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La crise du football malien fait l’objet d’une interpellation du gouvernement par le Parlement à travers le ministre de la Jeunesse et des Sports, Moussa Balla Diakité. La Commission ad’hoc de renseignement sur le football au Mali, mise en place par l’Assemblée nationale a transmis le 17 mai, son rapport définitif en vue de l’interpellation du gouvernement, un moyen du contrôle de l’action gouvernementale.

Prévue pour la séance plénière d’hier 19 mai, cette interpellation a été reportée sine-die faute d’électricité. Le match n’a pas eu lieu. Il revient à la conférence des présidents, lors de ses prochaines réunions, de fixer une nouvelle date pour cette importante explication du gouvernement à travers le plus jeune des ministres maliens, Moussa Balla Diakité.

Nul n’est besoin de souligner qu’avant de trouver une date pour cette séance d’interpellation, la conférence des présidents de l’Assemblée doit s’assurer de la disponibilité de l’électricité à l’hémicycle pour ne pas rééditer le cinglant camouflet que vient de prendre l’honorable président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Kéita, en pleine figure.

Le scénario qui s’est déroulé hier à l’Assemblée nationale interpelle nos gouvernants, mais interpelle aussi fortement le président de l’Assemblée nationale Ibrahim Boubacar Kéïta, en tant que premier responsable du parlement. Le président de l’Assemblée nationale n’a pas été prévoyant pour assurer à son institution une autonomie pendant les coupures d’électricité. L’incident d’hier est assez édifiant.

Un camouflet à l’Assemblée nationale

«On dirait que les députés ne sont pas assez intéressés par cette interpellation», faisait remarquer un journaliste dans le box de la presse, en arrière plan des députés. Il était 10 h 15 mn, la séance était prévue pour 10 h. La remarque du journaliste était pertinente, les députés n’avaient pas encore regagné leur siège.

L’atmosphère donnait l’impression d’un manque de concentration des élus. Savait-on quelque part que le rendez-vous serait manqué ? Le banc du gouvernement était occupé par deux ministres et des membres de cabinets ministériels en arrière plan. Le Dr.

Moussa Balla Diakité, ministre des Sports et de la Jeunesse avait à sa gauche Badi Ould Ganfoud, ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et des relations avec les Institutions.

A son arrivée dans la salle, IBK, comme à son habitude a mis en garde contre les mouvements dans la salle, les sonneries de téléphone. «Nul n’est au dessus de l’Assemblée nationale». Il s’en est référé à ses services de sécurité.

Ce que IBK n’avait pas prévu, c’était les pannes d’électricité. Cependant les perturbations n’ont pas été du côté des mouvements dans la salle, encore moins des sifflements de téléphones. La surprise est venue d’un autre côté.

A peine IBK a eu le temps de communiquer la répartition des temps de paroles aux groupes parlementaires que la coupure d’électricité est survenue dans la salle. Le recours au groupe électrogène de l’Assemblée n’a pu être d’un secours appréciable.

Après plusieurs tentatives sans succès, IBK suspend la séance pour 30 mn.

Tout semblait être au point à la reprise. IBK reprend la répartition des temps de parole. A peine finit-il ce préliminaire qu’il eut une nouvelle coupure d’électricité.

Il semble que le groupe électrogène n’arrivait pas à supporter les charges. IBK demande d’éteindre les climatiseurs au niveau des groupes parlementaires. Les députés s’exécutent.

Mais peine perdue, nouvelle suspension pour 10 mn. A la reprise, c’était pour annoncer le report de la séance plénière, sine die. Motif : «en raison de ce que nous venons de subir», déclare le président de l’Assemblée nationale.

Selon certains députés le groupe électrogène dont dispose l’Assemblée nationale date de l’époque où Ali Nouhoum Diallo était président de l’institution. La consommation énergétique était assez modérée et la machine supportait les charges, dit-on.

L’Edm se défend

Aujourd’hui, la consommation s’est multipliée par 36 avec l’installations de nombreux climatiseurs, des réfrigérateurs, des ordinateurs, des branchements, de toute sorte, sans les dispositions requises en la matière.

En ce qui concerne le groupe, sa puissance serait sans commune mesure (inférieure) aux charges actuelles de l’Assemblée. Touchés par nos soins les services de Edm ont dégagé toute responsabilité de leur côté.

Selon eux, «aucune coupure n’a été observée à Bagadadji (quartier qui abrite l’Assemblée) pendant l’incident de l’Assemblée nationale». A l’Edm, on impute la responsabilité aux installations, particulièrement au «tableau de distribution à l’intérieur de l’Assemblée nationale».

Boukary Daou

20 mai 2005