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Intégrité territoriale du Mali et tenue d’élections générales dans le pays : François Hollande met à nu l’impertinence du Gouvernement américain

A la tribune de l’ONU, dans le cadre de la réunion sur le Sahel, le président de la République française, François Hollande, a rappelé le mercredi 26 septembre, l’urgence d’intervenir dans le septentrion malien pour y déloger les jihadistes et autres terroristes » avec qui il n’y a rien à discuter « . M Hollande s’est opposé aux pressions exercées par le gouvernement américain en vue d’obliger Bamako à organiser les élections dans un pays amputé des 2/3 de son territoire. Le président français a aussi confirmé le soutien » au plan logistique » de la France à l’opération militaire qui doit être menée par les forces combattantes africaines.

ll urge de reconquérir le Nord du Mali tombé depuis six mois aux mains des criminels que sont les terroristes et les jihadistes qui écument l’Afghanistan, la Somalie et d’autres zones de la planète. Devant quarante et un participants, dont les chefs d’Etat du Bénin, de la Tunisie, du Niger, du Togo et de l’Afrique du sud, le président français a sonné l’alerte générale ce mercredi à l’ONU avant de proclamer l’urgence d’une intervention militaire au Nord du Mali.

Dans le but de faire intégrer à nouveau les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et une partie de Mopti (Douentza) au sein de la République laïque, une et indivisible du « Maliba » (le grand Mali). Pour le locataire du palais de l’Elysée, toutes les conditions sont réunies pour lancer l’opération militaire qui doit sauver le pays de Soundiata Kéita, de Samory Touré. « Il faut déloger au plus vite les islamistes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui terrorisent la population et détiennent depuis 2010 au Niger quatre otages français. François Hollande n’a pas manqué de confirmer le soutien « au plan logistique » de la France à l’opération militaire qui doit être menée par les forces combattantes africaines.

« Ce qui se produit au Nord-Mali n’est pas un défi pour l’autorité de ce pays seulement, c’est une menace pour l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb mais aussi pour l’ensemble de la communauté internationale », a indiqué François Hollande. Il s’est alors insurgé contre la politique de la terreur mise en place par les islamistes d’Ançar dine, du Mujao et leurs complices qui sèment la mort et la désolation dans un Mali qui ne veut vivre qu’en paix. « Nous ne pouvons pas accepter ces mains coupées, ces femmes violées, ces enfants déplacés. Nous ne pouvons pas accepter que le terrorisme puisse se structurer sur un territoire « , a-t-il fulminé sur un ton de révolte.

Le président français a rappelé que «la France soutient pleinement cette initiative (l’intervention militaire au Nord-Mali, ndlr)». Elle demande qu’elle ait lieu le plus tôt possible. Même si les Anglosaxons sont plus timorés, l’occupant actuel de l’Elysée approuve, par ailleurs, la nomination par les Nations unies d’un envoyé spécial pour le Mali.

L’ONU et le gouvernement américain plus mesurés

L’accord trouvé ce dimanche entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et Bamako a débloqué la situation. Les autorités maliennes ont enfin accepté que les » forces militaires combattantes » de l’organisation ouest-africaine se déploient dans la capitale malienne.

En revanche, l’ONU a déjà réclamé au Mali et à la Cedeao des précisions sur les modalités d’une intervention aux contours encore très flous. Et Ban Ki-Moon, le Secrétaire général des Nations unies, préconise que « toute solution militaire pour résoudre la crise sécuritaire au Nord-Mali soit envisagée avec une extrême prudence « .

Une prudence qui ne fait pas écho dans les oreilles du président français. « Je sais qu’il peut y avoir une tentation de mener des négociations « , souligne François Hollande. « Négocier avec des groupes terroristes, il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s’éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes« , a-t-il déclaré.

La France, préoccupée par le sort de ses quatre otages détenus au Niger depuis 2010 par Aqmi, n’a pas été soutenue par Washington dans sa volonté affichée d’intervenir militairement dans le septentrion malien. Le président Barack Obama, plus préoccupé par ses soucis électoraux semble sous-estimer la menace dans le Sahel.

Le chef de la Maison Blanche, plus inquiet par les situations en Syrie et en Iran, ne s’est pas étendu sur la crise malienne. Mais, les Américains ne cessent d’exiger de Bamako l’organisation des élections arguant qu’il y a une crise de leadership dans le dispositif institutionnel de la transition actuelle. François Hollande a clairement appelé à la raison en affirmant qu’il est hors de question d’aller aux urnes dans la situation actuelle au Mali.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 28 Septembre 2012