Partager

L’insecticide DDT, interdit aux Etats-Unis depuis 1972, est très efficace contre des moustiques résistants et devrait être utilisé pour lutter contre le paludisme en Afrique, selon une étude américaine.

L’étude publiée par la Public Library of Sciences (Plos) a constaté que 59 pour cent des moustiques «aedes aegypti», vecteurs de maladies comme la dengue et la fièvre jaune, sont repoussés par le DDT lorsque celui ?ci est aspergé sur des huttes. Des tests ont été effectués en Thaïlande en comparant l’efficacité de trois insecticides (DDT, alphacyperméthrine et dieldrine) sur des huttes aspergées de ces produits à, l’intérieur.

Le dieldrine a tué 92 pour cent des moustiques, l’alphacyperméthrine a été efficace grâce à son pouvoir toxique et irritant, repoussant les moustiques et fournissant une protection évaluée à 61 pour cent. Les propriétés répulsives du DDT ont permis d’empêcher de nombreux moustiques d’entrer dans les huttes et le niveau de protection a été évalué à 73 pour cent.

«Un produit chimique toxique comme le dieldrine tue pratiquement tous les moustiques qui se posent dessus mais il accroît aussi les risques qu’une résistance se développe», souligne le Dr Donald Roberts, principal auteur de l’étude et spécialiste des maladies tropicales à l’Uniformed Services University of the Health Sciences, à Bethesda (Maryland).

«Contrairement au dieldrine, les propriétés répulsives du DDT agissent comme un écran chimique, maintenant 59 pour cent des moustiques hors de la hutte. L’alphacyperméthrine et le dieldrine n’empêchent pas les moustiques d’entrer dans les huttes», ajoute -t-il.

Selon l’étude, le DDT est le seul produit chimique recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui fournit les trois niveaux de protection (toxique, irritant, répulsif) si le moustique vecteur de la maladie n’est pas résistant. En cas de résistance aux propriétés toxiques, le DDT continue de fournir une protection grâce à son pouvoir répulsif et irritant.

Les auteurs de l’étude considèrent que leur découverte a des implications dans la lutte contre le paludisme. La plupart des cas de paludisme sont transmis par les moustiques anophèles, sur lesquels le DDT est encore plus efficace que sur les moustiques «aedes aegypti».

Le DDT (dichlorodiphenyltrichloréthane) était largement utilisé pendant la deuxième guerre mondiale pour combattre les moustiques transmettant le paludisme, le typhus et d’autres maladies. Il a aussi été beaucoup utilisé dans l’agriculture.

AFP/AMAP

23 août 2007.