pas par sa force mais par sa capacité à le sécuriser, à mettre à sa disposition les services de base, à être équitable à son égard et à tracer des perspectives pour son avenir.

Un autre Mali est-il possible ?

C’est à cela que nous travaillons et, inch’allah, on va y arriver. Un Mali de paix et de sécurité. Un Mali de justice et de démocratie où la différence se fera par le travail et l’esprit de sacrifice, pas sur l’ethnie ou la race, ni sur l’appartenance politique ou la religion.

Nos frères et sœurs ne croient pas à la date du 28 juillet prochain pour l’élection d’un président de la République ?

Si on s’engage tous à ce que l’élection ait lieu, on pourra tenir la date, allons chercher nos cartes d’électeur, mobilisons-nous, ayons l’esprit positif et travaillons ensemble à corriger les petites imperfections, et tout ira pour le mieux. Les leaders ont un rôle important à jouer en la matière.

Après plus de vingt ans de démocratie, aucun Malien n’a plus confiance aux hommes politiques. Votre avis ?

Ils ont raison d’avoir de la défiance envers les hommes politiques car ceux-ci n’ont pas été exemplaires ces dernières années. La vertu, la morale, la conscience, l’engagement patriotique n’ont pas été les valeurs les mieux partagées. Et quand ont sait que les meilleures compétences n’ont pas été souvent mises au bon endroit, tout se gâte.

En même temps, il y a des hommes politiques de valeur, qui sont en mesure de redresser la barre, il y a d’autres cadres et leaders méconnus aujourd’hui qui pourront aussi améliorer l’image des leaders si on leur donne leur chance. Les Maliens doivent faire l’effort de regarder et d’analyser en profondeur afin d’identifier et d’aider à la promotion de cette nouvelle génération, et en même temps les suivre pour les amener dans le sens de l’intérêt public.

En tant qu’homme politique, votre position par rapport à l’accord de Ouaga entre l’Etat malien et les groupes rebelles ?

Un accord conclu permet d’assurer la pleine souveraineté de l’Etat sur l’ensemble du territoire et de consacrer les valeurs auxquelles nous croyons tous (intégrité territoriale, justice, laïcité…). Mais en même temps nous devons faire attention car il consacre le “tête-à-tête” entre le Mali et un groupuscule non représentatif. Faisons attention à ne pas tomber dans les mêmes pièges et rendons le processus inclusif avec la pleine participation de toutes les forces vives de notre pays. C’est ce qui garantira définitivement la paix et la réconciliation.

Dans votre proposition au peuple malien, vous évoquez que le rapport du Malien à l’administration est encore empreint de crainte, de soumission et de brimades. Croyez-vous possible de changer cela?

Cela changera si l’administration change. En quatre ans à la tête de la commune IV, nous avons modifié les rapports entre les usagers et l’administration par des mesures simples mais aussi par l’affirmation d’un leadership déterminé. Les fonctionnaires nous ont suivis. Faisons de même avec l’Etat pour que l’administration soit le lieu des solutions mais pas la source des problèmes. Le Mali serait bien servi par cela car de la confiance ainsi restaurée découleront des rapports de partenariat et de collaboration fort bénéfiques pour l’administration, le citoyen, l’Etat et le pays.

Propos recueillis par

Destin GNIMADI


Le parti yelema à Kayes : Moussa Mara promet un autre Mali

Redonner de l’espoir aux Maliennes et aux Maliens à travers la construction d’un autre Mali est le vœu que le président du parti Yéléma, Moussa Mara se propose d’exaucer. Il a abordé ce deuxième thème de son projet de société au cours d’une conférence de presse tenu dans un hôtel de Kayes.

C’était le samedi 22 juin 2013. Le thème est: « Construction d’un Malien citoyen, responsable, compétent et engagé ». La salle avait refusé du monde en cette matinée du samedi. Mais la conférence de presse a permis aux militants et sympathisants du parti Yéléma d’avoir une idée sur les ambitions de Moussa Mara pour son pays. Il a donné des détails sur certains grands chapitres, à savoir le citoyen, qui est d’abord un individu, qui doit être en bonne santé, l’éducation comme fondement de la citoyenneté. Il a aussi évoqué la question sur la jeunesse qui est une opportunité à saisir et enfin la diaspora malienne à protéger et à promouvoir pour le progrès socio-économique du pays.

«Nous ferons en sorte qu’il n’y ait qu’un seul système de remontée des données sanitaires, informatisé et fiable. Cela aura l’avantage de faciliter les futures planifications. Renforcer la législation et la coordination, Renforcer les capacités techniques des productions d’informations sanitaires et sociales. Il s’agit également pour le candidat de renforcer la collaboration avec le secteur privé dans le cadre de la prise en compte et systématique des résultats de ce secteur dans les statistiques nationales», a déclaré Moussa Mara dans le cadre de son projet de société concernant le citoyen qui est d’abord un individu qui doit être en bonne santé.

Il fera savoir que le Mali compte plus de 1100 centres de santé communautaire (Cscom), près de 60% de la population à 5 km d’un centre de santé. Selon lui, au Mali 43% des accouchements sont non assistés.

Parlant de l’éducation comme fondement de la citoyenneté, le futur candidat à l’élection présidentielle a expliqué qu’on peut estimer à environ dix ans le retard que nous accusons par rapport au niveau souhaitable pour un étudiant malien. Il a signifié que même certains pays d’Afrique commencent à douter du niveau de l’enseignement de notre pays en faisant passer le BAC malien par leurs étudiants recalés.

Il promet de définir ensemble avec le peuple les voies et moyens permettant d’aller vers l’école de nos objectifs en l’espace d’une génération, soit environ 25 ans. Il promet de gérer les flux d’élèves et d’étudiants (400.000 enfants qui arrivent par an dans le primaire et 30.000 diplômés qui sortent de nos écoles supérieures).

Au sujet de la jeunesse, il promet de donner un nouvel espoir à la jeunesse pour qu’elle devienne rapidement le moteur de son essor socioéconomique en mettant l’accent sur l’emploi.

Il a estimé la diaspora entre 4 et 7 millions de personnes. Il se propose de créer une direction générale des Maliens de l’extérieur d’ici la fin de l’année 2013, une administration permanente nettement plus efficace qu’un ministère de l’extérieur. Cette stratégie va permettre de recenser les Maliens de l’extérieur et de les suivre, d’engager toutes les initiatives de protection et de promotion.

Destin GNIMADI

Le Prétoire du 25 juin 2013.