Partager

En principe, c’est le 24 août dernier que les Ivoiriens résidant au Mali devaient choisir un nouveau responsable pour leur communauté. L’élection prévue à cet effet qui devait se dérouler de 10 heures à 18 heures, à l’école fondamentale de Magnambougou n’a pas eu lieu. Les services de l’ambassade de Côte d’Ivoire au Mali, ont demandé à la commission mise en place pour l’organisation de ces élections de surseoir à leur organisation en attendant que la gendarmerie malienne sollicitée pour une enquête de moralité sur les deux candidats en lice finisse son travail. Du coup, l’élection du Président de l’Association des Ivoiriens du Mali (AIM), a été reportée sine die.

Jamais l’élection d’un président à la tête de l’Association des Ivoiriens du Mali (AIM) n’a nécessité autant d’énergie. Divisés en deux camps, les Ivoiriens résidant au Mali n’ont raté aucune occasion pour vanter les mérites de leur candidat. Mais, la mobilisation exceptionnelle des Ivoiriens pour cette élection, a quelque chose à voir avec les élections générales que le pays dirigé par Laurent Koudou Gbagbo va vivre en novembre prochain. En réalité, la bataille en Côte d’Ivoire a été transposée au Mali, d’autant plus que les futurs candidats à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ne veulent rien négliger.

Et sans l’afficher officiellement, les sections des différentes formations politiques ivoiriennes au Mali se livrent une bataille larvée à travers l’élection du Président de l’AIM, chaque tendance voulant contrôler l’association en prévision de novembre. Mais, en attendant que ces sections mettent sur la place publique leurs desseins inavoués, deux Ivoiriens résidant au Mali aspirent diriger l’AIM. Jacques Kouassi Bénié, directeur financier du Mandé Hôtel est opposé à Kohi Louis Kramo, poulain de Ignace Blissi, Président sortant du bureau.

C’est dans le cadre de cette bataille fratricide que Jacques Kouassi Bénié a animé une conférence de presse à l’hôtel Dafina pour lever le voile sur le programme d’activités qu’il compte appliquer pour amener la communauté ivoirienne à mieux s’intégrer au Mali pour être de vrais acteurs de développement pour leur pays d’origine et le pays qui les accueille. Pour la mise en place de son programme, d’entrée de jeu, il a annoncé la réhabilitation de l’AIM. Selon lui de 2003 à nos jours, l’association est passée à côté des objectifs nobles pour lesquelles, elle avait été mise en place.

Pour un meilleur encadrement des Ivoiriens au Mali, afin de faciliter la tâche à l’ambassade et au consulat, nous allons nous atteler à implanter les structures de l’AIM sur toute l’étendue du territoire malien. Il n’est plus admissible que l’AIM soit seulement à Bamako et qu’on ait des Ivoiriens pratiquement dans tous les cercles du pays”, a-t-il indiqué. Avant d’ajouter qu’après le maillage du Mali par les structures de l’AIM, il compte démarrer un grand programme d’identification des Ivoiriens par secteur d’activité au Mali. Selon lui, cela a pour objectif de les organiser afin de faciliter la mise en œuvre des stratégies d’assistance pour qu’ils excellent dans leur secteur d’activité.

Si aujourd’hui au niveau de l’ambassade de Côte d’Ivoire, l’on reconnaît l’existence de 2000 Ivoiriens au Mali, le candidat Jacques Kouassi Bénié pense qu’il y a plus de 8000 Ivoiriens au Mali qui ne sont pas enregistrés. En plus du recensement des Ivoiriens du Mali, Jacques Kouassi Bénié et ses camarades qui sont pour la plupart membres fondateurs de l’AIM, projettent aussi de mettre en place un système de solidarité entre Ivoiriens afin de résoudre le problème du chômage de certains éléments de la communauté.

Nous allons démarcher les opérateurs économiques ivoiriens au Mali, pour voir comment ils pourront embaucher quelques compatriotes résidents”, a-t-il révélé. Avant d’indiquer que celui qui ne travaille pas est en danger pour sa communauté. “Or nous voulons que tous les Ivoiriens au Mali soient de véritables ambassadeurs de la Côte d’Ivoire et pour cela, ils doivent être de bons exemples là où ils vivent”, a-t-il déclaré. Il a aussi annoncé la volonté de la tendance qu’il représente, à travailler pour la sécurité des ivoiriens du Mali. Pour cela, il compte initier une grande campagne de sensibilisation des Ivoiriens du Mali pour qu’ils déclarent tous les membres de leur famille au niveau de la représentation diplomatique.

« Tout en prenant les dispositions utiles pour mettre en place un système d’assistance juridique des membres de notre communauté qui auront maille à partir avec les services de police, de la gendarmerie et la justice, nous allons nous engager à faire la police dans la communauté pour dénoncer le comportement de tous les ivoiriens qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire”, a-t-il déclaré. Mais, comme dans toute communauté humaine, il y a des jours de bonheur et des jours de malheur, Jacques Kouassi Bénié et ses camarades projettent la mise en place d’un système de solidarité pour une assistance mutuelle dans la joie comme dans le malheur.

Nous allons doter la communauté d’une mutuelle”, a-t-il révélé. Quant au volet éducation, il prévoit deux grandes actions. Une action de sensibilisation des membres de la communauté à tout mettre en œuvre pour la scolarisation de leurs enfants au Mali et une assistance aux étudiants et élèves Ivoiriens venus au Mali pour la conquête de la connaissance afin d’aller servir la Côte d’Ivoire. “Nous serons aux côtés des élèves et étudiants qui ont souvent quelques difficultés au Mali”, a-t-il indiqué. Mais, pour motiver les élèves et étudiants ivoiriens au Mali à bien travailler, le candidat Jacques Kouassi Bénié annonce une cérémonie annuelle de récompense de ceux qui se feront distinguer par leur travail en classe.

Pour une meilleure intégration des Ivoiriens, il y a un programme d’activités culturelles qu’il veut développer pour permettre aux Maliens de connaître davantage la Côte d’Ivoire leurs voisins du sud. Et pour positionner l’AIM comme l’interface entre les Ivoiriens et leur ambassade, il s’est engagé à prendre toutes les dispositions pour avoir de meilleures relations avec l’ambassadeur et le personnel de l’ambassade.

Notre bureau doit être un intermédiaire qui va faciliter le travail d’encadrement des Ivoiriens du Mali par l’ambassade que nos autorités ont bien voulu installer dans ce pays frère qui nous accueille depuis bientôt quinze ans”, a-t-il conclu

Assane Koné

04 Septembre 2008