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Mahmoud Arby, Baba Arby, Dramane Diarra étaient les principaux conférenciers assistés de notre confrère Amadou Ombotimbé du CNJ.

Le Mali, pays de paix et de dialogue, a été le creuset de nombre de rencontres avec des cultures diverses mais vivant en symbiose parfaite. Ceci explique aujourd’hui l’entente entre les communautés maliennes et est l’un des fondements de la nation malienne.

Ce pays sert également de trait d’union entre l’Afrique noire et le monde arabe à travers des villes historiques comme Tombouctou. C’est cette ville qui abritera le forum international de la jeunesse « Tombouctou, terre de rencontres » prévu les 27-28 et 29 de ce mois.

Dans son intervention Mahmoud Arby du CNJ a rappelé le contexte. Selon lui, le contexte historique de Tombouctou rappelle que la ville des 333 saints a été, à partir du 13è siècle de l’ère chrétienne, un véritable centre de développement de la culture et du commerce transsaharien.

Lieu de rencontres entre les vendeurs d’or, de céréales, venus du sud et de commerçants infatigables transportant les épices et autres objets de luxe venant du nord, Tombouctou est une ville historique et touristique par excellence.

Ces échanges, qui ont plusieurs siècles, ont eu leur impact sur les populations qui se rencontrent et échangent. C’est ainsi que la « place de Bouctou » avec les différentes invasions qu’elle a connues, est devenue un centre universitaire de plus de 25000 étudiants apprenant à la fois la philosophie, le saint Coran, la médecine, les finances… dans la célèbre université de Sankoré.

Tombouctou, est devenue alors une ville de blancs et de noirs avec son hospitalité légendaire que l’on retrouve dans le dicton spécifiquement Tombouctou « laisses ton fils et occupe-toi de celui d’autrui ».

M. Arby Mahmoud d’ajouter que « Tombouctou terre de rencontres » est, donc une réponse pour la jeunesse, qui est de plus en plus à la recherche de repères historiques.

Depuis la disparition de grands leaders arabes tels que Gamal Abdel Nasser et les militants internationalistes, les présidents Modibo Kéïta et Kwamé N’Krumah, les relations afro arabes ont connu beaucoup de difficultés estiment les conférenciers.

Donc à travers cette rencontre, il s’agira de relancer dans un monde qui se veut de plus en plus globalisé, l’union des peuples frères et amis.

Il s’agira de rappeler aux jeunes leur passé commun et leur avenir lié face aux vicissitudes du moment et de les rendre aptes à jouer leur rôle dans un monde de plus en plus soumis à la domination néolibérale présentée, comme unique solution aux problèmes de l’humanité.

Il faut prôner la coopération Sud-Sud dans tous les domaines en général et en matière culturelle et scientifique en particulier, a martelé M. Baba Arby secrétaire administratif du CNJ-Mali.

Le forum vise plusieurs objectifs. Il s’agit de :
– favoriser la rencontre entre jeunes du sud et du nord en vue d’une meilleure connaissance de l’autre ;
– favoriser l’interpénétration culturelle et l’amélioration de la coopération sud-sud, alternative à la mondialisation néolibérabe et ses diverses conséquences néfastes sur l’éducation, la santé…
– instituer une rencontre bisannuelle tournante entre jeunes du sud et du nord, du Sahara, aux fins de renforcer la coopération culturelle et scientifique entre nos Etats.

Des résultats sont attendus à la fin de ce festival par les organisateurs, parmi lesquels ,le brassage de la jeunesse afro arabe, la formation continue des jeunes pour l’émergence d’une intelligentsia en Afrique, la connaissance par les jeunes d’importants, sités touristiques et culturels du Mali et la mise en place d’un réseau des jeunes universitaires de Sankoré.

Quatre thèmes seront animés au cours de ce forum “Ahmed Baba, sa vie et son oeuvre” qui sera animé par Salem Ould Elhahy, permettra, selon les conférenciers de connaître le savant, son apport dans le rapprochement des peuples africains et arables ; “la coopération culturelle Sud-Sud” ; ce thème sera exposé par un expert du ministère de la Culture du Mali.

Ce sera l’occasion de faire une évaluation, même approximative, de la coopération culturelle et d’aboutir sur des recommandations qui seront mises à la disposition des pays participants. “La coopération scientifique et technique Sud-Sud”.

C’est la preuve d’un nouvel engagement de la jeunesse et son implication dans l’essor, socioéconomique des peuples estime Baba Arby.

Le quatrième thème “Démocratie, bonne gouvernance et culture de la paix” sera exposé par le représentant résident de l’UNESCO dans notre pays.

Ce thème permettra aux délégués de comprendre les concepts de démocratie, de bonne gouvernance et de culture de la paix. 200 jeunes venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays participeront à ce forum.

Mamadi TOUNKARA

23 mars 2006.