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C’est en Juillet 2001, dans la Capitale zambienne (Lusaka), que la Nouvelle Initiative Africaine (NIA), devenue le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), a été adoptée lors de la 37è Session ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA), actuel Union Africaine (UA).

Cette session a marqué la transition entre l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et l’Union Africaine (UA). Ainsi, plusieurs décisions transitoires ont été prises par les Chefs d’Etat et de Gouvernement : il s’agissait de désigner le Président de la NIA et de confier sa gouvernance à des instances temporaires, en attendant la mise de place de la Commission de l’UA.


Organisation

Ainsi, le pilotage de la NIA a été confié à trois organes. D’un : un Conseil d’Administration (CA) chargé de la mise en oeuvre du NEPAD et initialement composé des 5 Chefs d’Etat initiateurs de la structure et l’ancien Président nigérian, Olusegun Obasanjo.

De deux : un Comité directeur dit Comité de pilotage du NEPAD, composé des représentants personnels des 5 Chefs d’Etat initiateurs et de ceux des institutions économiques et financières. Ce Comité est doté d’un Secrétariat, est dirigé par un Directeur Exécutif et chargé de l’administration et de la coordination des activités des différentes structures.


Et de trois :
un Comité de paix et sécurité auparavant dirigé par l’ancien Président sud-africain, Thabo Mbeki, comprenant (au départ) 5 membres et ayant pour objectif la prévention et la gestion des conflits. La direction politique de toutes ces structures est assurée par le Nigérian Olusegun Obasanjo pour la Présidence ; l’Algérien Abdelaziz Bouteflika pour la 1ère Vice-Présidence ; le Sénégalais Abdoulaye Wade pour la 2è Vice-Présidence ; et le Sud-Africain Thabo Mbeki au Secrétariat.

Ces quatre Chefs d’Etat, ajoutés au Président égyptien, Hosni Moubarak, se sont vus confier la coordination des domaines prioritaires du NEPAD. Pour la gouvernance économique et le flux de capitaux : Olusegun Obasanjo. Pour la gouvernance démocratique et politique, la paix et la sécurité : Thabo Mbeki. Pour le développement humain : Abdelaziz Bouteflika.

Pour l’accès aux marchés et la diversification de la production : Hosni Moubarak. Pour les infrastructures, l’énergie, l’environnement et les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) : Abdoulaye Wad.


Extension de la structure

Lors de la 38è session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement, tenue en Juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud), il a été décidé de porter à 20 le nombre des membres de la structure. Ainsi, en Afrique Australe, il y aura l’Afrique du Sud, l’Angola, le Bostwana et le Mozambique


En Afrique Centrale :
le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon et Sao Tome et Principe. En Afrique de l’Est et l’Océan Indien : l’Ethiopie, le Kenya, l’Ile Maurice et le Rwanda. En Afrique du Nord : l’Algérie, l’Egypte, la Libye et la Tunisie. Enfin, en Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Sénégal.

Lors de la 2è Session ordinaire de l’Assemblée de l’UA, en Juillet 2003, à Maputo (Mozambique), et vu la nécessité de l’intégration formelle du NEPAD dans les structures et processus de l’UA, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont donné mandat au Président de la Commission de l’UA, en consultation avec le Président de la structure affiliée, de mettre certaines mesures en application, mais avec toute la souplesse requise.

il s’agissait, en effet, d’établir des relations adéquates entre le Comité de pilotage du NEPAD et les organes appropriés de l’UA, y compris le Comité des Représentants Permanents (COREP) et le Conseil Exécutif ; de conclure un accord de siège temporaire avec le Gouvernement sud-africain, afin d’accorder un statut juridique au Secrétariat du NEPAD en tant que bureau hors du siège de l’UA, durant la période transitoire de trois ans (à compter de Juillet 2003), jusqu’à ce que les structures pertinentes de l’UA deviennent pleinement opérationnelles, la première échéance étant celle qui doit être prise en compte.

Il s’agissait enfin d’établir des relations de travail entre la Commission de l’UA et le Secrétariat du NEPAD, particulièrement en matière de coordination et d’harmonisation des programmes ; d’harmoniser et équilibrer les conditions de service, les règlementations de recrutement, et la responsabilité de rendre compte aux instances de la Commission de l’UA ; et de développer un mécanisme de financement durable, à l’issue de l’intégration complète au sein des structures et processus de l’UA.

La 7è session ordinaire de la Conférence de l’UA, tenue les 1er et 2 Juillet 2006 à Banjul (Gambie), a pris une décision concernant l’intégration du NEPAD dans les structures et processus de l’UA. Il s’agissait de prolonger, jusqu’en 2007, et pour une période additionnelle de six mois, le mandat de trois ans fixé à Maputo en Juin 2003 ; de mettre sur pied un Comité composé du Président en exercice, du Président de la Commission, du Président et des Vices-Présidents du Comité de mise en oeuvre du NEPAD, de l’Administrateur en Chef du NEPAD, et du Président Thabo Mbeki.

Ces derniers seront chargés de finaliser la proposition concernant l’intégration du NEPAD dans les structures et processus de l’UA ; de faire une évaluation du NEPAD à son stade actuel ; et de proposer un réajustement du NEPAD pour le ramener à ses objectifs, à son mandat et à sa philosophie d’origine.


Les communautés économiques régionales

A l’heure cruciale de l’édification de l’Union Africaine (UA), de nombreux obstacles et défis se posent à l’Intégration africaine. Certains sont imputables au décalage entre des ambitions démesurées et des ressources et capacités restreintes.

Mais compte tenu des nombreux obstacles que l’Afrique doit surmonter pour atteindre un niveau de croissance acceptable, il n’est pas surprenant que les réalisations significatives fassent cruellement défaut. Les problèmes systématiques qui freinent le développement des économies nationales sont autant d’entraves à l’Intégration africaine.

Toutefois, les communautés économiques régionales représentent une tentative de démantèlement des barrières héritées de la colonisation. Pour la plupart, elles partent d’initiatives locales et sont le fruit de négociations complexes entre leurs membres. Leur mise en oeuvre n’a donc pas été sans faille : elle a même été ponctuée de périodes de latence et de recul. Mais ces communautés ont développé la solidarité parmi leurs membres et contribué à une union économique.

Ces communautés économiques régionales sont-elles capables d’impulser un progrès et une croissance à terme? En tout cas, les marchés communautaires élargis étaient censés favoriser les échanges au sein des régions, surmonter les difficultés posées par les petits marchés, et stimuler les investissements dans des projets industriels de plus grande envergure, notamment dans la production industrielle. Ce qui ne s’est pas encore totalement produit.

Cependant, les communautés régionales et leurs pays membres doivent encore prouver qu’elles peuvent créer un climat favorable, capable d’accroître la production industrielle et les échanges de produits au sein des régions. pour que l’UA porte ses fruits, il faudra résoudre de nombreux problèmes institutionnels, le principal d’entre eux étant l’impuissance des institutions nationales et régionales à susciter et conduire une intégration performante.

Pour remplir leur tâche complexe, les institutions régionales doivent donc être nationales, coordonnées et équipées. Les forces motrices de l’UA, à savoir, ses capacités, ses ressources et son autorité, devront être prises au niveau national, pour une meilleure interaction avec les politiques régionales, et pour assurer l’application des traités et protocoles des Etats membres de l’UA.

(A suivre)

Rassemblées par Oumar DIAWARA

02 Février 2009