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Contrairement aux Maliens qui, dans leur grande majorité, souhaitent aujourd’hui que le capitaine devenu général 4 étoiles, se présente au juge Yaya Karembé. Tel ne semble pas être le souci du ministre de la Justice, Me Mohamed Aly Bathily. Lequel a pourtant affirmé et répété que nul n’est au-dessus de la loi. Excepté le général Aya qui ne s’est toujours pas présenté au juge.

jpg_une-2340.jpgLes Maliens ne comprennent pas ce qui bloque dans cette affaire. Si le premier jour, son entourage a évoqué son état de santé, mardi, une source judiciaire parlait de problème de procédure. Selon cette source judiciaire, certaines informations sur l’interpellation de Sanogo doivent être données en primaire au ministre de la Justice.

Au fait, d’après la même source, au lieu deux affaires, il s’agirait actuellement de trois affaires en rapport avec l’affaire du 30 avril 2012 dite affaire des bérets rouges, ceux du 30 septembre 2013 ou la révolte des militaires à Kati contre Sanogo. Et une histoire d’argent que Sanogo recevait tous les mois.

Sur ce dernier point, il se dit que Sanogo et sa bande recevaient 164 millions Fcfa par mois. Et c’est l’ancien ministre de la Défense, général Yamoussa Camara, qui leur envoyait cette importante somme. Ce qui fait de lui un homme clé dans cette affaire, d’autant que lors du coup d’Etat du 22 mars 2012, c’est lui qui donna les premiers millions de nos francs à la junte, pour acheter du carburant. Il n’était pas encore devenu ministre de la Défense.

Pour rappel, il faut préciser que Yamoussa Camara était très furieux en parlant de l’affaire des bérets rouges. C’était lors d’une conférence de presse pendant laquelle il a traité les bérets rouges de tous les noms d’oiseaux. Selon certains proches d’Aya, c’est le général Camara qui aurait donné l’ordre de riposter contre les bérets rouges. Et c’est le ministère de la Défense qui donnait les 164 millions envoyés mensuellement à Amadou Aya Sanogo. Autant dire que Yamoussa Camara risque gros dans cette affaire.

Idem pour le général Ibrahim Dahirou Dembélé, lui qui a ordonné la fermeture du Camp para et celui de Koulouba. Il serait aussi à la base de l’unité mixte qui a intervenu à plusieurs reprises au niveau du Camp para. Cette unité a également occasionné la mort de certains enfants et parents de commandos parachutistes ainsi que de paisibles citoyens de Djicoroni Para. En sa qualité de chef d’état-major des Armées, selon nos informations, il serait en outre l’homme qui a ordonné plusieurs actes illégaux faisant de Kati, disons des éléments de la junte qui sont restés à Kati, une armée dans l’armée malienne. Laquelle armée recevait dotation, munitions et bien d’autres faveurs.

Dans cette affaire, la responsabilité de l’actuel directeur général de la gendarmerie s’établit dans les mêmes proportions. En effet, c’est Diamou Keita qui s’est incrusté dans nos petits écrans pour présenter des armes de l’armée malienne comme étant celles saisies sur des mercenaires ou dans les familles de certains hommes politiques. Sa responsabilité est entière au regard des conditions de détention des bérets rouges au Camp I de la gendarmerie nationale, qui y ont subi toutes sortes de sévices. Il aura poussé son zèle jusqu’à commettre beaucoup de fautes au mépris de la loi et dans le seul dessein de faire plaisir à ses amis de Kati.

Vu que l’épée de la justice plane sur leurs têtes, les anciens compères n’hésitent plus à se lâcher. Eh oui, d’autres sources révèlent que le général Yamoussa Camara aurait chargé le général 4 étoiles Aya Sanogo en le traitant de panier percé. C’est dire que Sanogo ne sera pas le seul à être entendu dans cette affaire. Cependant, tout dépendra des éléments de réponse qu’il donnera aux questions du juge d’instruction lors de son audition. Même s’il refuse toujours de répondre à ses convocations.

Apparemment, le gouvernement ne semble guère accélérer cette affaire et donc bousculer le général Aya. Ils devraient pourtant, les ministres de la Justice et le porte-parole du gouvernement, rencontrer la presse pour plus d’éclairages dans cette affaire.

En tout cas, l’entourage du général 4 étoiles est confiant et affirme qu’il «est un ancien chef d’Etat, qu’on lui doit du respect». Pendant que le juge Karembé tient à ce qu’il soit entendu. Quel écheveau !

Kassim TRAORE

Le Reporter du 22 Novembre 2013