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La création de l’intergroupe parlementaire Acd par les Indépendants, l’Acm, le Cnid et la codem ne demeure pas une exclusivité, en matière de configuration parlementaire. Il faut, en effet, rappeler la création de l’intergroupe parlementaire Espoir 2002, coonstitué du Rpm, du Cnid et du Mpr.

Intergroupe qui avait ravi la vedette à l’Adéma-Pasj, en le privant de sa majorité à l’Assemblée nationale. Il fallait, en 2002, contrer le parti de l’Abeille, notamment, pour élire le président et former le bureau de l’Assemblée nationale. La création de l’intergroupe Acd répond à la même logique. Le député de la Codem, Alhassane Abba a indiqué qu’ils veulent constituer une force de représentation au niveau de l’Assemblée nationale et éventuellement pour les perspectives d’avenir. Ils ont décidé, a précisé le député, de créer un bureau pour l’intergroupe.

Cet intergroupe ne va-t-il pas gêner l’Adp ? Alhassane Abba signale le principal objectif de l’Adp qui était de faire réélire le président Amadou Toumani Touré. «Ce qui est fait, cela ne nous empêche pas d’avoir des ambitions pour le futur. De toutes façons,

L’Adp est toujours là et nous n’avons créé l’Acm, ni contre l’Adp, ni contre personne», a souligné le député. Comment le président a-t-il été choisi ? Alhassane Abba explique : «Les quatre présidents de groupe parlementaire se sont réunis et ont désigné Hamadaou Sylla, selon la logique du nombre, puisque les indépendants ont 18 députés et sont donc majoritaires au sein de l’intergroupe». Il a ajouté que la création d’un intergroupe est tout à fait réglementaire puisque le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, en son article 20, dernier alinéa, mentionne explicitement : «les groupes parlementaires régulièrement constitués peuvent créer des intergroupes sans charges nouvelles pour l’Assemblée nationale». Il a fait savoir que d’autres groupes parlementaires pourraient bientôt les rejoindre. Dans cette perspective, il a affirmé : «le groupe parlementaire du Mpr pourrait bientôt nous rejoindre».

Le député de la Codem nous a, aussi, expliqué les raisons de la progression de son parti lors des dernières communales. Interprétant ce que certains ont qualifié de surprise, il a soutenu : «Au Mali, on n’en est pas à la première surprise, même demain, nous assisterons à ce que certains considèrent comme une surprise, car, en réalité, les maliens ne votent pas. Pour preuve, il faut voir les différents taux de participation et si vous arrivez à convaincre une bonne partie de ces Maliens, qui, d’habitude, ne votent pas, vous allez créer la surprise.

C’est tout simplement ce que nous avons fait». Le député a ajouté qu’ils ont fait des élections propres, c’est-à-dire, sans utiliser de l’argent pour convaincre des électeurs.

D’ailleurs, a-t-il ajouté, la Codem est partie aux élections sans moyens. Contrairement, a-t-il martelé, à certains partis politiques qui ont employé de grands moyens financiers pour acheter le vote des électeurs. C’est à ce titre qu’il a décrit des perspectives de victoire de la Codem, qui, malgré son handicap financier et celui de l’absence de ses militants dans les rouages de l’Etat, a obtenu une place plus que honorable, aux élections communales de 2009.

Baba Dembélé

10 Juillet 2009.