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Interpellé pour la toute première séance de » questions d’actualité » sur « l’insécurité grandissante dans nos villes et campagnes et la pénurie des pièces d’identité » le gouvernement, par la voix du Premier ministre Moussa Mara a déclaré qu’à travers des discussions les questions préalables qui divisent l’Etat malien et les groupes armés seront aplanies. Parmi celles-ci figure la dispute autour du lieu où se tiendra ce dialogue inclusif.» L’Etat malien veut faire le dialogue sur le territoire national ; alors que les groupes armés veulent le faire dans un Etat dit neutre. Nous allons échanger autour de cette question », a déclaré Moussa Mara, qui s’est félicité des efforts faits pour amener les groupes armés à se constituer en plate-forme cohérente pour les discussions.

L’Assemblée nationale a enregistré hier une présence significative des députés. Seulement une quinzaine de représentants du peuple était absente, certains du reste pour raison de missions, d’autres pour raison de santé. Certainement que l’ordre du jour de cette plénière en est pour quelque chose dans cette participation massive des honorables, avec à leur tête, le président de l’institution, Issaka Sidibé. Le premier point du menu est « questions d’actualité » autour du thème « l’insécurité grandissante dans nos villes et campagnes et la pénurie des pièces d’identité« .

Il faut d’emblée signaler que cette innovation portant sur les questions d’actualité se tenait pour la toute première fois dans les annales de l’Assemblée nationale du Mali. Et le Premier ministre, qui devrait jouer le premier rôle, a préféré venir sporadiquement en soutien au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Sada Samaké.

Quid du bourbier kidalois?

La plupart des questions ont porté sur la situation préoccupante dans la région de Kidal avec des bandits armés qui sèment la désolation au sein des populations, la précarité de la situation sécuritaire dans tout le pays, les attaques et autres attentats dont des explosions d’obus dans le septentrion, les manifestations de violences avec attaques des domiciles des autorités locales, l’indisponibilité des pièces d’identité, le manque criard de moyens des forces de défense et de sécurité, etc.

Concernant l’actualité de Kidal, le Premier ministre a mis l’accent sur la volonté de l’Etat à aller au dialogue pour parvenir à une paix définitive. Il a rappelé les efforts que les autorités déploient avec le Haut Représentant du président de la République pour entamer bientôt des négociations avec les groupes armés. « L’Etat malien veut faire le dialogue sur le territoire national ; alors que les groupes armés veulent le faire dans un Etat dit neutre. Nous allons échanger autour de cette question », a-t-il déclaré. Avant de saluer les efforts du gouvernement algérien visant à amener ces groupes à parler d’une seule voix.

Les députés comme Dianguina Sissoko, Bakary Balla Sissoko, Niamé Kéita ont mis l’accent sur l’insécurité dans les villes, les menaces qui pèsent constamment sur les personnes et leurs biens, la différence entre un poste de contrôle sécuritaire et un poste de sécurité, les risques de voir prospérer des milices d’autodéfense avec comme corollaire la prolifération des armes.

Insécurité totale

Et l’honorable Mme Diallo Aïssata Touré d’interroger : « Existe-t-il des mesures de réglementation pour la détention d’armes ? Quelles sont les dispositions que le gouvernement est en train de prendre pour faire face à la détention abusive d’armes souvent de fabrication artisanale dans nos villes ? » D’autres députés comme Belco Bah se sont préoccupés de la situation des soldats et policiers maliens « emprisonnés » dans le camp de la MINUSMA au Nord. « Ces éléments sont en insécurité dans la mesure où les populations manipulées sont en train d’assiéger la MINUSMA pour demander son départ ; que compte faire le gouvernement dans ce cas ? « , a-t-il demandé.

Des brebis galeuses…

Le ministre Samaké a rassuré les députés sur la détermination de l’exécutif à assurer la quiétude à toute la population. Il devait y avoir un dispositif de renforcement des forces de sécurité dans les zones de Youwarou-Ténenkou-Léré et dans la zone de Kidal ; mais ce sont « les derniers incidents » qui ont mis un frein provisoire à cette mesure. Le général Sada Samaké a toutefois reconnu que les forces de défense et de sécurité manquent de moyens et aussi qu’il y a «des brebis galeuses» qui ne font pas le travail comme cela se doit. Il a promis que son département est à pied d’œuvre pour pallier à tous ces manquements. Avant de relever que plusieurs policiers sont des enfants de députés, de militaires, de ministres, etc.

Les députés Mme Haïdara Aïssata Cissé dite Chato, Bréhima Béridogo, Amadou Cissé et d’autres ont dénoncé les braquages, les vols à mains armées de plus en plus réguliers, les cambriolages avec mort d’hommes, les attaques des paysans et des forains, les vols de bétail, etc.

A toutes ces questions, le ministre de la Sécurité a apporté des réponses plus ou moins complètes, interrompu régulièrement par le président de l’Assemblée nationale pour respect du temps imparti.

Bruno Djito SEGBEDJI

L’Indépendant du 13 Juin 2014