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Interdiction des coupes d’arbre dans la zone de Niono : « Nous étions au nombre de 5 bucherons ayant reçu 100 coups de fouets chacun de la part de ses hommes sans foi ni loi»

L’insécurité grandissant dans la zone de Niono prend une dimension fulgurante. Les sanctions et sentences infligées par les Djihadistes sont devenues le lot quotidien des habitants de Moussa Wèrè dans la zone N’Débougou et Djambé de la zone de Kourouma cercle de Niono. « Nous ne pouvons plus exercer convenablement nos activités » affirme Moussa Guindo, bucheron. Alors que « nous faisons face à nos dépenses familiales grâce à l’argent reçu après-vente des bois …. La présence des djihadistes dans la zone a tout chamboulé » décrié par .M. Guindo.

Comment l’insécurité a-t-elle put prendre de telle ampleur dans cette zone à exploitation forestière par outrance?

La zone de Kourourouma ou de N’Débougou dans le cercle de Niono région de Ségou, sont occupés par des djihadistes depuis la crise sécuritaire en 2012. Avec les interventions des forces de défense et sécurité du malienne (FAMAS) appuyés par les Français, cette zone a été libérée des mains des djihadistes. « Aujourd’hui force est de constater que l’absence des forces de sécurité, et la complicité de certains habitants, les djihadistes sont de retour. Ils dictent leur loi au su et au vu de tout le monde » affirme Boubacar Traoré, agriculteur.

L’existence de terroriste dans la zone met en péril certaines activités génératrices de revenu. Les bois et les charbons de bois sont devenus une denrée rare. Alors qu’ils sont les principales sources d’énergie domestique.

Nous arrivons plus à préparer convenablement par manque du bois et du charbon bois qui sont les principales sources d’énergie domestique dira Aminata Coulibaly, ménagère. En cette période d’hivers « le bois et le charbon sont des sources pour réchauffer nos Maisons ».

Moussa Guindo, bucheron de son état « le 22 décembre dernier nous étions au nombre de 5 bucherons ayant reçu chacun 100 coups de fouets chacun de la part de ses hommes sans foi ni loi, on a reçu des menaces de mort si toutes fois nous retournons dans la brousse pour couper les arbres».

Outre 3 éleveurs ont reçu la même sentence que les 5 bucherons car « nous avons coupé les arbres pour la nourriture de nos animaux comme d’habitude » affirme Hamadi Diallo âgé de 45 ans

Les mesures d’adaptations se posent.

A la différence des autres ménagères qui remuent ciel et terre pour avoir du bois, Fatoumata Koné, ménagère dira qu’elle utilise le gaz butane maintenant pour préparer. Cependant force est de constater que ce sésame est très cher pour bon nombre de famille.

Les autorités traditionnelles et locales qui n’ont pas voulu décliner leur identité par mesure sécuritaire, ont déploré cet état de fait qui remet en cause toutes les autres activités. Il faut être rassasié pour exercer les travaux de maraichères, agricole….si rien n’est fait toutes les activités économiques seront ébranlés.

Approché pour la circonstance, Sékouba Traoré, adjudant, affirme que les Forces Armés et du Mali « FAMAS» malgré leur nombre inférieur pour couvrir complètement la zone, font des patrouilles, des ratissages….

Bissidi Simpara

Bamako le 03 Janvier 2019

©AFRIBONE