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Bien qu’il a été démontré que les accords de partenariat économique (APE) dans leur forme actuelle seront une catastrophe pour les économies des pays ACP, l’Union européenne n’en démord pas. Par toutes sortes de pressions, elle veut obliger les États ACP à les signer. A la faveur d’un atelier sur la problématique de la détermination des produits sensibles au Mali, la société civile malienne a réitéré son opposition aux APE.

Dans le cadre de la signature des APE, le 30 juin 2008, la CEDEAO doit arrêter la liste commune des produits sensibles à mettre en dehors des accords.

Pour mieux outiller la société civile malienne afin qu’elle joue pleinement son rôle dans la tournure actuelle des négociations des APE et surtout dans la phase relative à la détermination des produits sensibles, le RAK ( Regionals Arbeitskreis) ou groupe de travail régional, en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert, a organisé du 23 au 24 juin 2008, un séminaire sur le thème “ problématique de la détermination des produits sensibles du Mali”.

Cet atelier a regroupé des participants membres des organisations de la société civile.

Ce sont : le Comité national de pilotage des acteurs non étatiques (CNPANE), la CAD-Mali, Ascoma, le Conseil national des organisations paysannes (CNOP), le conseil national des transporteurs routiers et le conseil national du patronat malien.

En même temps que le Mali, un atelier similaire s’est tenu dans chacun des 6 pays de la sous région ouest africaine membres du RAK. Créé en 2005, le RAK est un groupe de travail syndical sur l’économie, l’intégration régionale, le commerce et le développement. Il est présent dans 6 pays de l’Afrique de l’ouest.

A l’issue de l’atelier, les organisateurs ont animé un point de presse pour faire une déclaration. Mamadou Koutia Diawara du RAK a constaté que la mise en application des APE va provoquer des pertes de recettes budgétaires pour les finances publiques.

Il a mis en exergue les effets récessifs que les APE auront sur certaines branches d’activités industrielles et agro industrielles du pays et qui se traduiraient par une diminution de la valeur ajoutée.

Partant du constat que la détermination des produits sensibles vise à minimiser les pertes de recettes fiscales et à protéger les secteurs productifs vulnérables, les participants à l’atelier ont recommandé à l’Etat malien de tout mettre en oeuvre pour la prise en compte de l’intégralité de la liste des produits sensibles du Mali.

Ils ont demandé la mise en place d’un fonds de compensation des pertes fiscales engendrées par la mise en oeuvre des APE et la poursuite de la mise à niveau des entreprises maliennes.

Pour sa part, Badara Alou Sacko du comité national de pilotage des acteurs non étatiques a soutenu que la société civile malienne dans son ensemble est opposée aux APE dans leur forme actuelle. Selon lui, malgré l’ opposition de la grande majorité des composantes de nos États, les autorités sous la pression des occidentaux montrent des signes peu rassurants et qui traduisent leur volonté de signer les APE.

Face à cela, nous sommes aujourd’hui dans la démarche d’affûter nos armes en cherchant à protéger nos produits sensibles”, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que la société civile malienne, et au delà du Mali, celle africaine souhaite que ses préoccupations soient prises en compte dans les APE.


Assane Koné

26 Juin 2008