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La scène se déroule à l’entrée de Sébénicoro, à quelque 150 mètres du Châtelain des lieux, IBK. Une foule compacte assiste, mi-amusée, mi-intriguée à un spectacle insolite : des hommes portant des uniformes se disputant très chaudement, sur le point d’en venir aux mains !

L’accalmie rétablie, des policiers nous donnent leur version de l’affaire : « en compagnie de douaniers, nous effectuons aujourd’hui (samedi 8 novembre) une opération de contrôle des pièces des véhicules non immatriculés au Mali. C’est ainsi que nous avons interpellé une Peugeot 406. Le conducteur a parcouru une assez longue distance avant de daigner s’arrêter.

Et lorsqu’il a enfin consenti à le faire et que nous lui avons demandé de présenter les pièces de son véhicule, il a refusé. Nous lui avons alors demandé de décliner son identité, nouveau refus. Puis il s’est mis à hurler sur nous, disant que nous avons de mauvaises manières et que plus vite nous lui ficherions la paix, mieux cela vaudrait pour nous.

Nous lui avons rétorqué que non seulement nous ne lui ficherons pas la paix, mais qu’il descende de la voiture et nous remette la clé. Il a refusé et s’est mis à nous insulter de père et de mère, criant que nous ne savons pas à qui nous avons affaire et que s’il avait son PM (pistolet mitrailleur) sur lui, il nous aurait fait péter la gueule à nous tous. Un de nos collègues que vous voyez ici (un jeune motard touareg) a voulu placer un mot« . Il lui a lancé ces propos:

« toi le rebelle, tu la boucles sinon je te réduis en bouillie.
C’est lorsqu’il a parlé de PM que nous avons soupçonné avoir affaire à un homme de rang. Il a appelé sur son portable la police militaire qui a rappliqué. Il aurait pu nous éviter ce scandale en déclinant tout simplement son identité, comme nous le lui avions demandé »
.

L’arrivée de la police militaire a sauvé in extremis l’interpellé qui se trouve être en réalité un gendarme, maréchal de logis (sergent) de son état. Les policiers et douaniers qu’il avait copieusement insultés étaient sur le point de lui faire passer un mauvais quart d’heure. D’autant qu’ils étaient à bout de nerf lorsque les sœurs du gendarme s’étaient mises, elles aussi, à les insulter « de père et de mère ». Chose qu’ils ne sont pas prêts à pardonner.

Sur le procès-verbal qu’ils ont rédigé, ils ont mentionné les griefs suivants : « menaces de mort, insultes grossières à agents de la force publique dans l’exercice de leur fonction« .

Ils auraient pu ajouter « discrimination ethnique » pour le policier touareg qui ne faisait, lui aussi, que son travail.

S D

10 Novembre 2008