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Les habitudes ont la peau dure, dit-on. Malgré tous les efforts fournis par nos pays pour endiguer le trafic d’enfants mineurs Maliens vers la Cote d’Ivoire, des esprits malins, avec la complicité de certaines de nos autorités administratives et élus locaux, continuent de fouler au sol, toutes les lois et règlementations en vigueur non seulement au Mali, mais en Cote d’Ivoire. Après avoir rapatrié, il y a moins de trois mois, 18 enfants mineurs Maliens prit dans les mains des trafiquants à Abidjan, le Consulat Maliens d’Abidjan et le Conseil des Maliens de Cote d’Ivoire viennent de prendre dans la nasse, 22 enfants mineurs trafiqués de Hombori et de Bankass pour la Cote d’Ivoire. Huit (8) d’entre eux dont une enceinte (16 ans), sont des jeunes filles mineures Dogons (entre 12 et 17 ans), toutes venues de Bankass.

En effet, le vendredi dernier le Consul Général du Mali à Abidjan, le Colonel Major Mamy Coulibaly a été informé par la Brigade des Mineurs d’Abidjan, de la présence dans ses locaux, de 22 enfants mineurs Maliens interceptés dans un car de transport de la Compagnie « Maiga Transport » en provenance de Sikasso au Mali. Ce dernier dépêcha immédiatement un émissaire auprès du Patron des lieux. Il ressort du Compte Rendu de ce dernier, la présence effective de 22 enfants mineurs Maliens que la police a retirés du car N° 6513 MD, piloté par Monsieur Siriki Coulibaly, en provenance de Sikasso, ce vendredi à 04 heures du matin. De concert avec le Conseil des Maliens de Cote d’Ivoire, une délégation de haut niveau des deux institutions dirigée par le Vice Consul Monsieur Samba Djiguiba est désignée pour suivre l’affaire avec la Police et porter assistance aux mineurs très affaiblis par le long voyage de quatre jours qu’ils viennent d’effectuer depuis Sikasso.

Selon le Commissaire de la Brigade des Mineurs d’Abidjan qui traite l’affaire, le Vendredi 05 Octobre 2012, un car de la compagnie « Maiga Transport » en provenance de Sikasso au Mali a été intercepté à l’entrée d’Abidjan (au corridor de la GESCO). Sifflé, le chauffeur refuse d’obtempérer et force le barrage. Au terme d’une course poursuite les flics parviennent à arrêter le car. Après une vérification à l’intérieur de celui-ci, ils se rendent compte qu’il y avait non seulement 85 passagers à bord, mais aussi et surtout 22 enfants mineurs entassés les uns contre les autres à l’arrière du véhicule et dans une chaleur suffocante.

C’est ainsi que tout le monde se retrouva à la Préfecture de Police d’Abidjan où se trouve les locaux de la Brigade des Mineurs d’Abidjan. Sur place les mineurs sont tirés du lot et les grandes personnes furent libérées, la loi n’ayant rien contre la libre circulation des personnes dans l’espace UEMOA, selon le Commissaire. Ainsi on nota la présence de 8 jeunes filles mineures dont une enceinte d’environ quatre mois, selon la gamine elle-même. Après donc une gestion commune entre les autorités des deux pays, les 14 garçons enfants furent confiés à une ONG qui lutte contre le trafic d’enfants mineurs, pour qu’ils retrouvent leurs parents.

Quant au sort des 8 filles mineures Dogon ; le Consul Général, en accord avec Monsieur Mahamadou Diawara, Président du Conseil des Maliens de Cote d’Ivoire et l’ONG, a décidé de les rapatrier vers leur localité d’origine qui est Bankass, dès ce lundi 08 octobre 2012. C’est le lieu d’interpeller les autorités Maliennes et tous les acteurs du transport Malien, sur leur responsabilité dans la résurgence du trafic des enfants mineurs maliens vers la Cote d’Ivoire, qui avait déjà fait l’objet de beaucoup de séminaires entre les deux pays à Bouaké, Abidjan et Sikasso et avaient permis la mis en place de dispositifs permettant d’endiguer ce fléau.

Comme les brigades mixtes transfrontalières, etc. Hélas, les faits sont têtus, malgré tous les efforts déployés par les hautes autorités de nos deux pays, le trafic d’enfants mineurs maliens perdure et traîne plusieurs centaines d’enfants, même des scolaires sur la route de l’émigration en Cote d’Ivoire où ils sont pour la plupart maltraités. Imaginons un peu que les agents du corridor de la Gesco, dépités par le refus d’obtempérer du chauffeur du car, tirent sur le véhicule… On a frôlé la catastrophe. Plus jamais ça !

De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan

Le Républicain du 8 Octobre 2012