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L’interpellation du ministre de l’Education nationale sur l’école et celle de son homologue en charge de la Fonction publique, annoncées pour hier, jeudi 25 janvier n’ont pas eu lieu. Le député Konimba Traoré de Sikasso qui a interpellé le premier a retiré ses questions orales tandis que le second ministre a envoyé une correspondance à l’hémicycle pour clairement dire qu’il ne peut pas actuellement répondre aux interrogations soulevées par l’honorable Mamadou Diallo de Bafoulabé.

Suite au communiqué du président de l’Assemblée nationale, convoquant les députés et le public à une séance plénière hier, jeudi 25 janvier, au cours de laquelle, il y aura une interpellation du ministre de l’Education sur l’école et du ministre en charge de la fonction publique, Badi Ould Ganfoud, nombreux sont les enseignants et étudiants qui ont fait le déplacement à l’hémicycle. Aussitôt l’ouverture de la séance, le secrétaire parlementaire, Issa Togo a lu deux correspondances.

La première est celle du député Konimba Dembélé, celui-là même qui a adressé les questions orales au Pr. Mohamed Lamine Traoré.

En effet, dans cette missive, il dit être convaincu de la bonne foi du ministre pour résoudre les interrogations qu’il a soulevées dans ses questions orales. Et par conséquent, il retire ses questions.

Donc, l’exercice démocratique tant attendu n’a pas eu lieu. Les députés aussi bien que le public étaient étonnés par la méthode utilisée par l’honorable Konimba Dembelé. Certains se sont demandés s’il n’a pas négocié avec le ministre concerné l’annulation de cette interpellation.

Dans la mesure où c’est devant l’Assemblée et l’auditoire voire le peuple malien (la séance est retransmise en direct sur les ondes de l’ORTM) que le ministre de l’Education devrait convaincre Konimba Dembelé sur sa bonne foi à gérer les questions soulevées et non en aparté. Tout laisse croire qu’il y a anguille sous roche.

Mais notre déception a été grande lorsque nous avons pu entrer en possession des questions du député Konimba Dembelé. Les trois interrogations adressées au ministre ne concernent guère la crise actuelle de l’enseignement supérieur. Elles portent sur une école communautaire du cercle de Sikasso notamment Ngolokasso.

Konimba Dembelé charge en effet, un directeur d’école répondant au nom de Mady Diombana – réputé être un de ses farouches adversaires politiques- d’avoir soutiré indûment 175 000 FCFA à des habitants de Ngolokasso. Avant d’insinuer qu’il est couvert par le ministre de l’Education sinon que ce dernier aurait pris depuis longtemps les sanctions qui s’imposent.

Dans les coulisses de l’Assemblée nationale, nous avons approché le député Konimba Dembelé pour comprendre le bien fondé du retrait de ses questions orales, il nous a répondu que : «  j’ai eu gain de cause parce qu’il a relevé mercredi le directeur de l’école concerné par cette affaire « .

Voilà qui est clair. L’honorable Konimba Dembelé a finalement eu la tête de son opposant politique. Il peut désormais rentrer à Sikasso ragaillardi dans cette mouvance des élections de 2007.

Mais le hic, c’est que comment peut-on interpeller le ministre de l’Education sur des questions spécifiquement locales qui peuvent bien être gérées au niveau régional, en oubliant superbement la question d’intérêt national à savoir la grève illimitée au niveau de l’enseignement supérieur qui continue de paralyser l’Université et de faire planer le spectre d’une année blanche.

Comment ne pas s’interroger sur le sens donné à cette expression parlementaire :  » tout mandat impératif est nul « .

En tout cas, l’on est fondé à croire que les députés se comportent comme les maires qui ne s’intéressent qu’aux problèmes de leurs localités seulement.

S’agissant de la deuxième correspondance, émanant du ministre Badi Ould Ganfoud, il dit clairement ne pas être en mesure actuellement de répondre aux questions orales du député Mamadou Diallo, relatives au licenciement des responsables du syndicat SYTRAIL de Transrail S.A pour fait de grève. L’interpellation a donc été reportée à la prochaine séance plénière.

26 janvier 2007.