Partager

Les déclarations sinueuses d’Aqmi ce week-end, menaçant de tuer les otages français, et même le président François Hollande, montrent à suffisance, dans quel état d’esprit se trouve la nébuleuse islamiste. Et la destitution de Maoussoud Abdelkader Mokhtar Belmokhtar, le week-end dernier, montre à suffisance les dissensions sur fond de suspicions qui traversent le groupe islamiste. Lire nos informations…

Après le vote d’une résolution d’intervention armée par les Nations-Unies, les barbus d’Aqmi noircissent de colère. Dans un message diffuser ce week-end, les seigneurs de la terreur menace de tuer les otages, voire le président français. Pour qui connaît les responsables de la nébuleuse et les pratiques de ses responsables, il faut prendre au sérieux ces déclarations. On se souvient encore, qu’après les batailles d’Aguelhok, Abou Zeyed a tué trente membres mauritaniens de sa brigade. Les leaders d’Aqmi commencent à paniquer de plus en plus, car ils se savent infiltrés par des agents de services de renseignements. La cruauté qui a décimé les trente mauritaniens a fini par semer la peur dans le rang des jeunes guerriers.

La confiance n’est plus de mise et à tout moment, chacun peut dénoncer ses camarades pour qu’une hécatombe s’en suive. Cette situation, au dire des milieux de renseignements, a conduit à l’affaiblissement du groupe. Les services de renseignements mauritaniens ont mobilisé d’extraordinaires moyens depuis octobre 2011, dans le strict but de connaître les caches, les mouvements et les modes opératoires d’Aqmi.

Quid de la Sécurité d’État du Mali ?

Un diplomate fait la moue, avant d’ajouter : « Elle s’occupait des intérêts du président et sa famille, mais surtout de leurs sales affaires, et non de la sécurité du pays ».

Selon certaines informations, des recrues qui ne veulent pas mourir au nom de Dieu sont en train de déserter, laissant sur place leurs femmes nouvellement mariées. Certaines ont été dotées à plus de 2 millions.

Nous rappelons que Djihadistes gratifient généreusement leurs travailleurs. Les célibataires gagnent environ 300 000 francs CFA, quant aux mariés, ils empochent entre 500 et 600 000 francs CFA.

Il est important de préciser ici, que les Djihadistes ont eu près 200 millions d’euros de rançon, soit en environ 131 199 800 000 de francs CFA. A cette importante cagnotte, il faut ajouter l’argent de la drogue, difficile à évaluer.

Le nœud islamiste et les tragiques qui menacent le Mali

Le septentrion malien est organisé en plusieurs zones militaires par Aqmi. Le Sahel, considéré comme l’émirat du Sahara, est dirigée par Yahya Djouadi 40 ans. Son nom de guerre est Abou Amar, c’est lui qui veille sur le Mali, le Niger, le Nigéria, la Lybie, la Mauritanie, et le Tchad. Il est le bras droit de d’Abdelmalek Droukdel, l’ancien chef du GSPC devenu Aqmi. Abou Amar succède à Mokhtar Belmokhtar en 2007.

Belmokhtar s’est reconverti en narcotrafiquant. Yahya Djouadi et son adjoint Abdelhamid dit Abou Zeïd figurent sur la restreinte liste rouge de 26 trafiquants d’armes.

Abdelhamid Abou Zeïd a 50 ans. Abid Hamadou à l’État Civil est le maître des Katiba (brigade), les plus redoutées « Tarek Ibn Zyiad ou El Fatihine ». Dans les milieux diplomatiques occidentaux, il est taxé de violent extrémiste qui ne négocie pas. On dit qu’il a tué le diplomate anglais Edwin Dyer en juin 2009. Sur son trophée, figure en 2003 les 30 otages enlevés en Algérie et libérés en grande pompe au palais de Koulouba. Il serait entre autres celui qui a enlevé en 2008 deux autrichiens toujours en Algérie. Michel Germaneau et Pierre Camatte, deux français enlevés dans le nord- Mali en 2009, et libérés à Bamako.

Yahya Abou El Hamman, 30 ans, est l’homme de confiance d’Abdelhamid Abou Zeïd. Il est à la tête de la Katiba qui couvre l’ouest de Tombouctou, «El Forkane ». Il serait le cerveau des meurtres de Germaneau et Akacha Djamel, un officier algérien tué le 21 septembre par Abou Moussa Abdel Waoud.

Maoussoud Abdelkader Mokhtar Belmokhtar nom de guerre Abou Al Abbès ou Laaouar « le borgne ». Il a fait ses classes en Afghanistan et dirige la Katiba « El Moulathamoun » depuis plus de 15 ans. Mokhtar Belmokhtar est marié à une notable touareg de la tribu des Béni Omrane. Condamné à mort 2 fois dans pays, Algérie, il s’évade en prenant des otages. Il exerce toute sorte de trafics, contrebande et de meurtres, homme très riche, il fourni Aqmi en armes et véhicules. Beau fils des populations locales dont il bénéficie la protection, il gratifie toute le monde de grosses sommes d’argent. Il utilise des mercenaires pour faire des enlèvements et autres trafics. Maoussoud Abdelkader qui avait son quartier général dans le Djebel Timétrine à l’ouest d’Aguelhok, vient d’être destitué par le grand émir d’Aqmi ; Yahya Djouadi.

Abdelkrim Tarqui Taleb, cousin d’Iyad Ag Ghali, est proche du Front Polisario, basé au nord-est de Tombouctou, figure sur son tableau de chasse, l’enlèvement de Germaneau, qui sera vendu au groupe de Yahya Abou El Hamman. Il serait le responsable de meurtre des 11 gendarmes près de Tinzawatène.

Omar Assahraoui, mercenaire au service d’Aqmi, a eu en sa possession les 3 otages de Tindouf dans le nord-est de Tombouctou. Il faut souligner que ces trois otages ont été libérés il y a deux mois contre payement de rançon. Omar Assahraoui qui était en prison en Mauritanie en 2010, avait été libéré contre 2 otages espagnols.

Iyad Ag Ghali a son QG dans le Zakak, près de Boureïssa, il est le patron d’Ansar Dine. Iyad est secondé par deux colonel ; Hassane Ag Fagaga, et M’Bah Moussa Diarra. Bamoussa est l’Alliance Démocratique du 23 mai pour le Changement qui prône l’autonomie de l’Azawad. Bamoussa appartient à la communauté Dawa.

A.K. Dramé, Journaliste indépendant

Le Challenger du 19 Octobre 2012